• L’aventure d’une neuvaine à Padre Pio

    A l’occasion de la fête de saint Padre Pio, du 15 au 23 septembre, des membres de la famille franciscaine ont été sollicités par le site de prière en ligne Hozana pour créer une neuvaine à Padre Pio ! Joie de travailler en famille franciscaine autour de ce grand Saint Franciscain. Plus de 11 000 personnes ont participé à cet itinéraire spirituel à partir de la vie de ce saint qui nous parle aujourd’hui !

    Pour redécouvrir la neuvaine

    Qui est Padre Pio ?

    Padre Pio (1887-1968), prêtre capucin et qui se considérait donc comme « Fils de Saint François », a été béatifié par Jean-Paul II le 2 mai 1999, puis canonisé le 16 juin 2002. Il est fêté le 23 septembre.

    Seul prêtre à avoir reçu et porté pendant plus de 50 ans les stigmates de Notre-Seigneur (qui lui confia la mission suivante :  » Sanctifie-toi et sanctifie les autres « ), il est probablement un des saints dont la vie est la plus extraordinaire de l’histoire de l’Église.

    Le Pape Benoit XVI nous adonné une éclatante explication de ce que Padre Pio peut apporter aux hommes de notre temps :

    « La première préoccupation de Padre Pio a été que les personnes retournent à Dieu, qu’elles puissent expérimenter sa miséricorde et, intérieurement renouvelées, qu’elles redécouvrent la beauté et la joie d’être chrétiens, de vivre en communion avec Jésus, d’appartenir à son Eglise et de pratiquer l’Évangile ».

     Et le pape Benoit XV, du vivant du saint, en 1921, déclarait déjà :

    « Vraiment Padre Pio est un homme extraordinaire, un de ceux que Dieu envoie de temps en temps sur la terre, pour convertir les hommes ».

     

    Prière de Jean Paul II à Padre Pio

    PADRE PIO, nous te prions de nous enseigner l’humilité de cœur, afin de pouvoir être comptés au nombre des tout-petits de l’Évangile auxquels le PÈRE a promis de révéler les mystères de son Royaume. Aide-nous à prier sans jamais nous lasser, assurés que DIEU connaît ce dont nous avons besoin avant encore que nous le demandions. Obtiens pour nous d’avoir un regard de foi capable de reconnaître immédiatement chez les pauvres et les personnes qui souffrent, le visage même de JÉSUS. Soutiens-nous à l’heure du combat et de l’épreuve et, si nous chutons, fais en sorte que nous fassions l’expérience de la joie du sacrement du Pardon. Communique-nous ta tendre dévotion à l’égard de MARIE, Mère de JÉSUS et notre Mère. Accompagne-nous dans le pèlerinage terrestre vers la Patrie bienheureuse, où nous espérons parvenir afin de contempler pour l’éternité la Gloire du PÈRE, du FILS et de l’ESPRIT-SAINT.

  • St François, Frère universel

    Pour saint François

    qui chante l’œuvre de tes mains, béni sois-tu !

    Accorde-nous de découvrir à notre tour,

    dans la beauté de l’univers, un reflet de ta bonté.

    Pour saint François

    qui embrasse le lépreux, béni sois-tu !

    Accorde-nous de reconnaître dans l’exclu, le rejeté,

    notre Seigneur et notre frère.

    Pour saint François

    qui relève ton Église, béni sois-tu !

    Accorde-nous de la servir avec amour,

    suscite encore en ce temps-ci des prophètes et des saints.

    Pour saint François

    qui se dépouille de tous ses biens, béni sois-tu !

    Accorde-nous de vivre avec la même allégresse

    la pauvreté selon l’Évangile.

    Pour saint François

    qui nous enseigne la joie parfaite, béni sois-tu !

    Accorde-nous de nous ouvrir à la grâce de cette joie

    quand l’humiliation ou la souffrance nous visitent.

    Pour saint François

    qui porte en son corps les blessures du Christ, béni sois-tu !

    Accorde-nous de nous laisser saisir par Jésus crucifié

    et de parvenir avec tous nos frères à la gloire de sa résurrection.

  • Christ notre lumière, par notre Petite Soeur Adèle

    Adèle va vivre son engagement définitif dans la Congrégation des Petites Soeurs de St François le 4 octobre prochain.

    Elle nous partage le symbole qu’elle a choisi.

    J’ai choisi cette lampe comme symbole de ma vie.

    Que signifie pour moi  cette lampe ? et pour nous tous ?

    Cette lampe est quelque chose qui nous éclaire tous la nuit, on ne peut pas s’en passer. Jésus Christ, en venant dans le monde, est la Lumière du monde (Jean 12,46).

    Christ ressuscité le troisième jour, nous offre la lumière de Pâques qui est le sommet de notre vie de foi.

    Lors de mon baptême, j’avais reçu la lumière du Christ, qui m’a guidée sur mon chemin.

    Aujourd’hui, que cette lampe que je tiens entre mes mains soit la lumière qui illumine ma vie religieuse. La lumière capable de briser les forces du mal et de me revêtir du Christ, lumière de ma vie. Afin que je puisse être inondée et illuminée de sa lumière, source de paix, de joie, d’amour.

    Et que je sois comme une lampe auprès de ceux à qui le Seigneur m’enverra.

    Christ, lumière, sois ma lampe, jour après jour.

  • La miséricorde de Dieu chez St François et Mère Joséphine

    « Jésus Christ est le visage de la miséricorde du Père » Pape François, dans sa bulle « le visage de la miséricorde »

    « Je ne peux que vous dire d’être plus confiante en sa Miséricorde infinie et ne pas vous lais­ser aller à une crainte qui pourrait vous conduire au découragement qui déplaît tant au Coeur Adorable de Jésus. Quand vous auriez fait tous les péchés qu’une pauvre petite créature peut commettre sur la terre, vous devriez encore, malgré tous, ces péchés, avoir plus de confiance que de crainte. Donnez à Jésus des preu­ves de votre amour par une confiance toute d’amour et accompagnée d’une humilité profonde, d’une reconnaissance sans borne, en pensant à toutes les grâces que le bon Dieu a bien voulu vous donner de préférence à tant d’autres et remerciez-Le de vous avoir préservée de tant de péchés que vous auriez pu commettre s’Il ne vous avait pas entourée de tant de grâces et de bienfaits. »                                                         

    Mère Joséphine dans une de ses lettres.

    St François… un Dieu miséricordieux qui se penche sur l’homme misérable… :

    « Tu es notre espérance, tu es notre foi, tu es notre charité, tu es toute notre douceur, tu es notre vie éternelle, grand et admirable Seigneur, Dieu tout-puissant, miséricordieux Sauveur. » Louanges de Dieu

    « Dieu tout-puissant, éternel, juste et miséricordieux, donne-nous, à nous misérables, à cause de toi-même, de faire ce que nous savons que tu veux, et de toujours vouloir ce qui te plaît, (51) afin qu’intérieurement purifiés, intérieurement illuminés et embrasés du feu de l’Esprit-Saint, nous puissions suivre les traces de ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, (52) et par ta seule grâce parvenir jusqu’à toi, Très-Haut, qui, en Trinité parfaite et en simple Unité, vis et règnes et es glorifié, Dieu tout-puissant, pour tous les siècles des siècles. Amen. » Fin de la lettre à tout l’Ordre

    « Que le Seigneur te bénisse et te garde ; qu’il te montre sa face et qu’il te fasse miséricorde. Qu’il tourne son visage vers toi et te donne la paix. Que le Seigneur te bénisse, toi, frère Léon. »

    « Le Seigneur Dieu nous sauvera par sa seule miséricorde » 1ère règle, chapitre 23

    « Dieu a envoyé sa miséricorde et sa vérité, il a arraché mon âme à mes ennemis très forts et à ceux qui me haïssent, car ils ont uni leurs forces contre moi. » Psaume 3 de St François

    « Le Seigneur a fait connaître son salut, sous le regard des peuples il a révélé sa justice. En ce jour-là le Seigneur envoya sa miséricorde, et durant la nuit son cantique. » Psaumes 9 et 15 de St François

    « Pour toi, mon aide, je chanterai un psaume, car, Dieu, tu es mon soutien, mon Dieu, ma miséricorde. » Psaumes 11 et 12 de St François

    « Exauce-moi, Seigneur, car bienveillante est ta miséricorde, selon l’immensité de ta pitié regarde vers moi' ». Psaume 12 de St François

    « Et pardonne-nous nos offenses par ta miséricorde ineffable…  » du Notre Père paraphrasé

    « Va et toi aussi, fais de même » Luc 10,37

    « Le Seigneur me donna ainsi à moi, frère François, de commencer à faire pénitence : lorsque j’étais dans les péchés, il me semblait extrêmement amer de voir des lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je leur fis miséricorde. » De son testament

    « Que ceux qui ont reçu le pouvoir de juger les autres exercent le jugement avec miséricorde, comme ils veulent obtenir eux-mêmes miséricorde du Seigneur. » de la lettre aux fidèles (2)

    « Où sont miséricorde et discernement, là pas de superflu ni de dureté de cœur. » Admonition 27

    « Qu’il n’y ait au monde aucun frère qui ait péché autant qu’il aura pu pécher et qui, après avoir vu tes yeux, ne s’en aille jamais sans ta miséricorde, s’il demande miséricorde. Et s’il ne demandait pas miséricorde, toi, demande-lui s’il veut la miséricorde. Et si après cela il péchait mille fois devant tes yeux, aime-le plus que moi pour l’attirer au Seigneur ; et aie toujours pitié de tels frères ». De la lettre à un ministre

     

     

     

  • Un Dieu en pandémie ?

    Un Dieu « anti-pandémique », un Dieu « post-pandémique »

    ou un Dieu « dans la pandémie » ?

    Michael P. Moore, Frère Mineur Franciscain (Hermano de la Provincia argentina San Francisco Solano, desde 1986. Actualmente reside en Salta, ciudad ubicada al norte de Argentina. Doctorado en Teología Fundamental por la Universidad Gregoriana de Roma).

    Publié dans Digital Religion le 27 mars. Traduit de l’espagnol par Jean Claude Sauzet.

    Adaptation libre et sous-titres par Guy Aurenche

    Il convient d’en parler.

    « A propos de ce dont on ne peut pas parler, il est mieux de garder le silence », a déclaré le philosophe autrichien L. Wittgenstein. Il faisait référence à des « thèmes » comme ceux que je veux réfléchir brièvement : Dieu, le monde, la liberté etc. « Ce dont vous ne pouvez pas parler … » Je pense qu’il vaut mieux essayer d’en dire quelque chose, avec respect, mais avec clarté et fermeté (du moins, avec la clarté et la fermeté que les choses de la foi nous permettent). Parce que ce qui est en jeu dans ces situations est – ni plus ni moins – que notre image de Dieu : qui est le dieu sur lequel ma foi est basée et comment se rapporte-t-elle à nos histoires ?

    Humainement, il est compréhensible que, dans des situations de grandes calamités, l’homme – d’hier et d’aujourd’hui – aille à Dieu ou aux divinités – quel que soit leur nom – pour résoudre ce que nous et les sciences ne pouvons pas résoudre …  surtout quand le plus beau cadeau que nous ayons est menacé : la vie.

    Que Dieu intervienne !

    Plus précisément, en ces jours où nous sommes sérieusement en proie à une pandémie, on voit, dans différents secteurs de l’Église – et je me réfère spécifiquement à l’Église catholique, à laquelle j’appartiens – des recours aux chaînes de prière, demandes d’intercession aux saints, prières devant des images (supposées) miraculeuses, etc.  De sorte que, par sa médiation, Dieu intervienne  et arrête le fléau, ou du moins réconforte le cœur brisé. Cette attitude suppose, à un niveau préconscient, que Dieu peut le faire et qu’il le fera peut-être, si nous insistons « avec beaucoup de foi ».

    Inévitablement, si nous réfléchissons un instant à cette position, nous nous retrouvons avec des invraisemblances qui ne font qu’infantiliser ou affaiblir la foi : si Dieu peut éviter ce malheur, pourquoi ne l’a-t-il pas fait avant ? (Nous supposons que nous avons déjà surmonté l’image d’un dieu qui a envoyé des malheurs comme punition ou comme défi).

    Dieu a-t-il besoin de nous pour le convaincre d’intervenir ?

    On donne à croire que nous sommes beaucoup plus miséricordieux et attentifs aux souffrances du monde que Dieu lui-même. (Voir sur ces sujets, le théologien espagnol A. Torres Queiruga, qui « définit » Dieu précisément comme « Anti-mal »). Cela implique que Dieu soit un Grand Magicien qui, du « ciel » et de temps en temps – très peu souvent, soit dit en passant – intervient à coups de baguette magique pour interrompre le cours des lois et des libertés et ainsi éviter la souffrance des hommes.

    C’est la responsabilité des hommes et pas de Dieu.

    Le COVID 19 existe parce que les virus font également partie d’un monde fini et toujours en évolution. Celle-ci est bien le seul moyen de création pour un créateur. Le frein à ce fléau dépend de la découverte du vaccin nécessaire, et c’est le travail et la responsabilité de l’homme, pas de Dieu.

    L’histoire est entre nos mains … et nos mains, soutenues par Dieu (si je peux me permettre une telle métaphore anthropomorphique ; c’est Dieu qui « fait » les hommes). Au motif que nous ne pouvons pas enlever au croyant son dernier espoir que « Dieu peut faire quelque chose » – si nous sommes nombreux à insister – nous offrons à l’homme un antidote que nous savons fausse, car cela ne le guérira pas. Cela ne me semble pas honnête. Une autre position – très différente – est celle du croyant qui sait qu’il est habité, soutenu et accompagné par l’Esprit et l’exprime dans sa prière ; ce croyant sait que sa vie est plongée dans une autre vie dont il est né et dans laquelle il reviendra. Il ne croit pas que la mort ait le dernier mot…. Même si, l’avant-dernier … est très douloureux !

    Ces brèves lignes auraient besoin de plus d’explications (par exemple, pour surmonter le fondamentalisme biblique), car il y a beaucoup d’enjeux. Nous traînons des années de catéchisme qui a condamné de nombreux croyants à l’infantilisme ou conduit  beaucoup d’autres à s’éloigner de Dieu. Nous devons marcher vers une foi adulte qui nous permette de dire un mot de la foi à la hauteur des circonstances actuelles. « Soyez toujours prêts à donner raison de votre espérance à tous ceux qui vous le demandent, mais faites-le avec humilité et respect » (1 P 3.15).

    Amour ou toute puissance ?

    Il est nécessaire d’arrêter de faire peser sur Dieu la responsabilité de freiner  ce mal qui sévit aujourd’hui chez de nombreux hommes et femmes. Dieu n’envoie pas de souffrances au monde ni, à proprement parler, ne les « autorise » pas, puisque cela supposerait de croire que, pouvant les éviter, Il ne le fait pas. « Quel père, quelle mère ne feraient pas tout ce qui est leur en pouvoir pour minimiser la douleur de leurs enfants ? » (A. Torres Queiruga). Si, comme nous les chrétiens l’affirmons, Dieu est amour, il serait contradictoire à son essence de penser qu’étant en mesure d’éviter la souffrance il ne le fait pas pour une raison « mystérieuse ». Par conséquent, clairement, nous devons repenser également le thème de la soi-disant « toute-puissance divine ». Mais je préfère dans cet espace répondre non pas à la discussion hypothétique et théorique, mais à un fait concret. J’ai donc intitulé ces lignes de l’idée d’un « Dieu post-pandémique ». Je m’explique.

    Face à la croix de Jésus.

    Nous, chrétiens, croyons que Dieu s’est révélé d’une manière complète – mais pas unique – dans l’histoire de Jésus de Nazareth dont la vie se termine par l’échec de la croix (J. I. González Faus) – nous omettons souvent la résurrection -. Au milieu de ce scénario de douleur, les évangélistes mettent dans la bouche de ceux qui contemplent le crucifié, une sorte de supplication, comme un défi : « Si c’est le Fils de Dieu qu’il descende  de la croix et ainsi nous croirons en lui … » (Mt 27, 40 ; Mc 15,31 ; Lc 23,35). Cette attitude est extrêmement compréhensible, j’ose dire « très humaine ». Je pense que c’est celle de chaque croyant – de n’importe quelle croyance – face au mystère de la douleur : demander à être descendu de la croix. C’est ici, me semble-t-il, qu’est née une grande partie de la nouveauté paradoxale du christianisme : parce que le Père ne descend pas son Fils bien-aimé de la croix, il meurt. Et il meurt souffrant, sans succès, seul, oscillant entre le désespoir (Mc 15, 34) et la remise confiante (Lc 23, 46).

    Alors, les chrétiens, c’est-à-dire nous qui mettons  le centre de notre foi dans l’histoire de Jésus, devons faire de la théologie après ce fait concret : Dieu ne l’a pas dé-cloué « miraculeusement » de la croix. Faire de la théologie, penser la foi à l’âge adulte signifie assumer ce fait dur de la réalité et se demander : s’il n’est pas intervenu dans le destin de son Fils – parce que cela aurait impliqué de violer la liberté des hommes qui avaient décidé que sa proposition était inutile – avons-nous le droit d’exiger qu’il le fasse dans nos histoires ?

    Il ne « saute » pas la mort.

    Sur la croix Il y a aussi une révélation : il nous est dit quelque chose d’important sur Dieu et sur la vie, sur les victimes et les bourreaux. La première évidence : notre Dieu respecte l’autonomie de ses créatures et de sa création ; et, deuxième évidence : le pouvoir scandaleux de l’injustice sur le bien, des bourreaux sur les victimes. Cependant cette violence n’a que l’avant-dernier mot. Chrétiens, nous croyons à la résurrection, comprise non pas comme la renaissance d’un cadavre, mais comme le triomphe de la vie sur la mort : Dieu a le dernier mot et relativise ainsi la puissance de la mort. Mais, n’oublions pas qu’il ne la « saute » pas mais il la traverse : Jésus se lève après sa mort.

    Le Père ne le descend pas de la croix et le sauve de la tombe. J’insiste sur ce point pour ne rien retirer de « l’obscurité » dense de la mort qui est la plus haute expression de notre fragilité. D’une certaine manière, Dieu nous « comprend » parce qu’il souffre la mort de son premier-né – et continue de souffrir chaque mort de chaque fils – ; mais, même souffrant, il ne fait pas le « miracle ». Et notez que les Juifs pieux ont dit que si ce présage s’était produit (qu’il soit descendu de la croix), ils croiraient en lui … D’autant plus que l’on peut se demander : Jésus n’est-il pas venu pour que nous croyions en lui, son message, et dans le Père. Alors qu’est-ce que cette « abstention » nous montre ? Pourquoi n’va-t-il pas fait ce « petit effort » et tout le monde aurait cru – hier et aujourd’hui – en lui ?

    Théologie en période de pandémie.

    Dieu ne négocie pas sa manière d’être et de travailler selon nos conditions. Notre foi ne peut pas dépendre de ces interventions pseudo-miraculeuses. Au moment où j’écris ces lignes, aujourd’hui et seulement en Italie (mi-mars 2020), plus de 600 personnes sont mortes, plus de 600 enfants de Dieu. Ce ne sont pas des chiffres ; ce sont des vies et ce sont des histoires. Et ce sont des familles qui sont détruites. Personnellement, je fais de la théologie après la croix, après la pandémie. Et je me demande – encore une fois – qui est et comment est mon Dieu. Et tout comme je n’ai pas demandé pour ma mère qu’Il la délivre de souffrir en mourant, je ne le ferai pas non plus aujourd’hui. Je découvre le Dieu en qui je crois, soutenant tant d’hommes et de femmes qui, dans ces moments risquent leur vie pour que d’autres vivent. Et je renouvelle – dans le clair-obscur de l’histoire, ma profession de foi pleine d’espoir qui me murmure : la mort n’a pas le dernier mot. Mais oui la mort a les avant-derniers mots qui sont un scandale et une souffrance extrême.

    J’essaie de réfléchir et d’inviter à une lecture de la foi sur cet événement douloureux dont souffre une grande partie de l’humanité. Pour les croyants et pour les chercheurs de sens, en ces moments de douleur, le regard du cœur se tourne vers le ciel en demandant pourquoi Dieu ne fait pas quelque chose ? Où est-il alors que tant de ses enfants se détruisent dans la douleur et glissent lentement vers la mort ? Y va-t-il vraiment un Dieu … et s’il existe, à quoi ressemble-t-il ? Ce sont des questions auxquelles je n’ai pas l’intention de répondre de manière exhaustive; mais en tant que croyant – et en tant que théologien – la vie et, en ce moment, son côté obscur, me mettent au défi de dire quelque chose qui me console, qui me soutienne, qui continue de m’encourager et qui ne se résout pas dans la position qui, (à mon avis semble un peu fidéiste) répète : face au mal, vous devez fermer les yeux et l’intelligence parce que c’est un mystère … comme Dieu l’est.

    Dieu souffre avec…

    Sans aucun doute, Dieu est essentiellement un mystère qui, même après s’être révélé, reste tel ; et  cela est exacerbé lorsque nous mettons en dialogue le couple Dieu-mal. Mais cela ne nous inhibe pas. Bien au contraire, je pense que cela nous pousse à essayer de dire quelque chose. Avec peur et tremblement. Mais quelque chose. Nous regardons dans le mystère, nous osons balbutier quelques mots, même s’ils sont provisoires. Si j’ai ainsi parlé d’un « Dieu anti-pandémique » et d’un « Dieu post-pandémique », j’aimerais maintenant essayer de découvrir quelque chose de Dieu au milieu de cette réalité : un « Dieu dans la pandémie ». La thèse est que d’une manière ou d’une autre – et j’insiste sur cette qualification – Dieu souffre dans et avec ceux qui souffrent de ce fléau, et Il sauve aussi avec et par tant de personnes qui risquent leur vie pour que d’autres vivent.

    Je suis conscient du risque d’anthropomorphisation que cela implique ; mais je préfère prendre ce risque plutôt que de postuler un Dieu indifférent et oisif, ou un Dieu miraculeux qui n’a pas encore décidé d’arrêter cette pandémie – parce que peut-être nous ne l’aurions pas encore convaincu sur la base des supplications et des offrandes -. Au moment où j’écris ceci, les victimes officiellement reconnues dépassent déjà de loin les 13 000. Parmi les nombreux textes bibliques que j’ai pu choisir comme déclencheur de cette réflexion, je veux m’arrêter à un seul, car je pense que c’est le plus explicite. Je fais référence au passage de Matthieu dit « du jugement dernier » Mt 25,31-46. Enveloppée dans le langage apocalyptique de l’époque, l’une des vérités les plus importantes du christianisme est contenue dans l’impossibilité de séparer l’amour de Dieu de l’amour de l’homme, et la nécessité de trouver Dieu en l’homme et l’homme en Dieu. Plus concrètement, le texte parle de l’homme qui souffre de maux différents : faim, pauvreté, exclusion, prison, maladie … et il est urgent d’étendre la liste à tant d’autres « nouvelles » souffrances que souffrent nos contemporains. Mais, pour le moment, il est significatif que Jésus parle spécifiquement du mal de la maladie. Et qu’il se déclare identifié à celui qui en souffre : « chaque fois qu’ils l’ont fait … ils me l’ont fait ». La clé est dans ce verset 40 : « pour moi » ; en effet, « le verre d’eau donné aux pauvres ne pourrait pas atteindre le Christ si la soif de ces pauvres ne l’avait pas atteint au préalable » (J. I. González Faus).

    Il y a une identification en vérité – si je peux être si audacieux –  et non d’abord comme un signe (sacramentel). Jésus ne dit pas « c’est comme s’ils me l’avaient fait », mais « ils me l’ont fait ». De là découle une première révélation : d’une manière ou d’une autre, Dieu souffre par son Fils dans la souffrance de chaque homme avec lequel il continue de s’identifier. Il y a une sorte de « prolongation » du Crucifié dans la chair blessée des hommes et des femmes encore crucifiés, aujourd’hui, dans cette pandémie. C’est pourquoi nous intitulons ces lignes « Dieu dans la pandémie », comme une invitation à essayer de découvrir où se trouve notre Dieu au milieu de cette nuit noire. Et la réponse qui découle du texte évangélique est : Dieu souffre avec celui qui souffre. Comme le prophète Isaïe proclame aussi : « dans toutes leurs afflictions, il a été affligé » (Is 63,9). Bien sûr, pour beaucoup, cela ne suffit pas. Parce qu’ils préféreraient non pas un Dieu qui souffre avec eux mais un Dieu qui évite la souffrance, qui ne souffre pas ou ne permet pas la souffrance. C’est humainement compréhensible. Mais est-ce cela qui est révélé dans le Crucifié ? Pour cette raison, comme nous l’avons suggéré, le thème de ce mal concret nous invite à repenser qui est le Dieu auquel nous croyons.

    Éviter la souffrance de Dieu dans l’histoire.

    Dans le texte que nous commentons, une autre révélation scandaleuse est proposée comme réponse : Dieu est présent non pas comme celui qui évite la douleur du monde, mais comme celui qui la souffre et la supporte et, par conséquent, c’est l’homme qui est appelé à éviter la souffrance de Dieu dans l’histoire. La question que l’homme adresse au ciel au milieu de sa douleur, « pourquoi ne faites-vous pas quelque chose ? », Dieu la renvoie à l’homme par son identification avec la victime. Et de là, il nous demande de soulager sa douleur, qui est la même que celle de sa créature. Dieu est celui qui souffre et c’est l’homme qui est appelé à donner le verre d’eau pour étancher sa soif, qui est la même que celle des assoiffés. Aujourd’hui, c’est l’homme qui est appelé d’urgence à aider – par tous les moyens possibles – dans cette pandémie. Ainsi, encore une fois, la discrétion « insupportable » de Dieu se révèle à nous (Ch. Duquoc) qui affirme l’autonomie totale de l’histoire et qui n’intervient qu’avec l’appel silencieux de son amour. Dieu comme solidarité qui accompagne, et non pas comme puissance qui intervient et revendique (J. I. González Faus). Ou qui ne le fait qu’à travers tant et tant de gens qui, dans ces moments précis, risquent leur vie au profit d’un autre … généralement inconnu. Une gratuité totale. Et peu importe au nom de qui ils font ce qu’ils font : cela est clair dans le passage de Matthieu. Tous déclarent qu’ils n’ont pas rencontré Dieu, c’est-à-dire qu’ils n’aident pas «au nom de Dieu ». Cependant, le salut y est en jeu. Et je veux étendre le sens de ce mot si ambigu dans le langage de la foi, vers l’au-delà : vivre sauvé, ici et maintenant, signifie avoir trouvé un sens complet à la vie. Au risque de perdre la sienne.

    La réalité insolente du mal et de la douleur dans le monde – qui provient aujourd’hui du virus COVID 19 – pousse le scandale et la protestation de la foi, à douter plutôt qu’à consentir. Mais cela peut aussi être l’occasion de purifier cette même foi et de découvrir ce qui est essentiel en elle. Pour ma part, je voudrais conclure, avec l’exhortation que Jésus lui-même nous fait : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » (Mt 9,13 ; 12,7). Tant que Dieu ne deviendra pas « tout en tous » (1 Co 15, 28), la souffrance continuera dans le monde. En attendant, il s’agit de découvrir un « Dieu en pandémie » et de pratiquer la miséricorde, pour soulager notre douleur, qui est la sienne.

  • Le confinement dans la Bible

    De l’abbesse de Pradines le 17 mars 2020

    Etant donné ce temps particulier que nous vivons (et qui risque fort de durer), j’ai cherché quelles paroles de Dieu pouvaient nous aider à faire ensemble cette traversée du désert, et à la faire en communion avec tous nos frères et sœurs qui sont touchés de près et de loin par cette épidémie (et beaucoup plus touchés que nous…).

    J’ai cherché dans la Bible quelques expériences de « confinement »,… et j’en ai trouvé quatre qui peuvent nous dire une parole… (Il y en a sûrement beaucoup d’autres !)

    * Premier cas de confinement : Noé dans l’Arche (Gn 6 et 7) :

    il y est entré par obéissance, sans un seul mot, avec non seulement toute sa famille, mais toute la création, représentée par un ou plusieurs couples d’animaux de toutes sortes, ce devait être quand même une cohabitation un peu rude et un « bazar » certain !… sans grande possibilité de prendre l’air ! Un confinement sonore et sûrement pas inodore ! Mais l’entrée et la vie dans l’Arche était une mesure de sauvegarde, de salut, le salut d’un petit reste et de l’avenir de la création toute entière, tandis que les hommes étaient engloutis dans le déluge « car la méchanceté de l’homme était grande sur la terre et son coeur ne formait que de mauvais desseins à longueur de journées » (Gn 6,5).

    Et cela nous rejoint dans un certain sens : le confinement de plus en plus strict est une mesure de protection, de sauvegarde à respecter, en se sentant chacun responsable et cela concerne là aussi toute la création qui est comme une grande arche qui nous porte tous. Vivre donc ce temps en communion avec « tout ce qui a haleine de vie » sur la terre, « tout ce qui est chair » selon Gn.

     

    * 2ème cas de confinement : Jonas dans sa baleine (Jon2.1-11).

    Ici, c’est plutôt la désobéissance qui a mis notre pauvre Jonas dans cette triste situation… dont nous n’avons pas beaucoup l’expérience ! Le confinement dans le ventre du gros poisson est pour lui, non plus l’élargissement à toute la création mais pour rentrer dans les profondeurs de lui-même : dans cet espace clos, c’est le moins qu’on puisse dire, il crie vers Dieu, il fait retour sur soi, c’est alors le lieu de son retournement, de sa conversion. Quelques lignes de Francine Carrillo : « Le ventre qui recueille Yonah s’annoncerait-il comme un lieu destiné au re-cueillement, un lieu pour re-cueillir les miettes de soi sous le regard de plus grand que soi ? Dans cette matrice flottante, Yonah reste en gestation 3 jours et 3 nuits. C’est le temps qu’il faut pour passer du néant à l’être, de l’enfermement en soi, à l’être qui fait être » et un peu plus loin : « C’est là dans l’épreuve de la nuit où tout recours semble impossible qu’il entend (…) ce qui vient en 1er dans son histoire comme dans l’histoire de chacun, c’est un amour impossible à décourager, un amour de toute éternité » (p 69 ;75).

    Pour nous, nous sommes privées de beaucoup de contacts, plus d’hôtes, de clients, de parloirs, plus de participants à nos offices, etc… Que ce confinement dans la matrice communautaire, un peu austère, qui tombe pendant le temps du Carême, nous pousse à l’intériorité, à être plus attentives aux appels de l’Esprit, à écouter dans le silence et le recueillement et à crier vers Dieu comme Jonas, avec toutes les paroles de psaumes, ceux de la liturgie et ceux que nous composons dans notre prière ;

    * 3ème cas de confinement : Les disciples au Cénacle, le jour de la Résurrection. Ils sont confinés par peur. Peut-être aussi par remords, par tristesse : Jésus est mort, il n’y a plus d’espérance, ils l’ont lâchement abandonné et maintenant les autorités juives les pourchassent. Mais Jésus vient, et se tient au milieu d’eux. Il leur donne son souffle et sa Paix, et les envoie à toutes les nations. Ce confinement est le point de départ d’un dynamisme missionnaire qui les portera jusqu’au bout du monde.

    Que ce temps d’épreuve nous affermisse nous aussi dans la foi au Ressuscité qui se tient au milieu de nous, de tous et qui nous ressource dans notre mission pour le monde. Au Cénacle, il est venu au milieu de ses frères, leur faire don de la fraternité, fruit de sa Passion et de sa Résurrection. Reliées à tous ceux qui souffrent, prenons bien soin de notre vie fraternelle : que « cessent les querelles » comme nous le chantons le Jeudi Saint, les agacements, les susceptibilités, les rancoeurs, tellement secondaires à par rapport à la question de vie et de mort qui se joue pour beaucoup dans nos pays. Et prenons bien soin de la joie commune car il nous faudra durer ; en étant aussi disponibles à l’imprévu et à tout ce qui nous sera demandé. Comme les Apôtres nous avons reçu l’Esprit Saint pour être humblement à la hauteur de ces événements graves et inconnus.

    *Enfin 4ème cas : Paul et Silas dans leur prison (Ac 16, 23-25). Ils sont non seulement confinés mais enchaînés, les pieds pris dans des ceps de bois… Plus de mission, immobilité complète… !

    Et alors que font-ils ? Ils chantent les louanges du Seigneur, cette mission qui demeure, de chanter avec cœur, dynamisme et soin. C’est cette louange qui nous relie profondément à tous, qui donne sens aux événements, qui tient et qui nous tient « C’est toi qui sur les temps maintient cette hymne », et c’est la louange qui est notre arme de combat : « rempart que tu opposes à l’adversaire » Ps 8. Que tu opposes à toute dramatisation, panique, découragement.

     

  • Méditation sur ce mal qui nous ronge…

    Encore et encore,

    tu prolifères,

    tu nous enserres

    mènes la guerre

    qui encrasse tous les rouages

    et qui dépasse tous les sages

    soleil est là, mais pas de plage

    tu nous confines et c’est la rage.

     

    la planète ne tourne plus rond

    à bas la mondialisation !

    mais n’en perdons pas la raison

    unissons-nous, espérons.

    que nous en sortirons plus sages,

    que naîtront de nouvelles tâches

    que la vie nous semblera plus belle

    que la joie nous remettra en selle.

     

    science               confiance                 endurance               espérance                      naissance

     

    De Françoise Gérard, Petite Soeur de St François à Angers

     

     

  • Naître… un poème d’une Petite Soeur

    Un enfant est là, tout abandonné,

    Et sa vie si fragile de bébé.

    Là, de nos cœurs endurcis, attendris,

    Grâce à ce tout petit, jaillit la vie !

    Notre monde est bien vieux, engoncé,

    Dans ses certitudes, ses violences,

    Est-il bien prêt à faire silence,

    à s’attendrir face au nouveau-né ?

     

    Les hommes n’ont pas trouvé Dieu dans les cieux,

    et pourquoi aller si haut, toujours plus haut,

    alors qu’il suffit, simplement de baisser les yeux,

    Il est là, présent, au milieu de nous, pauvre et nu.

     

    Il vient réveiller nos vies,

    Il chasse tous nos soucis,

    Il désire être notre ami,

    Et chez nous, Il cherche un abri.

    Françoise Gérard

  • Chemin de Croix avec notre fondatrice

     Nous t’adorons, ô Toi le Très Saint,

    Nous T’adorons, Seigneur Jésus-Christ,

    Ici, et dans toutes les Eglises et par toute la terre,

    Et nous te bénissons d’avoir sauvé le monde

    Par ta sainte Croix.

    • 1ère station : Jésus est condamné à mort.

     « Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi ! » (Luc 22, 41)

    Mère Joséphine (lettre 13)  « Ma bonne Petite Sœur, Je voudrais pouvoir vous adoucir vos souffrances intérieures ! Mais c’est Jésus, votre digne époux qui le peut ! »

     

    • 2ème Station : Jésus est chargé de sa Croix

    Isaïe : « Je suis ton Dieu, ton Sauveur, tu comptes beaucoup à mes   yeux ». Isaïe 43/3,4

     Lettre de Mère Joséphine (lettre 9 et lettre 42)   « Ma Bonne Petite Sœur… c’est dans le combat et l’énergie que vous mettez à dominer votre caractère que vous donnerez à Jésus des preuves bien sûres de votre amour ! »

    « …Dites sans cesse au Seigneur « Tout pour vous plaire et rien pour me satisfaire ! »

    • 3ème station : Jésus tombe pour la 1ère fois

    «   Isaïe : « Ne crains pas ! Je suis avec Toi !   Moi, je suis ton Dieu ! » Isaïe 43/5.

    Mère Joséphine (Lettre 7) : « Ma bonne petite sœur, … Il faut  croire que le bon Dieu qui est si bon veut bien avoir pitié de notre faiblesse… Dites souvent au bon Dieu d’avoir pitié de sa pauvre petite fille qui ne sait rien, qui ne peut rien sans le secours d’une grâce toute particulière et une grande confiance ! Malgré votre indignité Il vous accordera toutes les grâces dont vous avez besoin pour  bien prier et faire tout pour sa gloire ».

    • 4ème Station : Jésus rencontre sa Mère

    St Jean 14 : « Femme mon heure n’est pas encore venue. Marie dit aux serviteurs « faites tout ce qu’Il vous dira » !                                                                                                                                                                        

    Mère Joséphine (Lettre 30) : « Ma bonne Petite Sœur, Je me sens de plus en plus avoir besoin des grâces du Bon Dieu pour remplir ma lourde charge.  Priez Marie notre bonne Mère pour la sanctification de mon âme et celle de mes Petites Sœurs ».

    • 5ème Station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix

    Luc 23, 26 : « Ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs…                                   Ils le chargèrent de  la Croix pour la porter derrière Jésus. »

    Mère Joséphine (Lettre 21) « Ma Bonne Petite Sœur, Je vous engage à être bien confiante en ma sœur assistante. Vous savez combien elle est bonne ! Dites-lui vos joies et aussi vos peines. Elle vous encouragera à bien aimer le Bon Dieu. Je prie Jésus de vous bénir ».

    • 6ème station : Véronique essuie le Visage de Jésus.

    « Il était méprisé, abandonné de tous ».  Isaïe53

    Mère Joséphine (Lettre 13) « Donnez à Jésus des preuves de votre amour par une confiance toute d’amour et accompagnée d’une humilité profonde, d’une reconnaissance sans borne »

    • 7ème station : Jésus tombe une deuxième fois.

    « Lui qui ayant présenté avec une violente clameur et dans les larmes des supplications…  Parce qu’Il s’est soumis en  tout, Il a été exaucé »  Hébreux 5/7

    Mère Joséphine (Lettre 16) ‘’Jésus qui a tant souffert pour nous, ma bonne Petite Sœur prenez courage en Jésus et Marie … Ne vous découragez pas ; que les peines d’où qu’elles viennent servent à ranimer votre amour pour Dieu.’’

    • 8ème station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem.

    « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi ! » Luc 23/28.

    L’épreuve a fait entrer peu à peu Mère Joséphine dans le mystère de la croix. Ce mystère de la passion et de la croix du Christ qu’elle médite et affectionne depuis son enfance. La compassion que Mère Joséphine éprouve pour Jésus souffrant et la compassion qu’elle éprouve pour l’homme souffrant ne font qu’un. C’est vraiment tout son être qui souffre avec Jésus et qui souffre avec l’homme.

    • 9ème station : Jésus tombe une troisième fois.

    « Mon amour et ma fidélité sont avec lui psaume » 88/25  T P page 919

    Mère Joséphine (Lettre 13) « Quand vous auriez fait tous les péchés qu’une pauvre petite créature peut commettre sur la terre, vous devriez encore, malgré tous ces péchés, avoir plus de confiance que de crainte »

    • 10ème station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

    « Mais Toi, Yahvé, ne sois pas loin, ô ma force vite à mon aide » psaume 22/20 T P page 963

    « Avec la crainte de Dieu, la confiance en son aimable Providence et l’amour du prochain, nous serons toujours assez riches nous dit Mère Joséphine ». (Une vie en forme d’Evangile page 12)

    • 11ème station : Jésus est cloué sur la croix.

     « … Il était neuf heures quand ils le crucifièrent…  Avec lui, ils crucifièrent deux bandits, l’un à sa droite,  l’autre à sa gauche… les passants l’insultaient… de même, les grands prêtres, avec les scribes, se moquaient entre eux. »

    Mère Joséphine (Lettre 41) « … une épouse de Jésus Crucifié doit partager les souffrances de son Jésus, qui a tant souffert pour nous, ses petites créatures. ».

     

    •  12ème station : Jésus meurt sur la croix.

    « Jésus poussa un grand cri ; il dit : « ‘’ Père entre tes mains, je remets mon Esprit.’’ » 

    Mère Joséphine (Lettre 43) «  Dites toujours : Volonté de mon Dieu accomplissez-vous et non la mienne. »

    • 13ème station : Jésus est détaché de la croix et son corps est remis à sa mère.

    « O vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur ».

    Mère Joséphine (Lettre 44)   « …Non, vous ne pouvez rien, mais le bon Dieu peut tout. »

    Pieta de l’église de Brissarthe (49) où notre fondatrice aimait se recueillir dans son enfance

    • 14ème station : Jésus est mis au tombeau.

    « Joseph d’Arimathie  arriva, il  attendait lui aussi le Règne de Dieu, il eut le courage de demander à

         Pilate le corps de Jésus…. il permit à Joseph de prendre le cadavre.  Joseph descendit Jésus de la croix

         et l’enroula dans un drap de lin  pur, puis Il le déposa dans le tombeau tout neuf  taillé dans le roc.

         et il roula une pierre à l’entrée du tombeau ».

       

    Mère Joséphine (lettre 46) «  Le Bon Dieu voit vos désirs qui sont de l’aimer et de faire toujours sa Ste volonté en toutes choses.

    Lettre 45 « Mon Dieu, mon Jésus,  coûte que coûte je veux, avec le secours de votre  Grâce, être toujours à vous sans partage et sans réserve. »

     

    Mère Joséphine (Lettre 29).   « Courage et confiance en Jésus qui peut tout. »

  • 200 ans de notre fondatrice Mère Joséphine

    Deux cents ans …

    En 1989, pour les 100 ans de la mort de notre fondatrice, Françoise Gérard, une Petite Soeur avait écrit un poème…

    Cette année, elle le reprend pour les 200 ans de la naissance de notre fondatrice, avec un regard neuf !

    Mille huit cent dix neuf, Louise naissant ;

    Joie, mais « bouch’de plus » à nourrir pour les parents.

    Déjà devait se faire « inexistante » ;

    Frères et sœurs ayant sera « entreprenante ».

    Monument à la mémoire de Mère Joséphine

     

     

    Baptistère de Morannes où a été baptisée notre fondatrice

     

    Toute petite saura qu’il faut toujours « aller au delà »

    Pour gagner son pain et celui des siens, elle quitte et va.

    Maladie et mort visiteront et à ANGERS s’en ira.

    Garde-malade sera et St François y rencontrera.

     

    A la sève de l’Eglise a toujours bu,

    Sur l’arbre millénaire, Louise a vu,

    Très soudainement la branche franciscaine,

    Et de sa sève s’est sentie comme « pleine ».

     

    Miracle ! Sur la vieille branche jaillit un petit bourgeon,

    Qui bientôt, l’ardeur favorisant, fut en pleine floraison.

    Alors, on vit « et la branche étonnée et l’arbre saisi,

    Nommer « Petites Sœurs de St François d’Assise » ce rejeton.

     

    Bourgeon devint fleur, puis brindilles et rameau.

    Où trois greffons au fil des temps seront entés.

    Par endroit notre rameau semble s’étioler.

    Mille huit cent quatre vingt neuf, Mère Joséphine mourait.

     

    En mille neuf cent quatre vingt neuf, sur le rameau un peu fatigué,

    Joie ! Une belle fleur africaine est née,

    Nourrie de la sève mère : humilité, pauvreté.

    « Je suis noire mais pourtant belle fille de Jérusalem »

    Dit l’Epouse du Cantique. Joie et Paix et Simplicité.

     

    Aujourd’hui, sur le rameau fatigué,

    les associés sont venus se greffer,

    A la sève mère veulent boire,

    Ouvrant de nouveaux espoirs.

     

    L’Esprit sait ce qu’il veut, aussi,

    Pour ce monde blessé de l’aujourd’hui.

                

     Angers, 13 janvier 2019

    Françoise Gérard