• A l’orphelinat de Bangui…..

    J’accompagne un groupe d’une vingtaine de jeunes filles qui réfléchissent à leur vie de foi et cherchent à répondre à l’appel de Dieu.

    Le groupe se réunit le samedi après-midi tous les quinze jours. En mars, réfléchissant sur le sens du Carême, elles se sont interrogées : « quel acte de charité, de partage, pourrions-nous vivre ? ». Après échanges et réflexions elles ont décidé de faire une visite au « Centre de la Mère et de l’Enfant ».

    Cet orphelinat public accueille une trentaine d’enfants de 0 à 5 ans : orphelins, enfants abandonnés à la naissance, ou dont la maman ne peut pas s’occuper. L’une des jeunes a dit : « Nous ne pouvons pas aller les mains vides … ». Décision est alors prise que chacune apporte biscuits, savons, lessive ou vêtements.

    Arrivées là-bas le 1er Avril, nous avons commencé par visiter les lieux de vie des enfants. Puis, pour leur montrer notre affection, nous avons joué avec les plus grands et pris les plus petits dans nos bras. Les enfants étaient très heureux et ceux pris dans les bras s’accrochaient aux jeunes et ne voulaient pas qu’on les remette dans leur lit. Nous avons senti combien tous ont besoin d’être aimés

    Nous avons aussi échangé avec les femmes qui s’occupent de ces enfants et avant de partir nous leur avons remis nos petits paquets à partager. Elles étaient très touchées et ont de suite distribué les biscuits aux enfants.

    Les jeunes filles étaient très heureuses d’avoir passé ce moment avec les enfants. Elles espèrent qu’ils pourront trouver une famille qui les accueille et leur donne l’affection dont ils ont besoin pour grandir et être heureux. Elles ont aussi été touchées de voir des femmes qui se donnent près d’eux comme des mamans, alors qu’elles ont leurs propres enfants à la maison.

    Ce jour-là, ces jeunes filles ont expérimenté qu’il y a autant de joie à donner qu’à recevoir.

    Petite Sœur Prisca

     

  • Remettre debout des enfants, à Bangui !

    Plusieurs fois par an, en lien avec le Centre de Rééducation pour Handicapés Moteurs de Bangui, le Professeur ONIMUS et sa femme, viennent à BANGUI pour effectuer des opérations chirurgicales. Je fais partie de l’équipe soignante de ce Centre et je vous partage l’expérience de Marc, un garçon de 10ans, atteint de la polio à l’âge de deux ans ; il a perdu ses parents lors des évènements survenus dans notre pays.

    Marc est arrivé en consultation avec des déformations au niveau des deux jambes, de la hanche et du dos.

    Au mois de mars, il a subi une intervention chirurgicale au niveau de la hanche rétractée et sur la face postérieure du genou gauche, puis il a commencé les séances de rééducation.

    Aujourd’hui, grâce à cette intervention et à la rééducation il commence à se tenir correctement debout dans une bonne position.

    Il est très content et se sent à l’aise : « J’ai des projets : quand je serai guéri, je passerai mes examens et l’année prochaine je ferai le concours d’Entrée en 6ème  Voyant l’amélioration de son état, il dit : « J’aurai beaucoup de choses à réaliser ».

     

    Ce qui m’a touchée également : n’ayant plus ses parents c’est une jeune maman sans enfant qui a accepté de bon cœur de rester auprès de lui après l’intervention, pour s’occuper de lui comme si c’était son fils.

    Avant l’opération, ces handicapés se sentent souvent inférieurs, voire même rejetés : le handicap était considéré comme un mauvais sort fait à la famille et cette idée reste encore gravée dans certains esprits ; après l’opération ils se sentent égaux avec les bien-portants et mieux reconnus au sein même de leur famille ou entourage.Mon rôle après l’opération est d’apaiser, expliquer ce qu’on a fait, rassurer, aider à patienter et au moment de la rééducation, encourager la personne, valoriser les progrès…Lorsque ces personnes commencent à marcher, c’est la joie pour tous : le personnel, les personnes elles-mêmes et leur famille.

     

    J’en profite pour dire : « Merci à vous tous qui vous intéressez à notre vie et à notre mission en RCA ». 

    Petite Sœur Grâce – Bangui

  • Avec les familles de prisonniers…

    A Lorient, Gisèle, une Petite Soeur est engagée au bateau-bleu, qui accueille les familles de prisonniers. Partons avec elle à leur rencontre !

    « Le bateau bleu », aux abords de la prison

    Le « bateau-bleu » est un espace de solidarité où viennent les familles des détenus du centre pénitentiaire de Lorient Ploemeur (où sont 300 détenus). Avec 53 bénévoles, l’association organise des rotations pour être présente lors trois journées dédiées aux parloirs. Des binômes de bénévoles se relaient.

    C’est un sas de décompression pour les familles. Avant et après le parloir, les femmes, souvent accompagnées d’enfants, sont heureuses de trouver un lieu d’accueil. La visite est un moment très stressant, car il faut affronter l’univers carcéral. Ce parloir est fréquenté en grande majorité par des femmes, qui ne le rateraient pour rien au monde.

    Comme bénévoles, nous sommes à leur écoute, nous offrons du réconfort par le biais d’un sourire, d’une boisson, de gâteaux, de bonbons… Les enfants peuvent jouer, dessiner pour leur papa. Bien des femmes se refont une beauté !

    Notre attitude s’articule autour de quatre mots clés : l’écoute, la discrétion, la disponibilité, le respect de la diversité des visiteurs.

    Gisèle à l’intérieur du local, derrière le comptoir où sont donnés boissons, petits gâteaux…

    Quelquefois fois, certains sont là pour attendre une personne qui est au parloir. Ce temps semble long. C’est la visite surprise d’un prisonnier qui arrive avant l’heure fixée. Au passage Il apprécie un café. C’est un prisonnier, à sa sortie : « Vous accueillez ma mère, à sa retraite elle sera bénévole. »

    En 2017, le « bateau bleu » a accueilli 11 400 personnes dont 1 700 enfants !

    Je me sens très à l’aise dans cet engagement. Ca correspond bien à ma vie de Petite Sœur… Être simplement présente, discrète, aimante. Accueillir chacun, sans exception, avec un regard de bienveillance…

    Gisèle

  • Prendre soin… hier comme aujourd’hui !

    Notre fondatrice, Mère Joséphine, avait une santé fragile. Très jeune, elle a connu des périodes de maladie et de soin. Marquée par cette expérience de la souffrance morale et physique, elle aidera pendant 20 ans les Soeurs de St Vincent de Paul à prendre soin des malades, à l’Hôtel Dieu d’Angers.

    Puis, elle et plusieurs femmes, laïques et franciscaines, se sont associées et ont décidé d’habiter ensemble pour se dévouer plus efficacement au service des malades. Elles étaient toute dévouées aux pauvres dans leur quartier, répondant à leurs besoins physiques et spirituels…

    Petit à petit, le groupe des garde-malades prend forme et consistance. Le service des malades s’organise, d’abord et surtout auprès des pauvres, gratuitement, mais aussi chez des personnes plus aisées.

    Le travail de garde-malades est un véritable apostolat. Les Petites Soeurs soignent et soulagent la souffrance des malades, parfois au péril de leur vie (de par les maladies contagieuses). Elles viennent aussi en aide aux familles nécessiteuses, prenant en charge les enfants, procurant du pain là où il fait souvent défaut, apportant réconfort et sérénité.

    La notion de garde-malades s’est rapidement élargie et étendue au service de toute misère rencontrée, des laissés-pour compte de la société surtout.

    Toute cette présence pleine de compassion et de tendresse s’enracinait dans la prière quotidienne, et en particulier la contemplation du Christ souffrant.

    Pendant longtemps, en France comme en Centrafrique, la Congrégation a tenu des dispensaires, des cliniques, les Petites Soeurs se dépensant sans compter pour soigner et réconforter toute personne.

    Encore aujourd’hui, certaines Petites Soeurs travaillent dans le milieu de la santé.

    Et surtout chaque Petite Soeur se sent engagée à accueillir, écouter, prendre soin de chaque personne rencontrée… spécialement les plus fragiles…

    « Suis-je le gardien de mon frère, disait Caïn ? »… « Tu es le gardien de ton frère » disait St François

    Pour découvrir les autres trésors de notre fondatrice

     

  • « Pourquoi, pourquoi Seigneur ?»

    J’ai eu la grâce d’accompagner Béatrice jusqu’à son dernier souffle.

    Béatrice était une femme de 52 ans engagée à l’Arche de Jean Vanier depuis plus de 10 ans, je l’ai rencontrée il y a à peu près 3-4ans. Elle m’a introduit dans ce monde des petits, qui nous révèle la tendresse et la bonté de Dieu.

    Je crois que j’ai eu une place privilégiée durant les trois semaines où elle a été hospitalisée, avant de rejoindre Son Seigneur. Une place qu’elle m’a donnée, située entre sa famille et les membres de l’Arche.

    Malade et souffrant d’un cancer depuis 10 ans, une belle et vraie amitié s’est installée dans le respect, l’accueil de ce que nous vivions chacune. Souvent nous parlions de sa mort, elle savait qu’elle n’irait pas au bout de cette chimio…

    Les trois derniers jours avant la mort de Béatrice, je les ai vécus comme accompagnant Jésus sur la Croix.

    Le lundi, Béatrice était très fatiguée, je suis restée trois-quarts d’heure auprès d’elle, silencieusement, comme Marie au pied de la Croix.

    Le mardi, avant le Sacrement des malades, Béatrice était très mal, et en l’entendant dire : « Pourquoi, pourquoi Seigneur ?» je pensais à Jésus sur la Croix disant : « Mon Dieu, Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?»

    Le mercredi, à la demande de la famille, je suis allée passer la nuit auprès de Béatrice, avec sa sœur. Le matin du 23 novembre, Béatrice est partie très paisiblement, sereinement dans un souffle qui s’éteint.

    Merci Béatrice ! pour ce cadeau qui me permet aujourd’hui de communier du fond de mes entrailles à la Souffrance, la mort et la Résurrection de Jésus.

    Loué sois-tu Seigneur ! pour la grâce de l’amitié, elle nous conduit là ou l’autre nous mène, simplement, gratuitement …

                  Christine Renou, Beauvais            

  • Au village, sauver la vie encore et encore…

    Je suis heureuse de continuer mon activité  auprès des enfants malnutris et de leurs mamans, avec notre équipe soutenue par Caritas et UNICEF. J’aime les soigner.

    Aujourd’hui ma joie est grande de voir des enfants retrouver leur santé. Ce sont leurs mamans qui témoignent et sensibilisent les autres par rapport aux soins que nous apportons et à la prévention.

    Quand les mamans arrivent avec leurs enfants dans un état critique, bien maigres et fatigués, cela me touche profondément et je garde confiance car je me suis habituée à les sauver. Le plus souvent, ma première réaction, c’est d’accueillir la maman avec son enfant et de lui donner l’espoir par rapport au soin de son enfant. Je prends dans mes bras les enfants atteints de gale, je les touche, et je commence à conseiller la maman pour lui montrer qu’il faut continuer à donner à l’enfant une affection maternelle. En faisant ça, elle n’aura pas de honte ou le moral abattu. Sinon, elle pourrait fuir la consultation et laisser l’enfant mourir. Sauver la vie des enfants est ma mission de Petite Sœur de Saint François. En voyant  un enfant qui souffre, c’est un membre de mon corps qui souffre aussi. Le plus souvent, le traitement dure six semaines avec un accompagnement personnel à domicile. Je leur donne les produits alimentaires thérapeutiques selon leur poids et il faut accompagner cela avec une alimentation équilibrée.

    Je reçois de temps en temps des petits gestes de reconnaissance des parents à mon égard: par exemple, des fruits, comme je leur recommande d’en donner aux enfants.

    Voici le témoignage d’un jeune couple….

    « Je m’appelle YANGBIO Grâce à Dieu. Je suis originaire de POUTEM, à 5km de Ngotto. J’ai épousé ma femme qui s’appelle Rachel, elle avait un garçon de 3 ans : Borel.

    Nous avons cherché à le soigner mais sans résultat. En visite à NGOTTO chez des parents, ils nous ont demandé d’emmener l’enfant chez la Sœur. En arrivant, la Sœur nous a réservé un bon accueil, elle a commencé à nous prodiguer des conseils : donner à l’enfant une alimentation variée  et équilibrée, et elle a complété avec des produits thérapeutiques.

    Au bout de deux semaines, nous avons vu un grand changement chez l’enfant.

    Les conseils de la Sœur aideront ma femme pour la suite de notre vie ensemble et pour les enfants que nous aurons. Je suis persuadé que les gens de notre village s’étonneront de revoir Borel en bonne santé. »