• Un toit pour vivre ! Quand la solidarité fait des miracles

    Maman Chantal, c’est une femme de notre paroisse de Ngotto. Elle est souvent délaissée. Bossue, elle est un peu handicapée pour travailler, et bien pauvre. Plusieurs fois, elle a été accusée de sorcellerie.

    Avant, elle vivait bien, elle était bien accueillie par les gens et par sa famille. Suite à ces accusations, elle s’est trouvée rejetée. Même son propre enfant la fuit. Elle est abandonnée à elle-même, et se débrouille comme elle peut pour vivre. Après avoir vécu ici ou là, chez quelques personnes qui avaient eu pitié d’elle pour un moment, elle s’est retrouvée toute seule dans une petite maison délabrée.

    Un jour où j’étais allée visiter des gens au quartier, j’ai vu sa case et ça m’a fait pitié : une case à moitié écroulée, la toiture à moitié envolée ! Elle dormait presque dehors, pas à l’intérieur d’une case !

    Je suis rentrée toute triste en parlant de cela à mes sœurs pour chercher comment l’aider à réfectionner sa maison.

     

    En fraternité, nous avons été d’accord pour l’aider en faisant recours aux aides que nous avons reçues des amis de la Congrégation. Puis je suis allée en parler aux deux animateurs de notre Bibliothèque de Rue : deux jeunes collégiens, Anselme et Charles Le Bon.

    Malgré leurs occupations pour la subsistance de leur propre famille en plus de l’école, ils ont accepté de venir aider cette maman. Ce sont ces deux jeunes qui m’aident pour les activités de la Bibliothèque de Rue avec les enfants. Un camarade les a rejoints pour ce coup de main : Gustave.  Tous les trois sont scouts, et ils savent mettre en acte leur devise : « toujours prêts ! » *

    Peu de temps après, ils ont commencé à faire des briques puis des tuiles de bambou pour la toiture. Après avoir réuni toutes les conditions, ils ont commencé à maçonner la maison. Je pense que pour trouver des jeunes qui se rendent disponibles de cette manière, c’est un peu difficile. Beaucoup à NGOTTO ne pensent qu’au chantier de diamant. Mais ces garçons ont accepté généreusement de construire la maison d’une pauvre maman, afin qu’elle puisse trouver où se loger, pour être digne, respectée.Au fur et à mesure du travail, nous avons procuré aux jeunes de quoi manger. A la fin, nous leur avons remis quelques fournitures scolaires pour récompenser leur générosité. Mais surtout, ils ont fait une belle expérience !

    Ce sont eux qui ont accepté de la secourir en réfectionnant sa maison, avec le coup de main des Petites Sœurs et de nos amis. Je suis heureuse de voir que la vie de maman Chantal commence à changer. La solidarité fait aussi changer le regard sur l’autre. Je ferai tout pour suivre cette maman et faire qu’elle soit mieux considérée par les gens, et retrouve sa dignité.

    Le père Joseph WREZENSKY a dit : « tout être humain est sacré, nous devons le respecter ». C’est dans l’esprit de ce que j’ai appris pendant ma formation avec le mouvement ATD quart monde, et c’est aussi l’esprit de ma congrégation des Petites Sœurs de Saint François : je suis appelée à vivre avec les méprisés, les rejetés et des personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté. C’est ma joie quand je vois les gens travailler main dans la main pour s’entraider.

    Prisca, Petite Soeur

    Anselme, Charles et Gustave témoignent…

    « On n’a pas fait ça sans raison. Cette mère dormait dehors, elle n’avait pas une vraie maison. On a voulu l’aider pour qu’elle puisse vivre normalement. On n’a pas fait ça pour se montrer. Cette femme n’a aucun moyen, elle est déjà fatiguée, elle n’avait pas la possibilité d’arranger sa case elle-même. Elle a un fils, mais cet enfant ne s’occupe pas de sa maman. En plus, elle est handicapée. Nous avons travaillé tous les trois, main dans la main.  Ce qui nous plaît, c’est qu’on a soulagé maman Chantal, elle dort maintenant dans sa maison.

    Elle est très contente. Sa joie est devenue notre joie. »

  • Mission universelle !

    Daphné, Julien et leurs trois filles, on les connaît un peu. On les a rencontrés à L’Arche à Beauvais, on savait leur intention de partir en coopération en Afrique.
    Un jour Daphné nous dit : « ça y est une date est fixée nous partons mi-février » au Bénin à Banigbé ! Nous allons vous envoyer un courrier… »

    Le 2 décembre nous recevons leur lettre, plutôt leur demande : Être les marraines spirituelles de leur mission au Bénin à la ferme école Laudato-Si. Plus
    particulièrement confier à notre prière leur chenin de Foi et leur persévérance à l’écoute de la Parole de Dieu. Pour que leur mission soit d’abord et surtout un chemin vers Dieu. Nous confier aussi leurs trois filles : Siloé, Honorine et Léonie pour que germent en chacune d’elles l’amour de Jésus et le désir de le rencontrer en allant à la rencontre de leurs frères…

    Nous avons été très touchées de cette demande qui nous renvoie à notre mission première la prière. Pas autre chose mais tout cela….
    Daphné et Julien sont partis début février. Une messe d’envoi a été célébrée. Un bon moment vécu en Eglise !

    A l’origine de leur projet, il y a un besoin de se rendre utile auprès des plus fragiles, et ceci exprimé dès leur mariage.
    Aujourd’hui ils partent avec l’ONG Fidesco, une association dont foi et coopération sont les deux piliers fondateurs. Conscient de tous ce qu’ils ont reçu, ils se sentent appelées à bousculer leur quotidien et leur confort pour approfondir leur engagement au service des plus fragiles et à reconnaître en chacun sa beauté. Daphné sera responsable pédagogique de l’école. Elle aura pour mission de soutenir l’équipe enseignante et d’accompagner les enfants dans leur parcours scolaire.
    Julien sera responsable de la recherche de fonds pour le centre. Il supervisera les projets d’extension de l’école et aura à cœur de se mettre au service du développement de la ferme.

    Nous voilà parties nous aussi en mission sans sortir du territoire …. Mais en ouvrant nos cœurs pour rejoindre un autre peuple…Merci Daphné et Julien de nous embarquer avec vous…

  • La joie de se retrouver malgré les distances !

    Avec les Petites Soeurs de la rue du Dr Guichard, puis avec les Petites Soeurs de Beaupréau et Chantal de passage, on a fait une 1ère : une visio ensemble !
    Après quelques essais techniques, joie et émerveillement de nous voir, de nous retrouver, de se donner quelques nouvelles, et même d’aboutir à un nuage de mots autour de Mère Joséphine !
    Avant cela, autour du 8 décembre, on avait créé un apéro par skype entre les Petites Soeurs de Chelles et les Soeurs de la fraternité de Limoges ! Un beau temps d’échanges chacun chez soi autour d’un verre ! sans risques !
    Puis nous avons vécu entre Petites Soeurs le temps de prière, de renouvellement des voeux, que nous avions préparé ensemble. Nous l’avons vécu dans un vrai climat de partage, de prière, de communion…
    De beaux moments partagés ! et des outils techniques qui nous permettent cela !
    Merci Seigneur pour la créativité que tu mets au coeur de l’Homme !
    Claire Petite Soeur de St François
  • Aumônier d’hôpital : des rencontres qui mènent à Dieu

    Régine est aumônier d’hôpital à Montpellier et nous partage une des belles rencontres qu’elle vit au quotidien dans sa mission.                                                                                                  Régine à la chapelle de l’aumônerie

    Pour des raisons de discrétion, le prénom de la personne a été changé.

    C’est la fin de l’après-midi, j’arrive en service de chirurgie et demande aux soignants s’il y a des patients à visiter : « Oh oui nous ne savons plus quoi faire avec Mme C. tellement elle est angoissée ». J’arrive à sa porte, une jeune femme assise sur son lit m’accueille un peu surprise, tendue et les traits tirés. Elle s’allonge, beaucoup de tuyaux de tout côté, elle souffre et a du mal à reprendre son souffle. Puis me parle d’une voix à peine audible, qu’elle doit aller au bloc opératoire, qu’elle attend depuis longtemps. Elle se présente, elle s’appelle Marine, une quarantaine d’années. J’aperçois sur la table de nuit une photo d’une petite fille, c’est sa fille de quelques années. Marine pleure en me parlant d’elle, elle ne l’a pas vue depuis décembre date de son hospitalisation : c’est extrêmement dur pour elle ! Je m’assoie auprès d’elle, lui parle lentement, j’essaie de l’apaiser, lui chante « Ne crains pas ». Je lui demande si elle est croyante, elle me dit qu’elle n’est pas baptisée. Elle me demande de revenir la voir demain. Je lui dis que je vais allumer un cierge à la chapelle et écrire son prénom et celui de sa fille sur un galet à côté du désert. Je la laisse un peu plus apaisée.

    La chapelle avec les galets où les prénoms sont inscrits

    Le lendemain, quand j’arrive auprès d’elle sa maman est là. Tout de suite elle me dit que Marine lui a parlé de moi. Marine me dit avec un petit sourire que hier soir tout en partant au bloc, elle avait dans la tête ‘Ne crains pas’. Je lui montre en photo la chapelle et le petit galet. Elle me regarde avec insistance et me dit ‘je veux être baptisée’. Et là, sa maman fond en larmes. Elle me raconte « je suis issue d’une famille nombreuse, nous avons dû être tous placés, j’avais cinq ans j’ai été envoyé dans un institut religieux jusqu’à l’âge de quinze ans, j’ai vu des choses trop dures et me suis dit que jamais je ne ferais baptiser mes enfants ! Et là, ma fille qui ne vous connait que d’hier, demande le baptême, mais je respecte son choix. » Marine me demande « je voudrais apprendre à prier », nous faisons lentement le signe de croix et je lui lis une prière, elle se réjouit « c’est tout à fait ce que je porte ». Elle a bien compris prier c’est parler comme à un ami.

    Le dialogue avec le Seigneur se fait en parlant comme un ami parle à un ami… ES 54 – St. Ignace de Loyola.

    Elle me parle un peu plus de sa vie. Je lui laisse un petit feuillet avec des prières pour le temps de l’épreuve de la maladie. Elle désire que je chante auprès d’elle. A notre troisième rencontre, elle est fiévreuse, mais désire que je reste un peu auprès d’elle. Une nouvelle demande : « je souhaite recevoir l’onction des malades ? ». Elle me questionne sur mon air un peu surpris. Elle a lu dans le petit feuillet. Je lui explique qu’il est nécessaire d’être baptisée. Elle me redit combien Jésus est entrée dans sa vie et la soutient. Je lui laisse une petite croix et une médaille à son cou, elle est très émue. « Il sera là maintenant encore plus proche de moi ! ». C’est le w-e je pense et prie pour elle. Il me semble important que nous puissions vivre avec elle une petite célébration. Je ne sais si son pronostic vital est engagé mais c’est très grave.

    J’envoie un mail à un des prêtres aumôniers en lui expliquant la situation. Il est disponible pour la rencontrer mardi après-midi ! Mon cœur chante au fond de moi le MAGNIFICAT !

    Régine, Petite Soeur de St François

  • La fête de la vie consacrée par temps de couvre-feu !

    2 février présentation de Jésus au temple et journée de la vie consacrée. Comment célébrer ce jour ? à 18h il faut être chez soi et en plus des célébrations avec une distance convenable…

    A la fraternité de Beauvais, nous nous interrogeons pour marquer malgré tout ce jour. Le samedi 31 une lumière, peut être un coup du St Esprit !!!… Après avoir téléphoner au prêtre de la paroisse, nous décidons de proposer à toutes les consacrées de Beauvais de participer à la messe de 9h le mardi à la paroisse et même de participer au Laudes à 8h30. Qui viendra ?

    A notre grande surprise, presque toutes étaient là, des paroissiens nous ont rejoint. Nous avons même pu faire une procession de la Lumière en partant de la chapelle jusqu’à l’église pas loin car il n’y a qu’un escalier à monter !!… Nous avons vraiment vécu un temps fort, heureuses de nous retrouver et de pouvoir ensemble célébrer Notre Dieu de Lui rendre Grâce pour son appel et les merveilles qu’ils accomplis en chacune de nous en Eglise au service de la mission.

    A Chelles, là aussi, la fête prend une forme particulière ! Les Petites Soeurs ont suscité une rencontre en visio avec les consacrés de notre secteur. Cela prend bien, elles ont même eu des appels d’autres secteurs qui ont eu vent de la proposition. Ils se sont retrouvés à 20h autour d’un temps de prière et de la piste d’échange « comment, dans nos réalités d’insertion, essayons nous d’être témoin d’Espérance ? »

    A Limoges, les communautés étaient invitées à inviter, dans la mesure du possible des personnes qui ressemblaient au vieillard Syméon et à la prophétesse Anne.

    De belles occasions de rendre grâce pour notre vocation, pour ce OUI donné et redonné chaque jour. Que le Seigneur nous donne la grâce d’avancer avec ESPÉRANCE, AUDACE et FOI dans les incertitudes de cet aujourd’hui  !

    Oui, comme l’écrit Ste Claire d’Assise, « La plus grande de toutes les grâces que nous avons reçues et que nous recevons chaque jour de notre grand bienfaiteur, le Père des miséricordes, celle dont nous devons être le plus reconnaissantes, c’est notre vocation ».

     

  • Quand Dieu provoque les rencontres !

    Pendant les vacances de la Toussaint, j’ai pu aller vivre deux jours dans l’Est Creuse. Joie des rencontres avec les communautés chrétiennes, des partages avec les prêtres, et de rencontres-cadeaux ! Beauté des paysages et des églises souvent ouvertes, grâce à des chrétiens discrets qui maintiennent ouverts ces lieux de recueillement.

    Les deux églises de Boussac Bourg

     

    Quelle expérience magnifique quand le Seigneur guide nos pas ! Après notre repas, je suis entrée dans l’église de Felletin. Un jeune entre, sac au dos. J’entame la conversation : « tu fais le chemin de St Jacques ?». S’en suit un partage de foi très fort, partage de questions. Il s’appelle M…, sait que c’est le 1er abbé de Cluny. Il aime entrer dans les églises… et il est entré parce qu’une personne lui a dit que là il trouverait des prises pour charger son portable ! Lui-même me dit : « Je crois que notre rencontre n’est pas due au hasard ! ».

    Et plus tard par texto : « Tout à l’heure, nous avions oublié de voir que derrière vous se trouvait la statue du Saint Curé d’Ars. Je suis allé à Ars, ce curé était bon et j’avais lu qu’après avoir été guidé par un jeune berger, il avait dit à ce dernier : « Je te montrerai les chemins du ciel ». C’est peut-être un peu de ce chemin que vous m’avez donné ».

    Je lui parle de l’aumônerie des étudiants. « On peut y venir sans être baptisé ? ». Oui !

    On finit en priant ensemble le notre Père, et le je vous salue Marie. On échange nos numéros, adresses mail. Les échanges se poursuivent encore aujourd’hui par mail : son chemin, ses questions, « comment faire pour aimer quand on le veut, mais qu’on ne peut plus avec une personne ». Et on a le projet de constituer un petit groupe de partage autour d’un évangile ou du youcath, avec quelques autres jeunes en recherche. D’abord en visio puis en présentiel quand ce sera possible.

    Laissons les églises ouvertes, mettons-y des prises… et des gens sur le chemin !

    Comme le dirait le Pape François, vivre « la joie de l’Evangile », « la spiritualité de la rencontre » !

    Claire, Petite Soeur de St François

  • La joie de la relation entre les Soeurs aînées et des Jeunes !

    voir la vidéo : des rayons de soleil !

  • Un Dieu en pandémie ?

    Un Dieu « anti-pandémique », un Dieu « post-pandémique »

    ou un Dieu « dans la pandémie » ?

    Michael P. Moore, Frère Mineur Franciscain (Hermano de la Provincia argentina San Francisco Solano, desde 1986. Actualmente reside en Salta, ciudad ubicada al norte de Argentina. Doctorado en Teología Fundamental por la Universidad Gregoriana de Roma).

    Publié dans Digital Religion le 27 mars. Traduit de l’espagnol par Jean Claude Sauzet.

    Adaptation libre et sous-titres par Guy Aurenche

    Il convient d’en parler.

    « A propos de ce dont on ne peut pas parler, il est mieux de garder le silence », a déclaré le philosophe autrichien L. Wittgenstein. Il faisait référence à des « thèmes » comme ceux que je veux réfléchir brièvement : Dieu, le monde, la liberté etc. « Ce dont vous ne pouvez pas parler … » Je pense qu’il vaut mieux essayer d’en dire quelque chose, avec respect, mais avec clarté et fermeté (du moins, avec la clarté et la fermeté que les choses de la foi nous permettent). Parce que ce qui est en jeu dans ces situations est – ni plus ni moins – que notre image de Dieu : qui est le dieu sur lequel ma foi est basée et comment se rapporte-t-elle à nos histoires ?

    Humainement, il est compréhensible que, dans des situations de grandes calamités, l’homme – d’hier et d’aujourd’hui – aille à Dieu ou aux divinités – quel que soit leur nom – pour résoudre ce que nous et les sciences ne pouvons pas résoudre …  surtout quand le plus beau cadeau que nous ayons est menacé : la vie.

    Que Dieu intervienne !

    Plus précisément, en ces jours où nous sommes sérieusement en proie à une pandémie, on voit, dans différents secteurs de l’Église – et je me réfère spécifiquement à l’Église catholique, à laquelle j’appartiens – des recours aux chaînes de prière, demandes d’intercession aux saints, prières devant des images (supposées) miraculeuses, etc.  De sorte que, par sa médiation, Dieu intervienne  et arrête le fléau, ou du moins réconforte le cœur brisé. Cette attitude suppose, à un niveau préconscient, que Dieu peut le faire et qu’il le fera peut-être, si nous insistons « avec beaucoup de foi ».

    Inévitablement, si nous réfléchissons un instant à cette position, nous nous retrouvons avec des invraisemblances qui ne font qu’infantiliser ou affaiblir la foi : si Dieu peut éviter ce malheur, pourquoi ne l’a-t-il pas fait avant ? (Nous supposons que nous avons déjà surmonté l’image d’un dieu qui a envoyé des malheurs comme punition ou comme défi).

    Dieu a-t-il besoin de nous pour le convaincre d’intervenir ?

    On donne à croire que nous sommes beaucoup plus miséricordieux et attentifs aux souffrances du monde que Dieu lui-même. (Voir sur ces sujets, le théologien espagnol A. Torres Queiruga, qui « définit » Dieu précisément comme « Anti-mal »). Cela implique que Dieu soit un Grand Magicien qui, du « ciel » et de temps en temps – très peu souvent, soit dit en passant – intervient à coups de baguette magique pour interrompre le cours des lois et des libertés et ainsi éviter la souffrance des hommes.

    C’est la responsabilité des hommes et pas de Dieu.

    Le COVID 19 existe parce que les virus font également partie d’un monde fini et toujours en évolution. Celle-ci est bien le seul moyen de création pour un créateur. Le frein à ce fléau dépend de la découverte du vaccin nécessaire, et c’est le travail et la responsabilité de l’homme, pas de Dieu.

    L’histoire est entre nos mains … et nos mains, soutenues par Dieu (si je peux me permettre une telle métaphore anthropomorphique ; c’est Dieu qui « fait » les hommes). Au motif que nous ne pouvons pas enlever au croyant son dernier espoir que « Dieu peut faire quelque chose » – si nous sommes nombreux à insister – nous offrons à l’homme un antidote que nous savons fausse, car cela ne le guérira pas. Cela ne me semble pas honnête. Une autre position – très différente – est celle du croyant qui sait qu’il est habité, soutenu et accompagné par l’Esprit et l’exprime dans sa prière ; ce croyant sait que sa vie est plongée dans une autre vie dont il est né et dans laquelle il reviendra. Il ne croit pas que la mort ait le dernier mot…. Même si, l’avant-dernier … est très douloureux !

    Ces brèves lignes auraient besoin de plus d’explications (par exemple, pour surmonter le fondamentalisme biblique), car il y a beaucoup d’enjeux. Nous traînons des années de catéchisme qui a condamné de nombreux croyants à l’infantilisme ou conduit  beaucoup d’autres à s’éloigner de Dieu. Nous devons marcher vers une foi adulte qui nous permette de dire un mot de la foi à la hauteur des circonstances actuelles. « Soyez toujours prêts à donner raison de votre espérance à tous ceux qui vous le demandent, mais faites-le avec humilité et respect » (1 P 3.15).

    Amour ou toute puissance ?

    Il est nécessaire d’arrêter de faire peser sur Dieu la responsabilité de freiner  ce mal qui sévit aujourd’hui chez de nombreux hommes et femmes. Dieu n’envoie pas de souffrances au monde ni, à proprement parler, ne les « autorise » pas, puisque cela supposerait de croire que, pouvant les éviter, Il ne le fait pas. « Quel père, quelle mère ne feraient pas tout ce qui est leur en pouvoir pour minimiser la douleur de leurs enfants ? » (A. Torres Queiruga). Si, comme nous les chrétiens l’affirmons, Dieu est amour, il serait contradictoire à son essence de penser qu’étant en mesure d’éviter la souffrance il ne le fait pas pour une raison « mystérieuse ». Par conséquent, clairement, nous devons repenser également le thème de la soi-disant « toute-puissance divine ». Mais je préfère dans cet espace répondre non pas à la discussion hypothétique et théorique, mais à un fait concret. J’ai donc intitulé ces lignes de l’idée d’un « Dieu post-pandémique ». Je m’explique.

    Face à la croix de Jésus.

    Nous, chrétiens, croyons que Dieu s’est révélé d’une manière complète – mais pas unique – dans l’histoire de Jésus de Nazareth dont la vie se termine par l’échec de la croix (J. I. González Faus) – nous omettons souvent la résurrection -. Au milieu de ce scénario de douleur, les évangélistes mettent dans la bouche de ceux qui contemplent le crucifié, une sorte de supplication, comme un défi : « Si c’est le Fils de Dieu qu’il descende  de la croix et ainsi nous croirons en lui … » (Mt 27, 40 ; Mc 15,31 ; Lc 23,35). Cette attitude est extrêmement compréhensible, j’ose dire « très humaine ». Je pense que c’est celle de chaque croyant – de n’importe quelle croyance – face au mystère de la douleur : demander à être descendu de la croix. C’est ici, me semble-t-il, qu’est née une grande partie de la nouveauté paradoxale du christianisme : parce que le Père ne descend pas son Fils bien-aimé de la croix, il meurt. Et il meurt souffrant, sans succès, seul, oscillant entre le désespoir (Mc 15, 34) et la remise confiante (Lc 23, 46).

    Alors, les chrétiens, c’est-à-dire nous qui mettons  le centre de notre foi dans l’histoire de Jésus, devons faire de la théologie après ce fait concret : Dieu ne l’a pas dé-cloué « miraculeusement » de la croix. Faire de la théologie, penser la foi à l’âge adulte signifie assumer ce fait dur de la réalité et se demander : s’il n’est pas intervenu dans le destin de son Fils – parce que cela aurait impliqué de violer la liberté des hommes qui avaient décidé que sa proposition était inutile – avons-nous le droit d’exiger qu’il le fasse dans nos histoires ?

    Il ne « saute » pas la mort.

    Sur la croix Il y a aussi une révélation : il nous est dit quelque chose d’important sur Dieu et sur la vie, sur les victimes et les bourreaux. La première évidence : notre Dieu respecte l’autonomie de ses créatures et de sa création ; et, deuxième évidence : le pouvoir scandaleux de l’injustice sur le bien, des bourreaux sur les victimes. Cependant cette violence n’a que l’avant-dernier mot. Chrétiens, nous croyons à la résurrection, comprise non pas comme la renaissance d’un cadavre, mais comme le triomphe de la vie sur la mort : Dieu a le dernier mot et relativise ainsi la puissance de la mort. Mais, n’oublions pas qu’il ne la « saute » pas mais il la traverse : Jésus se lève après sa mort.

    Le Père ne le descend pas de la croix et le sauve de la tombe. J’insiste sur ce point pour ne rien retirer de « l’obscurité » dense de la mort qui est la plus haute expression de notre fragilité. D’une certaine manière, Dieu nous « comprend » parce qu’il souffre la mort de son premier-né – et continue de souffrir chaque mort de chaque fils – ; mais, même souffrant, il ne fait pas le « miracle ». Et notez que les Juifs pieux ont dit que si ce présage s’était produit (qu’il soit descendu de la croix), ils croiraient en lui … D’autant plus que l’on peut se demander : Jésus n’est-il pas venu pour que nous croyions en lui, son message, et dans le Père. Alors qu’est-ce que cette « abstention » nous montre ? Pourquoi n’va-t-il pas fait ce « petit effort » et tout le monde aurait cru – hier et aujourd’hui – en lui ?

    Théologie en période de pandémie.

    Dieu ne négocie pas sa manière d’être et de travailler selon nos conditions. Notre foi ne peut pas dépendre de ces interventions pseudo-miraculeuses. Au moment où j’écris ces lignes, aujourd’hui et seulement en Italie (mi-mars 2020), plus de 600 personnes sont mortes, plus de 600 enfants de Dieu. Ce ne sont pas des chiffres ; ce sont des vies et ce sont des histoires. Et ce sont des familles qui sont détruites. Personnellement, je fais de la théologie après la croix, après la pandémie. Et je me demande – encore une fois – qui est et comment est mon Dieu. Et tout comme je n’ai pas demandé pour ma mère qu’Il la délivre de souffrir en mourant, je ne le ferai pas non plus aujourd’hui. Je découvre le Dieu en qui je crois, soutenant tant d’hommes et de femmes qui, dans ces moments risquent leur vie pour que d’autres vivent. Et je renouvelle – dans le clair-obscur de l’histoire, ma profession de foi pleine d’espoir qui me murmure : la mort n’a pas le dernier mot. Mais oui la mort a les avant-derniers mots qui sont un scandale et une souffrance extrême.

    J’essaie de réfléchir et d’inviter à une lecture de la foi sur cet événement douloureux dont souffre une grande partie de l’humanité. Pour les croyants et pour les chercheurs de sens, en ces moments de douleur, le regard du cœur se tourne vers le ciel en demandant pourquoi Dieu ne fait pas quelque chose ? Où est-il alors que tant de ses enfants se détruisent dans la douleur et glissent lentement vers la mort ? Y va-t-il vraiment un Dieu … et s’il existe, à quoi ressemble-t-il ? Ce sont des questions auxquelles je n’ai pas l’intention de répondre de manière exhaustive; mais en tant que croyant – et en tant que théologien – la vie et, en ce moment, son côté obscur, me mettent au défi de dire quelque chose qui me console, qui me soutienne, qui continue de m’encourager et qui ne se résout pas dans la position qui, (à mon avis semble un peu fidéiste) répète : face au mal, vous devez fermer les yeux et l’intelligence parce que c’est un mystère … comme Dieu l’est.

    Dieu souffre avec…

    Sans aucun doute, Dieu est essentiellement un mystère qui, même après s’être révélé, reste tel ; et  cela est exacerbé lorsque nous mettons en dialogue le couple Dieu-mal. Mais cela ne nous inhibe pas. Bien au contraire, je pense que cela nous pousse à essayer de dire quelque chose. Avec peur et tremblement. Mais quelque chose. Nous regardons dans le mystère, nous osons balbutier quelques mots, même s’ils sont provisoires. Si j’ai ainsi parlé d’un « Dieu anti-pandémique » et d’un « Dieu post-pandémique », j’aimerais maintenant essayer de découvrir quelque chose de Dieu au milieu de cette réalité : un « Dieu dans la pandémie ». La thèse est que d’une manière ou d’une autre – et j’insiste sur cette qualification – Dieu souffre dans et avec ceux qui souffrent de ce fléau, et Il sauve aussi avec et par tant de personnes qui risquent leur vie pour que d’autres vivent.

    Je suis conscient du risque d’anthropomorphisation que cela implique ; mais je préfère prendre ce risque plutôt que de postuler un Dieu indifférent et oisif, ou un Dieu miraculeux qui n’a pas encore décidé d’arrêter cette pandémie – parce que peut-être nous ne l’aurions pas encore convaincu sur la base des supplications et des offrandes -. Au moment où j’écris ceci, les victimes officiellement reconnues dépassent déjà de loin les 13 000. Parmi les nombreux textes bibliques que j’ai pu choisir comme déclencheur de cette réflexion, je veux m’arrêter à un seul, car je pense que c’est le plus explicite. Je fais référence au passage de Matthieu dit « du jugement dernier » Mt 25,31-46. Enveloppée dans le langage apocalyptique de l’époque, l’une des vérités les plus importantes du christianisme est contenue dans l’impossibilité de séparer l’amour de Dieu de l’amour de l’homme, et la nécessité de trouver Dieu en l’homme et l’homme en Dieu. Plus concrètement, le texte parle de l’homme qui souffre de maux différents : faim, pauvreté, exclusion, prison, maladie … et il est urgent d’étendre la liste à tant d’autres « nouvelles » souffrances que souffrent nos contemporains. Mais, pour le moment, il est significatif que Jésus parle spécifiquement du mal de la maladie. Et qu’il se déclare identifié à celui qui en souffre : « chaque fois qu’ils l’ont fait … ils me l’ont fait ». La clé est dans ce verset 40 : « pour moi » ; en effet, « le verre d’eau donné aux pauvres ne pourrait pas atteindre le Christ si la soif de ces pauvres ne l’avait pas atteint au préalable » (J. I. González Faus).

    Il y a une identification en vérité – si je peux être si audacieux –  et non d’abord comme un signe (sacramentel). Jésus ne dit pas « c’est comme s’ils me l’avaient fait », mais « ils me l’ont fait ». De là découle une première révélation : d’une manière ou d’une autre, Dieu souffre par son Fils dans la souffrance de chaque homme avec lequel il continue de s’identifier. Il y a une sorte de « prolongation » du Crucifié dans la chair blessée des hommes et des femmes encore crucifiés, aujourd’hui, dans cette pandémie. C’est pourquoi nous intitulons ces lignes « Dieu dans la pandémie », comme une invitation à essayer de découvrir où se trouve notre Dieu au milieu de cette nuit noire. Et la réponse qui découle du texte évangélique est : Dieu souffre avec celui qui souffre. Comme le prophète Isaïe proclame aussi : « dans toutes leurs afflictions, il a été affligé » (Is 63,9). Bien sûr, pour beaucoup, cela ne suffit pas. Parce qu’ils préféreraient non pas un Dieu qui souffre avec eux mais un Dieu qui évite la souffrance, qui ne souffre pas ou ne permet pas la souffrance. C’est humainement compréhensible. Mais est-ce cela qui est révélé dans le Crucifié ? Pour cette raison, comme nous l’avons suggéré, le thème de ce mal concret nous invite à repenser qui est le Dieu auquel nous croyons.

    Éviter la souffrance de Dieu dans l’histoire.

    Dans le texte que nous commentons, une autre révélation scandaleuse est proposée comme réponse : Dieu est présent non pas comme celui qui évite la douleur du monde, mais comme celui qui la souffre et la supporte et, par conséquent, c’est l’homme qui est appelé à éviter la souffrance de Dieu dans l’histoire. La question que l’homme adresse au ciel au milieu de sa douleur, « pourquoi ne faites-vous pas quelque chose ? », Dieu la renvoie à l’homme par son identification avec la victime. Et de là, il nous demande de soulager sa douleur, qui est la même que celle de sa créature. Dieu est celui qui souffre et c’est l’homme qui est appelé à donner le verre d’eau pour étancher sa soif, qui est la même que celle des assoiffés. Aujourd’hui, c’est l’homme qui est appelé d’urgence à aider – par tous les moyens possibles – dans cette pandémie. Ainsi, encore une fois, la discrétion « insupportable » de Dieu se révèle à nous (Ch. Duquoc) qui affirme l’autonomie totale de l’histoire et qui n’intervient qu’avec l’appel silencieux de son amour. Dieu comme solidarité qui accompagne, et non pas comme puissance qui intervient et revendique (J. I. González Faus). Ou qui ne le fait qu’à travers tant et tant de gens qui, dans ces moments précis, risquent leur vie au profit d’un autre … généralement inconnu. Une gratuité totale. Et peu importe au nom de qui ils font ce qu’ils font : cela est clair dans le passage de Matthieu. Tous déclarent qu’ils n’ont pas rencontré Dieu, c’est-à-dire qu’ils n’aident pas «au nom de Dieu ». Cependant, le salut y est en jeu. Et je veux étendre le sens de ce mot si ambigu dans le langage de la foi, vers l’au-delà : vivre sauvé, ici et maintenant, signifie avoir trouvé un sens complet à la vie. Au risque de perdre la sienne.

    La réalité insolente du mal et de la douleur dans le monde – qui provient aujourd’hui du virus COVID 19 – pousse le scandale et la protestation de la foi, à douter plutôt qu’à consentir. Mais cela peut aussi être l’occasion de purifier cette même foi et de découvrir ce qui est essentiel en elle. Pour ma part, je voudrais conclure, avec l’exhortation que Jésus lui-même nous fait : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » (Mt 9,13 ; 12,7). Tant que Dieu ne deviendra pas « tout en tous » (1 Co 15, 28), la souffrance continuera dans le monde. En attendant, il s’agit de découvrir un « Dieu en pandémie » et de pratiquer la miséricorde, pour soulager notre douleur, qui est la sienne.

  • Une bibliothèque de rue au village

    Petite Sœur Prisca, tu t’es passionnée pour l’idée de lancer une bibliothèque de rue à N’gotto. D’où t’est venue cette idée et en quoi consiste t-elle ?
    Dans le cadre de ma formation de médiatrice socio-culturelle, il m’avait été demandé d’aller sur le terrain, en lien avec ATD Quart-Monde. J’avais travaillé dans deux lieux: le village KOULAMANDJA à 22 km de BANGUI et le quartier Boeing, proche de l’aéroport. Chaque mardi et jeudi, j’étais là pour faire des activités avec les enfants. Nous avions pour priorité les enfants qui n’allaient pas à l’école. J’ai appris à rassembler les enfants autour d’un livre. Lors de l’animation, ils peuvent feuilleter les livres, les albums… Il y a toujours un temps de partage et d’échange sur leurs découvertes. L’animation ne se limite pas aux livres. On danse ! Il y a des contes, des devinettes, des jeux de connaissance, des sketchs… tout ce qui peut éveiller des enfants qui ne vont pas à l’école.

    En arrivant à NGOTTO, j’ai constaté un grand nombre d’enfants non scolarisés. Cela m’a donné envie d’initier la bibliothèque de rue. A la rentrée scolaire, en septembre, j’ai réuni les enfants et commencé quelques activités. Ils sont venus, ils s’intéressaient. Avec ma fraternité, nous avons réfléchi comment mettre ce groupe en place, par quels moyens… Nous en avons parlé à la paroisse et dans les autres Eglises, ainsi qu’aux mamans de la Coopérative Frère Soleil.

    Aujourd’hui, la Bibliothèque de rue de N’gotto est bien implantée. Quels enfants sont touchés? Où les réunis-tu?

    Je vise surtout les plus démunis, mais bien sûr, tous sont attirés et viennent. Ca se passe dans l’espace proche de la paroisse ou au terrain de football, mais je pense aller aussi dans les quartiers en sollicitant un espace dans des familles. Quand nous arrivons dans un endroit, nous étalons une grande natte… et on commence à chanter, à danser. Les enfants arrivent de tous côtés. Ça se passe le dimanche après-midi.
    J’ai constitué une petite équipe de quelques jeunes qui sont intéressés et qui se lancent peu à peu dans l’animation : William, jeune papa, membre d’une Eglise protestante et responsable d’un groupe de scouts, Anselme, Gertrude et Liliane, des jeunes collégiens qui ont envie d’aider leurs cadets et qui s’intéressent aux livres.
    Je choisis des albums ou des livres d’histoires illustrés, et je raconte en sango, la langue nationale (alors qu’en famille, les enfants parlent le dialecte local, le bofi). C’est une activité inhabituelle. Même à l’école, les livres sont rares. Ils découvrent des choses nouvelles.

    Quelques exemples: l’histoire de Cendrillon leur a dit beaucoup de choses, dans ce milieu où les enfants travaillent beaucoup et où beaucoup vivent hors du foyer familial (orphelins ou placés chez un parent). Un documentaire sur la vie de la chèvre et ses petits : ici, au village, on vit au milieu des cabris en liberté, alors ça intéresse… L’histoire d’un enfant qui aime le foot, mais qui est maladroit : les ballons sont rares au village et font beaucoup d’envieux, c’est la distraction préférée des garçons. L’histoire du lion qui vit seul mais qui cherche comment se faire des amis : toute une réflexion sur la vie de groupe… Et puis ensuite, quand la lecture est finie, on anime le quartier, on chante, on danse ensemble !…

    Ta mission t’amène à travailler à la paroisse avec les enfants et les jeunes, avec les enfants pygmées akas, et aussi avec les femmes et les jeunes mamans dans le cadre de la Coopérative frère Soleil. Quel lien vois-tu avec cette bibliothèque de rue?

    Oui, partout c’est la même optique. A la paroisse, nous organisons des temps de formation et des temps de détente avec les jeunes, des sorties. Je m’occupe aussi des enfants Akas qui sont scolarisés à NGOTTO pour leur suivi et leur nourriture. Du côté des femmes, il s’agit de la formation intégrale et humaine, le partage des savoirs et les activités manuelles faites ensemble dans l’esprit de la coopérative. Dans tous ces lieux, c’est le même esprit de partage et de rencontre.
    Nous nous excusons pour la mauvaise qualité des photos. Le confinement et la difficulté des outils de communication en Centrafrique compliquent la diffusion des photos.

  • Quand les premiers rayons du soleil arrivent…

    Quand les premiers rayons de soleil arrivent, qu’il nous est bon de repartir vers les jardins familiaux. Ceux-ci sont situés à 3 km de notre maison. Il y a une centaine de parcelles, nous en avons une ! C’est la joie de retrouver une diversité de présences, beaucoup de familles turques ! Chaque année nous donne de connaître de nouveaux visages.

              C’est le partage d’un savoir-faire en ayant le souci de l’écologie :

    *Récupération de l’eau de pluie. L’arrosage s’effectue simplement avec des arrosoirs.

    * La terre n’est pas travaillée avec du matériel motorisé.

    *L’entraide se vit pour ceux qui ne peuvent plus préparer le terrain.

    *La ville nous aide par l’apport de feuilles mortes, de la paille, du terreau…

    *Chacun fait son propre compost.

    *Les échanges divers : -graines, -plans, -partage de fruits, légumes…

    *La plupart ont le désir d’avoir des fleurs. Delà notre maison est toujours égayée de multiples bouquets qui sont appréciés par ceux qui nous visitent !

    *L’information passe bien pour annoncer la maladie ou le décès des uns et des autres !

    * A la fraternité il est apprécié de goûter des légumes et fruits du jardin.

    *Au cœur de cette nature il s’y vit un climat simple, de bonne humeur, de joies et peines partagées.

    * Avec cette période de confinement, nous ne pouvons pas nous rendre au jardin vu les distances ! Nous gardons des contacts téléphoniques !

         Voilà un petit écho de cette vie aux jardins familiaux de Lorient.

                                                                        Mado, Gisèle