• Chemin de Croix avec notre fondatrice

     Nous t’adorons, ô Toi le Très Saint,

    Nous T’adorons, Seigneur Jésus-Christ,

    Ici, et dans toutes les Eglises et par toute la terre,

    Et nous te bénissons d’avoir sauvé le monde

    Par ta sainte Croix.

    • 1ère station : Jésus est condamné à mort.

     « Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi ! » (Luc 22, 41)

    Mère Joséphine (lettre 13)  « Ma bonne Petite Sœur, Je voudrais pouvoir vous adoucir vos souffrances intérieures ! Mais c’est Jésus, votre digne époux qui le peut ! »

     

    • 2ème Station : Jésus est chargé de sa Croix

    Isaïe : « Je suis ton Dieu, ton Sauveur, tu comptes beaucoup à mes   yeux ». Isaïe 43/3,4

     Lettre de Mère Joséphine (lettre 9 et lettre 42)   « Ma Bonne Petite Sœur… c’est dans le combat et l’énergie que vous mettez à dominer votre caractère que vous donnerez à Jésus des preuves bien sûres de votre amour ! »

    « …Dites sans cesse au Seigneur « Tout pour vous plaire et rien pour me satisfaire ! »

    • 3ème station : Jésus tombe pour la 1ère fois

    «   Isaïe : « Ne crains pas ! Je suis avec Toi !   Moi, je suis ton Dieu ! » Isaïe 43/5.

    Mère Joséphine (Lettre 7) : « Ma bonne petite sœur, … Il faut  croire que le bon Dieu qui est si bon veut bien avoir pitié de notre faiblesse… Dites souvent au bon Dieu d’avoir pitié de sa pauvre petite fille qui ne sait rien, qui ne peut rien sans le secours d’une grâce toute particulière et une grande confiance ! Malgré votre indignité Il vous accordera toutes les grâces dont vous avez besoin pour  bien prier et faire tout pour sa gloire ».

    • 4ème Station : Jésus rencontre sa Mère

    St Jean 14 : « Femme mon heure n’est pas encore venue. Marie dit aux serviteurs « faites tout ce qu’Il vous dira » !                                                                                                                                                                        

    Mère Joséphine (Lettre 30) : « Ma bonne Petite Sœur, Je me sens de plus en plus avoir besoin des grâces du Bon Dieu pour remplir ma lourde charge.  Priez Marie notre bonne Mère pour la sanctification de mon âme et celle de mes Petites Sœurs ».

    • 5ème Station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix

    Luc 23, 26 : « Ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs…                                   Ils le chargèrent de  la Croix pour la porter derrière Jésus. »

    Mère Joséphine (Lettre 21) « Ma Bonne Petite Sœur, Je vous engage à être bien confiante en ma sœur assistante. Vous savez combien elle est bonne ! Dites-lui vos joies et aussi vos peines. Elle vous encouragera à bien aimer le Bon Dieu. Je prie Jésus de vous bénir ».

    • 6ème station : Véronique essuie le Visage de Jésus.

    « Il était méprisé, abandonné de tous ».  Isaïe53

    Mère Joséphine (Lettre 13) « Donnez à Jésus des preuves de votre amour par une confiance toute d’amour et accompagnée d’une humilité profonde, d’une reconnaissance sans borne »

    • 7ème station : Jésus tombe une deuxième fois.

    « Lui qui ayant présenté avec une violente clameur et dans les larmes des supplications…  Parce qu’Il s’est soumis en  tout, Il a été exaucé »  Hébreux 5/7

    Mère Joséphine (Lettre 16) ‘’Jésus qui a tant souffert pour nous, ma bonne Petite Sœur prenez courage en Jésus et Marie … Ne vous découragez pas ; que les peines d’où qu’elles viennent servent à ranimer votre amour pour Dieu.’’

    • 8ème station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem.

    « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi ! » Luc 23/28.

    L’épreuve a fait entrer peu à peu Mère Joséphine dans le mystère de la croix. Ce mystère de la passion et de la croix du Christ qu’elle médite et affectionne depuis son enfance. La compassion que Mère Joséphine éprouve pour Jésus souffrant et la compassion qu’elle éprouve pour l’homme souffrant ne font qu’un. C’est vraiment tout son être qui souffre avec Jésus et qui souffre avec l’homme.

    • 9ème station : Jésus tombe une troisième fois.

    « Mon amour et ma fidélité sont avec lui psaume » 88/25  T P page 919

    Mère Joséphine (Lettre 13) « Quand vous auriez fait tous les péchés qu’une pauvre petite créature peut commettre sur la terre, vous devriez encore, malgré tous ces péchés, avoir plus de confiance que de crainte »

    • 10ème station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

    « Mais Toi, Yahvé, ne sois pas loin, ô ma force vite à mon aide » psaume 22/20 T P page 963

    « Avec la crainte de Dieu, la confiance en son aimable Providence et l’amour du prochain, nous serons toujours assez riches nous dit Mère Joséphine ». (Une vie en forme d’Evangile page 12)

    • 11ème station : Jésus est cloué sur la croix.

     « … Il était neuf heures quand ils le crucifièrent…  Avec lui, ils crucifièrent deux bandits, l’un à sa droite,  l’autre à sa gauche… les passants l’insultaient… de même, les grands prêtres, avec les scribes, se moquaient entre eux. »

    Mère Joséphine (Lettre 41) « … une épouse de Jésus Crucifié doit partager les souffrances de son Jésus, qui a tant souffert pour nous, ses petites créatures. ».

     

    •  12ème station : Jésus meurt sur la croix.

    « Jésus poussa un grand cri ; il dit : « ‘’ Père entre tes mains, je remets mon Esprit.’’ » 

    Mère Joséphine (Lettre 43) «  Dites toujours : Volonté de mon Dieu accomplissez-vous et non la mienne. »

    • 13ème station : Jésus est détaché de la croix et son corps est remis à sa mère.

    « O vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur ».

    Mère Joséphine (Lettre 44)   « …Non, vous ne pouvez rien, mais le bon Dieu peut tout. »

    Pieta de l’église de Brissarthe (49) où notre fondatrice aimait se recueillir dans son enfance

    • 14ème station : Jésus est mis au tombeau.

    « Joseph d’Arimathie  arriva, il  attendait lui aussi le Règne de Dieu, il eut le courage de demander à

         Pilate le corps de Jésus…. il permit à Joseph de prendre le cadavre.  Joseph descendit Jésus de la croix

         et l’enroula dans un drap de lin  pur, puis Il le déposa dans le tombeau tout neuf  taillé dans le roc.

         et il roula une pierre à l’entrée du tombeau ».

       

    Mère Joséphine (lettre 46) «  Le Bon Dieu voit vos désirs qui sont de l’aimer et de faire toujours sa Ste volonté en toutes choses.

    Lettre 45 « Mon Dieu, mon Jésus,  coûte que coûte je veux, avec le secours de votre  Grâce, être toujours à vous sans partage et sans réserve. »

     

    Mère Joséphine (Lettre 29).   « Courage et confiance en Jésus qui peut tout. »

  • Grâce aux dons, des projets d’autofinancement

    A N’GOTTO, village enclavé et démuni de toutes commodités, où l’approvisionnement n’est pas facile et les déplacements très coûteux, il nous faut être inventives et développer un peu d’autofinancement. C’est ainsi que, voilà deux ans, nous avions pu construire un poulailler avec une petite aide et les moyens du bord (briques sèches faites avec la terre de la cour, chevrons et feuilles de bambous de la forêt voisine, 2 portes récupérées lors des travaux de la fraternité de Bangui). Ainsi, nous avions commencé un petit élevage de poules et lapins.

    Mais les grosses pluies de notre région ont très vite eu raison du bâtiment dont une partie s’est déjà écroulée deux fois et dont nous avons déjà dû refaire la toiture de feuilles de bambous.

    Deux amies lectrices de Be Oko avaient eu à cœur d’aider les démarrages de la fraternité de NGOTTO. Grâce à leur aide, nous sommes en train de renforcer ce petit bâtiment et de le couvrir de quelques tôles, afin de développer notre élevage pour le rendre durable. Cela procurera un petit revenu à la fraternité pour l’aider à vivre.

    Et ce n’est pas tout… Depuis notre arrivée en 2014, nous avions un vaste espace, envahi par la brousse juste derrière notre concession. Il nous tardait de pouvoir le cultiver. L’an passé, nous avons présenté un projet à nos Petites Sœurs responsables, qui nous ont accordé l’aide demandée à hauteur de 570€ pour réaliser ce champ. Cette somme provient de vos dons, petits et grands.

    Pour faire vous aussi un DON : stfrancois.economat@orange.fr ou    02 41 68 12 12

    Nous avons constitué une équipe en fin de saison sèche pour défricher, brûler, enclore en bambou (contre les bêtes). Puis dès que les pluies sont arrivées, nous avons fait appel à l’aide de quelques mamans veuves en charge d’enfants, heureuses de trouver un petit gagne-pain temporaire.  Aidées de la Petite Sœur Prisca, elles ont  bêché, sarclé, semé, planté… Arachides, maïs, tarots, courges, haricots, gombos, et bien sûr manioc… sont sortis de terre.

    La première récolte d’arachides a rassemblé la fraternité au champ avec quelques amis et jeunes venus aider : une bonne récolte mise en réserve pour la vente au détail le moment venu. Pour le moment, les autres produits du champ servent à notre consommation. Par ailleurs, le petit jardin de légumes de nos Petites Sœurs Rosine et Aida, vient équilibrer nos repas avec un peu de verdure (rare ici). Nous  espérons que la force nous sera donnée pour continuer à domestiquer et faire fructifier cette belle et riche nature équatoriale que Dieu a mise à notre portée.

     

    Les Petites Soeurs de Ngotto

    Pour faire vous aussi un DON : stfrancois.economat@orange.fr ou    02 41 68 12 12

     

     

  • Une naissance à Ngotto : la Jeunesse Franciscaine !

    Les Petites Sœurs, en mission depuis quatre ans  maintenant à N’gotto, dans le diocèse de M’BAÏKI, ont à cœur de partager la richesse de la spiritualité franciscaine par le biais de leurs activités pastorales. C’est ainsi que la Petite Sœur Rosine a initié un groupe d’enfants à qui elle fait découvrir l’esprit et la vie du Petit Pauvre d’Assise.

    Depuis une année, j’avais ce désir de parler de Saint François aux jeunes. Après quelque temps, j’ai lancé un appel à la paroisse et dans le groupe de catéchèse. Très vite, des enfants se sont intéressés et sont venus nombreux : j’ai accueilli 56 enfants et jeunes !

    Qui sont-ils ? Ce sont des enfants du village, garçons et filles, ils ont 6, 7, 8, … 15, 18 ans. La plupart sont catéchumènes (chez nous, les années de catéchèse correspondent à la préparation au baptême et à la première communion car peu d’enfants sont baptisés bébés).

    Que deviennent-ils aujourd’hui ? Après l’inscription dans le groupe, ils ont participé aux réunions. Je les réunis tous les dimanches après-midis sous notre paillote, à la fraternité.

    J’ai commencé à leur parler de saint François… sa vie, son enfance, sa jeunesse, son désir…

    Je leur apprends une certaine manière de vivre,  et puis les chants franciscains, la salutation :

    « Paix et Bien ! ». En sango : « Siriri na Nzoni, ita ! ».

    Ils ont pu regarder un film à la fraternité sur la vie de François. Tout cela les intéresse, ils sont touchés.

    Après trois mois de cette découverte du Mouvement, le 20 mai 2018, en la fête de la Pentecôte, le groupe a reçu la bénédiction par le curé de la Paroisse. Désormais, ils sont reconnus au sein de la communauté paroissiale comme la Jeunesse Franciscaine. Les enfants sont heureux d’appartenir à ce groupe.

    A côté de cette initiation à la vie franciscaine, j’introduis aussi l’éducation, le respect du prochain, l’amour d’autrui, le goût de l’école. Parce qu’ici, beaucoup de choses manquent à nos enfants : leur épanouissement, leur développement, les droits et devoirs des enfants, tout cela est peu connu et peu respecté.

    Bref, ils sont contents d’appartenir à ce groupe et d’avoir une Sœur qui les écoute. Moi aussi, avec mes Petites Sœurs de N’GOTTO, nous sommes heureuses de voir naître ce petit groupe qui découvre la vie simple du « petit pauvre d’Assise » saint François.

    Petite Sœur Rosine

  • En Algérie, des vies données

    A Oran, le 8 Décembre, aura lieu la Béatification des 19 Martyrs d’Algérie.

    Les 61 ans de présence de notre congrégation dans ce pays et dans l’Eglise d’Algérie nous met en communion avec ce qui va se vivre à Santa Cruz.

    La lettre pastorale d’Algérie nous dit « la béatification de nos frères et sœurs [est] une grâce pour notre Eglise, nous pouvons maintenant demander leur intercession. Car bienheureux ils continuent leur mission associés plus que jamais à l’œuvre du Seigneur dont l’Esprit travaille sans cesse dans les cœurs. Nous pouvons recevoir leur Béatification comme une confirmation de la vocation de notre Eglise à être sacrement de la charité du christ pour tout le peuple où elle est plantée »

    Beaucoup de musulmans ont perdu la vie et ne peuvent être oubliés. Parmi eux 114 imams sont morts parce qu’ils ont refusé de justifier la violence.

    12 frères Croates ont été égorgés parce qu’ils étaient chrétiens. Un autre dit « Je suis bosniaque et musulman » « Tous mes collègues aussi ». Ainsi 3 chrétiens parmi eux ont été sauvés.

    Ces frères, sœurs avaient donné leur vie à DIEU et dans le quotidien ils la donnaient au service du peuple Algérien. Leur vie était liée d’un lien d’alliance avec les amis de ce peuple dont ils partageaient la vie.

    C’est cette proximité dans le dialogue avec nos amis musulmans que nous avons vécu, nous Petites Sœurs de saint François d’Assise, une présence tissée de profondes amitiés dans ce vivre ensemble. Ces croyants par leur appel à la prière nous ont souvent provoqué à vivre notre foi. Ce peuple sait vivre la visitation dans différentes circonstances de la vie : naissance, maladie, mariage, décès, à travers l’hospitalité, l’accueil, la compassion. Une invitation pour nous à vivre la gratuité et la simplicité qui restent gravées dans nos cœurs aujourd’hui.

  • Message des Chrétiens associés pour la St François

    4 octobre, Fête de Saint François d’Assise
    Occasion de rendre grâce pour tout ce que l’Esprit a, par lui, suscité dans l’Eglise.

    Frères, Sœurs, Fraternités séculières, Chrétiens associés aux Congrégations, Compagnons de Saint François…. cherchent aujourd’hui des chemins nouveaux pour vivre l’Evangile à la manière de François et des Fondateurs.

    Depuis quelques années, nous, Petites Sœurs de Saint François d’Assise, sommes en chemin avec des chrétiens associés, venant de divers diocèses, qui désirent vivre la grâce de leur baptême selon notre spiritualité.
    Avec eux, en ce 4 Octobre 2018, nous vous souhaitons

    PAIX ! JOIE ! BONHEUR ! FRATERNITE !

  • Loué sois-tu Seigneur pour Frère François !

    Pour saint François
    qui chante l’œuvre de tes mains, béni sois-tu !
    Accorde-nous de découvrir à notre tour,
    dans la beauté de l’univers, un reflet de ta bonté.

     

    Pour saint François qui embrasse le lépreux, béni sois-tu !

    Accorde-nous de reconnaître dans l’exclu, le rejeté,
    notre Seigneur et notre frère

    .Pour saint François    
    qui relève ton Église, béni sois-tu !
    Accorde-nous de la servir avec amour,
    suscite encore en ce temps-ci des prophètes et des saints.

    Pour saint François qui se dépouille de tous ses biens, béni sois-tu !
    Accorde-nous de vivre avec la même allégresse
    la pauvreté selon l’Évangile.

    Pour saint François
    qui nous enseigne la joie parfaite, béni sois-tu !
    Accorde-nous de nous ouvrir à la grâce de cette joie
    quand l’humiliation ou la souffrance nous visitent.

    Pour saint François
    qui porte en son corps les blessures du Christ, béni sois-tu !
    Accorde-nous de nous laisser saisir par Jésus crucifié
    et de parvenir avec tous nos frères à la gloire de sa résurrection.

  • Prière pour la paix à Lorient

    En famille franciscaine nous avons choisi de vivre la prière pour la paix sur le temps de midi pour permettre à ceux qui travaillent de venir vivre ce temps avec nous.

    Pour sensibiliser ceux qui portent ce désir de paix , Sylvie artiste a réalisé une grande et belle affiche qui restera toute l’année sur un panneau extérieur de l’église.

    Nos amis Chantal et Philippe  (qui tiennent une librairie) très motivés pour cette prière, nous ont demandé de leur envoyer chaque mois la date et le sens de la prière du mois. Ils envoient cela à tous ceux qui ont leur adresse mail à la librairie… en ajoutant leur note personnelle qui met en mouvement.

    Bientôt elle sera annoncée aussi sur RCF Radio Ste Anne à Lorient

    Et ça marche ! Nous sommes passés de 15 à 25 personnes venant  de Lorient, Larmor-plage, Quévin, Ploemeur…

    Petit à petit les uns et les autres commencent à partager comment ils vivent la paix là où ils sont.

    Après le temps de prière tous ceux qui le désirent viennent prendre leur pique-nique dans une salle du presbytère. Ce  temps  permet de se connaître, de partager simplement  c’est un moment d’ouverture…et ceux qui travaillent peuvent y participer.

    Esprit du Père, viens !

    Viens toucher les cœurs

    De ceux qui cherchent en eux la paix

    Viens, Esprit du Fils, viens !

    Que l’amour et la vérité se rencontrent

    Pour qu’enfin justice et paix s’embrassent.

     

     

  • La joie d’être franciscain : témoignage d’un jeune en Centrafrique

    Nombreuses sont les personnes qui, en RCA, portent en elles des souvenirs traumatisants des violences des années passées. F. est l’un de ceux-là. Après une accalmie depuis 2016, le spectre des événements passés ressurgit dans les mémoires. Fidèle est un jeune, aujourd’hui devenu instituteur, très actif dans le mouvement de la Jeunesse Franciscaine. Il raconte ce qu’il a vécu, c’est pour lui un moyen de se libérer et de rebondir. Avec une force intérieure formidable, il fait le choix de la fraternité au-delà des frontières de la religion. Il dit non à la peur et reste « fidèle » à ses convictions et à sa foi de jeune franciscain.

    Après des périodes de violence terrible, c’est à côté de PK 5 [un quartier de Bangui où il y a eu de vives tensions entre Chrétiens et musulmans] que je suis allé travailler comme Instituteur en 2015. Beaucoup d’élèves vivaient dans des sites de déplacés où ils ont trouvé refuge avec leurs parents.

    Un jour, je suis rentré à la maison avec ma chemise déchirée parce que les Musulmans ont attaqué le quartier Fatima et que j’ai escaladé la clôture de l’école pour me sauver.

    Vers la fin de l’année, un Monsieur musulman, Centrafricain d’origine tchadienne s’est approché de la Direction pour avoir un précepteur [c’est le nom donné couramment aux maîtres qui aident les enfants à domicile] afin d’encadrer à la maison ses enfants revenus du Tchad.

    En acceptant de travailler avec ses enfants, je mettais ma vie en danger car je ne sais pas ce qui peut m’arriver à tout moment. Mes collègues de travail ne comprenaient pas pourquoi j’avais accepté. De même ma famille, qui ne veut même pas entendre parler de mon travail à l’école. Malgré tout, j’ai donné cours régulièrement aux enfants. J’allais même cinq fois par semaine pendant les grandes vacances au lieu de trois fois comme convenu.

    Comme jeune franciscain qui, durant les événements malheureux, participait à des récollections et des exposés-débats sur des thèmes comme : ‘’Le dialogue entre Chrétiens et Musulmans à l’exemple de Saint François d’Assise’’, mon regard est devenu autre. Je partais, et j’étais encouragé par les progrès des enfants.

    Peu à peu, les habitants du quartier commençaient à s’habituer à ma présence, les enfants commençaient à me dire « bonjour Monsieur » [Monsieur, c’est le titre qu’on donne aux maîtres].

    Un jour, des rumeurs sur l’assassinat d’un Musulman circulaient dans le quartier et la femme de ce Monsieur chez qui je donne des cours m’a demandé de partir. En cours de route, une maman m’a dit : ‘’Monsieur, que Dieu te protège’’.

    Aujourd’hui, avec ce Monsieur nous sommes les meilleurs amis. Quand quelque chose ne va pas, il informe la direction de l’école. Au marché, tous ses voisins commerçants me connaissent bien. Il a visité ma maison et connaît une partie de ma famille. Je continue à encadrer à la maison ses deux enfants et ceux de son parrain.

    Après la tentative ratée du désarmement des bandes armées de PK 5 par les forces des Nations-Unies en avril 2018, j’ai appelé le frère de son parrain pour avoir de leurs nouvelles. Cet homme m’a appelé ‘’frère’’. Ainsi « Monsieur F. » est devenu le frère des Musulmans grâce à la spiritualité franciscaine :

    C’est ma grande joie de franciscain !

     

     

  • La Jeunesse Franciscaine à la Maison d’arrêt de Bimbo à BANGUI

    Chaque dimanche, un groupe de la « Jeunesse Franciscaine » se réunit sous la paillote de notre fraternité à BANGUI. Nous avons des liens privilégiés avec ces jeunes qui partagent notre spiritualité : ils s’intéressent à St François  et essaient de vivre selon les grandes lignes de son charisme. Ils nous font parfois appel pour leurs  temps de réflexion. Cette année, pendant le Carême, ils ont choisi d’aller rendre visite aux femmes incarcérées à la prison de Bimbo.

    Petite sœur Marie-Christine : Qu’est-ce qui vous a poussé à aller visiter les femmes à la prison ?

    Fidèle : C’est un appel de Dieu parce que le Christ nous a dit : « J’étais en prison et vous ne m’avez pas visité ».

    Francis : St François nous a demandé d’apporter la joie là où il y a la tristesse, l’espérance là où il y a le désespoir, la lumière où il y a les ténèbres.

    Pourquoi particulièrement la prison cette année?

    Fidèle : Habituellement, nous allons dans les hôpitaux, mais nos responsables régionaux nous ont invités à aller vers les prisonniers. Il y a eu beaucoup de crimes pendant les évènements. Des personnes avaient perdu tous leurs biens, alors pour subvenir aux besoins de la famille, ils ont volé, ont été pris et mis en prison, d’autres se sont vengés.

     

    Combien y-a-t-il de femmes à la Maison d’Arrêt de Bimbo ? Et pour quels motifs sont-elles incarcérées ?

    Fidèle : Elles sont au nombre de 51, il y a des jeunes filles (dont deux avec un enfant de moins de deux ans), des plus jeunes et aussi des femmes âgées. Comme je le disais, certaines ont volé, d’autres ont commis des crimes ou se sont bagarrées avec leur coépouse ou leur rivale, leur conjoint… et l’ont blessé sérieusement.

    Les plus âgées sont souvent des veuves ou des femmes sans enfant accusées de sorcellerie.

     

    Depuis quand aviez-vous préparé cette visite et combien de jeunes étiez-vous ?

    Fidèle : Depuis le mois de février. Nous sommes allés là-bas une cinquantaine de jeunes. Toutes les paroisses de Bangui étaient représentées.

    Comment s’est déroulée la visite ?

    – Vers 9h00, on nous a fait rentrer dans la prison. Nous voulions avoir un échange avec les femmes, mais comme nous apportions des produits de première nécessité (sucre, savons, sardines, lait, café, huile, sel, riz…) et des médicaments collectés auprès des Fraternités Séculières (laïcs franciscains adultes), le Greffier nous a demandé de mettre ce qu’on avait apporté  dans des sachets selon le nombre des femmes. Ceci a pris du temps, de ce fait nous n’avons pas eu le temps d’échanger avec les femmes. Nous avons regretté.

    – Un frère franciscain et un frère capucin sont venus avec nous pour célébrer l’Eucharistie. Nous, les jeunes, nous avions constitué une petite chorale, rédigé des intentions de prière et préparé les lectures. Le prêtre avait pris l’Evangile de saint Luc : « Jésus devant le tribunal du Sanhédrin ». Il a eu des paroles fortes : « Dieu ne juge personne. En tant qu’hommes, nous, nous portons des jugements sur les autres et même sur Dieu parfois ! […] La vraie prison c’est notre cœur, dans lequel nous enfermons les autres et où nous nous enfermons nous-mêmes, notre cœur que nous refusons d’ouvrir à Dieu et à sa miséricorde». Il a invité les prisonnières à « s’ouvrir à Dieu ».

    – A la fin de la messe, une représentante des prisonnières a pris la parole pour remercier les jeunes franciscains en disant : « Plus que l’aide matérielle que vous nous avez apportée, c’est le réconfort humain et spirituel qui nous a touchées ».

    – Le Ministre Régional (ministre = terme franciscain signifiant Serviteur) de la Jeunesse Franciscaine avait présenté notre Mouvement au personnel pénitentiaire et le sens de notre visite : d’abord assister ces femmes spirituellement, leur partager la Parole de Dieu, prier et célébrer l’Eucharistie avec elles, leur apporter le Christ, leur dire en actes et en paroles que Dieu ne les a pas oubliées et qu’elles doivent garder l’espérance.

    – Le Chef de Sécurité de la prison a pris la parole au nom du Régisseur malade pour remercier les jeunes et leur a dit : « Ce n’est pas l’habit que vous portez qui fait de vous des Chrétiens, mais d’avoir une vie exemplaire et une bonne moralité, car actuellement le comportement des jeunes est souvent mauvais ».

    Enfin nous avons remis à chacune son sachet de produits, et les médicaments ont été donnés à l’infirmerie.

    – Pour terminer, nous avons chanté et dansé avec les prisonnières – moment de joie qui nous a fait oublier que nous étions dans une prison. Mêmes les soldats de la MINUSCA (les Casques Bleus) présents là-bas pour garder, ont dansé aussi!

    Que gardez-vous de cette visite à la prison des femmes ?

    Francis : Nous avons essayé de mettre en œuvre le charisme de François. Nous avons été bien accueillis par le personnel de la prison et par les femmes. Ce qui fait de la peine, c’est que certaines sont là depuis un ou deux ans et leur procès n’a pas encore eu lieu. Et aussi de voir ces « vieilles mamans » accusées de sorcellerie. J’ai senti que pendant la célébration et la danse qui a suivi, ces femmes ont un moment oublié leurs peines.

    Christa : Ce que j’ai vu m’a fait mal. Ces femmes sont privées de leur liberté et certaines ont leur enfant en bas âge avec elles en prison : deux bébés sont là avec leur maman ! C’est dur de voir cela. Des jeunes filles, qui auparavant allaient à l’école, se trouvent enfermées parce qu’elles ont blessé leur coépouse. Des mères ne sont plus avec leurs enfants, qui n’ont plus personne à la maison pour leur donner une bonne éducation. Ça m’a fait vraiment pitié, mais notre venue leur a donné beaucoup de joie et elles ont eu ainsi l’occasion de prier ensemble.

    Voyant tout cela, je veux maintenant donner des conseils à mes camarades de l’Université, pour qu’elles ne commettent pas de crimes, qu’elles ne soient pas brutales, qu’elles n’agissent pas dans la colère, car çà conduit à la prison. Il faut réfléchir avant de faire quelque chose.

    A nos mamans, j’ai aussi envie de dire de ne pas faire de bêtise car les enfants souffrent trop sans leur maman, ils sont mal à l’aise. Elles doivent rester fidèles et respecter les lois. On doit aimer son prochain comme soi-même, ne pas faire du mal et regarder l’autre comme sa propre sœur.

    Fidèle : Ce jour-là j’ai compris la parole qui dit : « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». J’ai pris conscience ce jour-là que derrière les murs, il y a des personnes comme nous et la plupart sont des chrétiennes, elles ont besoin de nos visites et de nos prières. Nous ne sommes pas allés là-bas pour les juger, mais en les regardant comme des personnes qui ont besoin de notre aide avec la Parole de Dieu.

    J’ai aussi pris conscience que si nous travaillons davantage ensemble religieux, religieuses, laïcs, jeunes de la famille franciscaine, nous pourrons faire bouger quelque chose dans notre société.

    J’ai compris comment St François pouvait être joyeux lorsqu’il donnait tout aux pauvres, qu’il ne gardait rien pour lui-même. Ce jour-là je me suis réellement senti franciscain.

    Petite Sœur Marie-Christine – BANGUI

  • La Croix dans la spiritualité franciscaine

    La réalité de la Croix est très présente dans la spiritualité franciscaine et dans la vie de Mère Joséphine, fondatrice des Petites Soeurs de Saint François.

    Ste Claire nous appelle à contempler le Christ :

    A la fin de ce miroir, contemple avec quel indicible amour il a voulu souffrir sur l’arbre de la croix et mourir de la mort la plus honteuse. Placé sur le bois de la croix, ce miroir enseignait lui-même aux passants à quoi ils devaient être attentifs :  » O vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur. » D’une seule voix et d’un seul esprit, répondons à ses cris et à ses plaintes :  » Je ne pourrais pas l’oublier et ce souvenir me consume. » (4ème lettre de Claire à Agnès 23-26).

    Elle fait parler le Christ, elle rend présent pour elle et ses sœurs la mendicité du Christ : Il mendie auprès des passants une parole de compassion.

    Ce que médite Ste Claire, c’est le choix de Jésus de donner sa vie, librement, pour nous.

    Mère Joséphine, depuis toute petite, vivait le chemin de Croix dans l’église de son village, par tous les temps…

    A l’occasion d’une prise d’habit disait :

    « Mes chères enfants, si vous l’ignorez encore je vais vous apprendre ce soir que la vie religieuse est un enchaînement de longues souffrances et de combats continuels. Le chemin de la Croix que nous venons de faire ensemble, doit être le programme de votre vie ; une vraie religieuse doit marcher sur les pas de Jésus crucifié …  « Demandez au bon Dieu qu’Il vous donne l’amour de la croix, car si vous n’avez pas cet amour, vous ne serez jamais heureuses. Nos peines, du reste, ne sont rien comparées à celles des gens du monde, ce sont des grains de sable vis-à-vis de hautes montagnes. Ils souffrent beaucoup plus que nous, malgré les sacrifices que nous faisons de notre volonté et des biens d’ici bas,  et ils ne goûtent pas les mêmes consolations. » (Biographie de Mère Joséphine par le Père Bétin)

    Mère Joséphine situe le bonheur dans le choix d’aimer.

    la photo de notre fondatrice, avec nos Constitutions (livre de vie), au pied du tabernacle

    La croix est un choix d’aimer. Il y a une liberté d’aimer, cet amour est essentiel, pour être heureuses.

    Mère Joséphine est très consciente que les peines que les sœurs  endurent ne sont rien, car c’est une volonté de choisir.  Cela n’est pas naturel de choisir le Christ, car  c’est un combat de tout instant.

    Il s’agit d’avoir comme Mère Joséphine le regard fixé sur le Christ, le  « Tout de notre vie. » Désirer aimer le Christ et la Croix, ce n’est pas aimer la douleur, c’est désirer porter son péché, et porter les péchés des autres. On vit la croix lorsqu’on assume dans tout le quotidien de porter sa propre faiblesse et celle des autres.

    Reconnaître son impuissance et accueillir la grâce d’être sauvé…

    Extraits de méditation de Brigitte Gobbé, laïque franciscaine