• Journée de partage et de fête avec Foi et Lumière

    Depuis le début de l’année, j’ai rejoint la Communauté Foi et Lumière
    « Jésus mon Soleil » qui s’est formé sur la paroisse. Hier, samedi 7 avril j’ai donc participé au grand rassemblement des handicapés et de ceux qui les accompagnent, parents, amis, professionnels qui avait lieu au centre St Jean.
    C’était une journée de fête, de partage et de prière qui a réunis 220 personnes du diocèse et qui s’est terminée par l’Eucharistie présidée par Mgr Delmas notre Evêque.

    Dans l’après-midi 11 ateliers étaient proposés, j’avais choisi la prière gestuée à 14 heures. Je me retrouve donc avec 7 autres personnes et une animatrice Stéphanie. A ma droite un jeune homme Jean Michel. Je suis frappée par la dureté de son visage fermé, figé. Phrase par phrase Stéphanie mime le psaume du Bon Berger. Avec beaucoup de mal, Jean Michel élève petit à petit ses mains, fait le geste de bercer… d’écouter… de boire…Je ne cesse de l’encourager de lui sourire, de l’aider dans ses mimes. Il me semble qu’au bout de l’heure son visage se soit un peu adouci… Quant aux gestes, je ne peux vraiment être fière ni des miens, ni de ceux de mon voisin.

    L’atelier est terminé, nous nous séparons. Une bonne heure après, je croise à nouveau Jean-Michel qui est avec son groupe d’handicapés et leur monitrice. Il me reconnaît, m’agrippe et trépigne bruyamment pour attirer l’attention de cette dernière. Son visage n’est que sourire rayonnant de joie. J’explique à l’animatrice que j’étais avec Jean-Michel à l’atelier, elle me remercie, mais n’a pas compris que des deux, c’est moi qui a le plus reçu.

    Ce visage transfiguré, c’était la visite de Jésus Ressuscité, vainqueur des forces de mort. Comme le disait le thème de la journée:
    « Tous missionnaires avec nos fragilités » Jean Michel et moi, nous avons fait l’expérience de ce 7 avril 2018.

    Paule Dolais, Petite Soeur à Angers

  • Vivre une présence fraternelle à tous… avec Habitat et Humanisme

    Il y a quelques années HABITAT et HUMANISME a lancé un appel à la
    famille franciscaine pour qu’une fraternité de 3 sœurs franciscaines assure une
    présence toute simple, à La palombe, au milieu de résidentes accueillies en vue
    d’une réinsertion sociale.
    C’est ainsi qu’en 2012, 3 Petites Sœurs de Saint François sont arrivées pour
    former cette fraternité.
    Les débuts ont été faits d’itinérance car la Palombe était en travaux. Comme Saint
    François nous avons vécu plusieurs mois en « pèlerins et étrangers » à Villiers le
    Morhier, puis Epernon avant de pouvoir complètement nous installer à la Palombe.
    Que vous dire de notre vie à la Palombe ? C’est une vie toute simple dans
    l’ordinaire des jours. Mais dans le quotidien le plus banal, Dieu prends corps
    chaque jour, si nous lui prêtons nos mains, nos yeux, nos oreilles, nos cœurs pour
    regarder, écouter, accueillir, aimer ceux qu’Il met sur nos routes.

    Dans ce milieu labouré par les rudesses de la vie, où sont accueillies des personnes
    fragilisées par ce qu’elles ont traversé comme épreuve nous sommes témoins de
    gestes tout simples qui sont mille raisons d’espérer !
    Comme par exemple :
    • Ces services échangés entre Résidentes.
    • Ces enfants venus aider l’une de nous à ramasser l’herbe de la pelouse, et les
    mamans, dépassant leurs difficultés, heureuses de voir leurs enfants œuvrer ensemble.
    • Ce repas partagé organisé par un résident, repas qui a rassemblé les personnes
    autour d’un moment convivial où chacun a pu participer.

    • Ce sont encore les anciens Résident -e- s qui reviennent nous dire bonjour.
    • Ce sont aussi ces bénévoles qui se donnent à fond avec patience et compétence
    et qui continuent à croire et espérer, même au plus noir de la nuit.
    • Cette Résidente qui au fond de la « galère » trouve l’énergie de rebondir et
    ainsi redonne du tonus aux autres.

    Souvent dans la prière, dans notre oratoire, au cœur de la Palombe, nous avons
    déposé au Seigneur, les situations, les personnes en difficultés que nous
    rencontrions ; quand nous les sentions démunies, déroutées, nous savions que Lui
    pourrait œuvrer …même à travers des portes verrouillées.

    Aujourd’hui est venu le temps du départ. Nous sommes envoyées vers d’autres
    horizons.Nous sommes appelées à vivre dans d’autres fraternités mais c’est au service d’un
    même appel.

    Nous rendons grâce pour ces années passées à la Palombe. Et nous invoquons l’Esprit Saint pour que nos vies
    soient dans le monde d’aujourd’hui, des vies toujours plus ajustées à l’Evangile,
    pour qu’elles prennent avec le Christ « forme d’Evangile ». Notre prière continuera d’accompagner toutes les personnes rencontrées ici…

    Hélène, Anne Marie et Monique

  • Montre-moi ton visage…

    Témoignage de Marie-Thé, Petite Soeur à Morannes (près d’Angers, lieu de naissance de notre fondatrice) :

    Montre- moi ton visage… Ce thème de la journée mondiale de la santé m’a invitée à relire la vie de Louise Renault, notre fondatrice :
    En voyant une pauvre, elle regarde son visage souffrant, elle la prend dans son froid grenier
    et lui donne son lit pendant qu’elle passe la nuit près d’elle sur une chaise.

    A Morannes, elle a sans doute elle-même visité les malades de l’hôpital… Dans son sillage, les Petites Soeurs de St François ont toujours été présentes auprès des malades, puis des personnes âgées de l’hôpital, qui s’est transformé en maison de retraite. Aujourd’hui encore, les Petites Soeurs continuent d’accompagner les résidents.

    Marie-Thérèse (à gauche) avec d’autres    Petites Soeurs, à Morannes

    Depuis 2012, une aumônerie avec 7 accompagnateurs est mise en place… dont je fais partie.
    Nous assurons chaque semaine la permanence à tour de rôle pour descendre les résidents pour la messe ou pour une liturgie de la Parole, et faire des visites.
    « Montre- moi ton visage » : mystère des visages… merveille des visages. Le visage d’une personne « parle »… Visages beaux, visages souffrants, marqués parfois par la solitude, visages affrontant le quotidien, visages façonnés par toute une vie bien remplie…
    Ce sont des temps forts que nous vivons en équipe…
    Nous sommes émerveillés de la capacité d’adaptation des résidents, de leur sourire, de leurs visages lumineux qui donnent sens à leur vies et à la nôtre…

    Nous vivons des moments merveilleux, lors de la fin de vie. Nous sommes témoins de cette sérénité, cette profonde paix pour ce passage sur l’autre rive, ce lâcher prise…

    Ma prière est souvent celle-ci : « Seigneur, donne-nous de savoir Te reconnaître et donne nous ta tendresse pour les rencontrer vraiment »

    Je fais mien ce joli poème de J. Broissard :

     

    Que je voudrais trouver des mots qui réconfortent.
    Des mots qui donnent du courage, des mots d’espoir :
    Des mots : La plupart du temps je suis sans voix.
    Sans Mots Parce que je les trouve inutiles, Inadaptés .
    IIs ne peuvent rejoindre la douleur . Alors je me tais, J’écoute
    Attentif à leurs mots.
    Attentif aux signes qu’elles m’envoient .
    Attentif à leur corps.
    Un sourire, une pression de la main, peut-être trouveront-elles le courage de continuer la route
    Les mots qu’elles trouvent elles – mêmes au plus profond de leur nuit.
    Et qui sait !
    Celui qui a dit : Je ne suis pas venu pour les biens portants mais pour les malades.
    Venez à moi, et je vous procurerai le repos

    Marie Thérèse Baslé… en route pour une action de grâces 1819 (naissance de notre fondatrice)- 2019 !

     

     

  • Avec les familles de prisonniers…

    A Lorient, Gisèle, une Petite Soeur est engagée au bateau-bleu, qui accueille les familles de prisonniers. Partons avec elle à leur rencontre !

    « Le bateau bleu », aux abords de la prison

    Le « bateau-bleu » est un espace de solidarité où viennent les familles des détenus du centre pénitentiaire de Lorient Ploemeur (où sont 300 détenus). Avec 53 bénévoles, l’association organise des rotations pour être présente lors trois journées dédiées aux parloirs. Des binômes de bénévoles se relaient.

    C’est un sas de décompression pour les familles. Avant et après le parloir, les femmes, souvent accompagnées d’enfants, sont heureuses de trouver un lieu d’accueil. La visite est un moment très stressant, car il faut affronter l’univers carcéral. Ce parloir est fréquenté en grande majorité par des femmes, qui ne le rateraient pour rien au monde.

    Comme bénévoles, nous sommes à leur écoute, nous offrons du réconfort par le biais d’un sourire, d’une boisson, de gâteaux, de bonbons… Les enfants peuvent jouer, dessiner pour leur papa. Bien des femmes se refont une beauté !

    Notre attitude s’articule autour de quatre mots clés : l’écoute, la discrétion, la disponibilité, le respect de la diversité des visiteurs.

    Gisèle à l’intérieur du local, derrière le comptoir où sont donnés boissons, petits gâteaux…

    Quelquefois fois, certains sont là pour attendre une personne qui est au parloir. Ce temps semble long. C’est la visite surprise d’un prisonnier qui arrive avant l’heure fixée. Au passage Il apprécie un café. C’est un prisonnier, à sa sortie : « Vous accueillez ma mère, à sa retraite elle sera bénévole. »

    En 2017, le « bateau bleu » a accueilli 11 400 personnes dont 1 700 enfants !

    Je me sens très à l’aise dans cet engagement. Ca correspond bien à ma vie de Petite Sœur… Être simplement présente, discrète, aimante. Accueillir chacun, sans exception, avec un regard de bienveillance…

    Gisèle

  • Faire des maths en étant solidaires !!

    Oui, oui, c’est possible !!

    Chantal, Petite Soeur à Chelles et prof de maths en collège-lycée, nous partage cette belle aventure !

    Depuis le début de l’année scolaire, 11 collègues de maths du collège se sont mobilisés autour d’un concours solidaire… Une belle expérience qui motive ensemble élèves et professeurs ! Le concours a eu lieu le 5 février… juste à temps pour que l’épreuve ait lieu sans encombre…avant l’arrivée de la neige ! Peu de temps après, les transports scolaires ont été supprimés et l’établissement fermé. Ce qui a fait dire à l’un de mes collègues de maths musulman : « Vraiment Dieu était avec nous ! »

    Ce concours est proposé par le secours populaire : Aidons et parrainons des centaines d’enfants en  République Démocratique du Congo !»

    En RDC, la communauté pygmée vit dans des conditions difficiles *.

    Souvent victimes de discrimination, les enfants sont exclus du système scolaire, ils n’ont accès ni à l’éducation, ni à la formation.
    Depuis 2016, le Secours Populaire Français aide une association locale à soutenir la scolarisation de ces enfants.

    En 2018, Drôles de Maths propose à tous ses candidats, par un don modeste (1€ par élève, c’est déjà très bien !), de parrainer la scolarité de centaines d’enfants pendant trois ans.

    C’est ainsi que le lundi 05 février 2018, 374 élèves de sixième, cinquième et quatrième du collège Saint Laurent de Lagny sur Marne venant de 21 classes différentes ont pu se muscler en logique et en Mathématiques ! Et faire des progrès tout en s’amusant.

    Pour participer au concours, la mise originale proposée aux enfants était de 3,50€ mais cette somme pouvait être complétée au-delà. Et nos élèves se sont laissés « toucher » pour la cause puisque nous avons pu, grâce à eux,  envoyer un don de 900€ !  De quoi, aider la scolarisation  de centaines d’enfants en RDC !

    Prochaine étape maintenant : réunir nos élèves autour d’un témoignage sur les enfants pygmées du Congo, qui sera donné par un collègue de maths Congolais.

    Et rendez-vous en avril pour connaitre les résultats !

                                                          Chantal, et l’équipe de profs de maths du collège

    * En Centrafrique aussi, nos Petites Soeurs se font proches aussi de la population pygmée. http://petites.soeursfranciscaines.org/en-centrafrique/

  • Prendre soin… hier comme aujourd’hui !

    Notre fondatrice, Mère Joséphine, avait une santé fragile. Très jeune, elle a connu des périodes de maladie et de soin. Marquée par cette expérience de la souffrance morale et physique, elle aidera pendant 20 ans les Soeurs de St Vincent de Paul à prendre soin des malades, à l’Hôtel Dieu d’Angers.

    Puis, elle et plusieurs femmes, laïques et franciscaines, se sont associées et ont décidé d’habiter ensemble pour se dévouer plus efficacement au service des malades. Elles étaient toute dévouées aux pauvres dans leur quartier, répondant à leurs besoins physiques et spirituels…

    Petit à petit, le groupe des garde-malades prend forme et consistance. Le service des malades s’organise, d’abord et surtout auprès des pauvres, gratuitement, mais aussi chez des personnes plus aisées.

    Le travail de garde-malades est un véritable apostolat. Les Petites Soeurs soignent et soulagent la souffrance des malades, parfois au péril de leur vie (de par les maladies contagieuses). Elles viennent aussi en aide aux familles nécessiteuses, prenant en charge les enfants, procurant du pain là où il fait souvent défaut, apportant réconfort et sérénité.

    La notion de garde-malades s’est rapidement élargie et étendue au service de toute misère rencontrée, des laissés-pour compte de la société surtout.

    Toute cette présence pleine de compassion et de tendresse s’enracinait dans la prière quotidienne, et en particulier la contemplation du Christ souffrant.

    Pendant longtemps, en France comme en Centrafrique, la Congrégation a tenu des dispensaires, des cliniques, les Petites Soeurs se dépensant sans compter pour soigner et réconforter toute personne.

    Encore aujourd’hui, certaines Petites Soeurs travaillent dans le milieu de la santé.

    Et surtout chaque Petite Soeur se sent engagée à accueillir, écouter, prendre soin de chaque personne rencontrée… spécialement les plus fragiles…

    « Suis-je le gardien de mon frère, disait Caïn ? »… « Tu es le gardien de ton frère » disait St François

    Pour découvrir les autres trésors de notre fondatrice

     

  • Le travail, lieu de mission

    A la suite de Saint François et de notre fondatrice Mère Joséphine, le travail salarié fait pleinement partie du charisme de notre Congrégation.

    Chaque Petite Soeur exerce son métier.

    Pour nous, Petites Soeurs de Saint François, le travail salarié nous permet de rejoindre les gens dans ce qu’ils vivent et d’être pont entre le monde (souvent des personnes éloignées de la foi) et l’Eglise.

    Cette forme de présence à la fois discrète et exposée, nous permet aussi d’oser témoigner, en actes et en paroles, de Celui qui nous fait vivre. Notre être de femmes consacrées, notre manière de vivre, de travailler, d’être heureuses est souvent source d’interrogation pour ceux qui nous côtoient.

    Notre insertion dans le travail nous offre un lieu de relations diverses. Mendiants de la rencontre et de la relation, nous vivons la joie de la Visitation avec chacun, chacune, quelle que soit sa situation.

    Les situations de souffrance au travail, liées aux conditions de travail, à la recherche de travail, au chômage, nous touchent. Nous portons une attention particulière aux plus Petits là où nous sommes. Avec d’autres, nous cherchons à mettre tout Homme, en particulier les plus fragiles, ou coeur des choix sociaux et économiques.

    Le salaire que nous touchons est participation à la vie économique de l’ensemble de la Congrégation.

    Comme disciples de Saint François, nous sommes appelées à révéler la gratuité de l’amour de Dieu. dans ce monde souvent dominé par la course à l’argent et au temps, nous cherchons à poser des actes désintéressés, sachant accueillir, écouter, prendre soin de chacun…

     

     

  • Créer des ponts pour un vivre ensemble harmonieux

    J’aimerais vous partager mon expérience de Formation en Alternance à la Médiation Sociale et Culturelle, initiée en 2016 à Bangui.

    Cette formation a duré un an. Nous étions douze participants (six hommes et six femmes).

    Mon premier stage était au Centre de la Mère et de l’Enfant, une structure qui accueille des orphelins ou enfants abandonnés de 0 à 5 ans. Puis le deuxième stage était avec l’ONG JRS (Jesuit Refugee Service) qui s’occupe des réfugiés et déplacés.

    Lorsque j’allais sur le terrain, je commençais à exercer mon travail de médiation près des enfants, des jeunes ou des adultes, notamment dans un village situé à 22 kms de Bangui.

    J’ai expérimenté des choses très importantes au cours de cette formation. Cette expérience sur le terrain m’a aidée à être plus sociable avec les personnes qui vivent dans la pauvreté ou qui traversent des moments difficiles dans leur vie (comme les personnes déplacées sur des sites à cause des conflits qui ont eu lieu dans notre pays par exemple). J’ai appris à me faire proche d’eux, à les écouter, à parler avec eux, à les aimer.

    Tous ces cours sont pour moi comme un « bagage de savoirs » pour mieux connaître le milieu dans lequel je devrai exercer ma mission de médiation. Ceci va m’aider à être plus proche des personnes qui ont vécu ou vivent encore dans les conflits survenus dans notre pays depuis fin 2012. Ces conflits ont séparé des hommes et des femmes d’origine et de religion différentes qui, avant cette date, vivaient en paix dans les mêmes quartiers. La paix et la fraternité sont des attitudes chères à St François, alors, comme Petite Sœur de St François, je suis appelée à travailler avec ces personnes blessées et traumatisées par les conflits armés : en créant des « ponts » qui puissent encore les réunir et les aider à retrouver le goût de vivre à nouveau ensemble dans la paix et l’harmonie, à retisser des liens de fraternité entre eux.

                                                                                                                                 Petite Sœur Prisca – Bangui

  • Sur les chemins de la rencontre

    « Seigneur, éternel est ton amour. N’arrête pas l’œuvre de tes mains » (Psaume 137)

    Deux Sœurs Clarisses, une Petite Sœur de St François… nous voici envoyées pour vivre 5 jours d’itinérance dans les Ardennes ! Vivre cette route de la prière et de l’amitié… Ne rien emporter pour la route… comme les disciples envoyés par le Christ, comme St François et les premiers Frères… Ne prendre ni argent, ni nourriture, ni adresse où dormir… pour tout recevoir de Dieu et des autres… !

                                  

    Une des rencontres les plus fortes s’est vécue dans un tout petit village. Après avoir prié l’office du milieu du jour dans l’église, nous sortons pour demander la nourriture. Au fil des maisons où nous sonnons, plusieurs personnes nous donnent quelques petites choses à manger. Nous commençons à repartir vers un autre village. Nous croisons à ce moment-là une jeune femme à qui nous demandons peu pain pour compléter. Elle nous invite d’emblée chez elle !

    Tout en nous réchauffant et en prenant avec elle un bon repas, nous vivons des partages dans une grande confiance, profondeur, et même communion … D’emblée, ses questions et ses partages nous emmènent loin… Elle nous partage combien nous sommes signes pour elle de la visite de Dieu au cœur de son chemin, de sa vie d’aujourd’hui…

    Vraiment, le Seigneur nous attendait là !! L’Esprit nous guide les unes par les autres !!

    Nous repartons nous aussi habitées par ces rencontres, ces partages, confiant chaque personne au Seigneur…

    Après ces jours de marche où nous n’avons pas eu la possibilité de vivre l’Eucharistie, nous avons soif de recevoir Jésus… ! Nous arrivons au monastère… quand les cloches sonnent pour la messe !! Quelle joie de pouvoir vivre l’Eucharistie avec toute la communauté… et partager ensuite toutes les rencontres vécues !

    Oui, comme nous l’avons chanté : « Dieu est toute Grâce » !

    Soeurs Sabine et Pierre-Marie, Clarisses à Cormontreuil et Sœur Claire, Petite Sœur de St François

  • Au village, sauver la vie encore et encore…

    Je suis heureuse de continuer mon activité  auprès des enfants malnutris et de leurs mamans, avec notre équipe soutenue par Caritas et UNICEF. J’aime les soigner.

    Aujourd’hui ma joie est grande de voir des enfants retrouver leur santé. Ce sont leurs mamans qui témoignent et sensibilisent les autres par rapport aux soins que nous apportons et à la prévention.

    Quand les mamans arrivent avec leurs enfants dans un état critique, bien maigres et fatigués, cela me touche profondément et je garde confiance car je me suis habituée à les sauver. Le plus souvent, ma première réaction, c’est d’accueillir la maman avec son enfant et de lui donner l’espoir par rapport au soin de son enfant. Je prends dans mes bras les enfants atteints de gale, je les touche, et je commence à conseiller la maman pour lui montrer qu’il faut continuer à donner à l’enfant une affection maternelle. En faisant ça, elle n’aura pas de honte ou le moral abattu. Sinon, elle pourrait fuir la consultation et laisser l’enfant mourir. Sauver la vie des enfants est ma mission de Petite Sœur de Saint François. En voyant  un enfant qui souffre, c’est un membre de mon corps qui souffre aussi. Le plus souvent, le traitement dure six semaines avec un accompagnement personnel à domicile. Je leur donne les produits alimentaires thérapeutiques selon leur poids et il faut accompagner cela avec une alimentation équilibrée.

    Je reçois de temps en temps des petits gestes de reconnaissance des parents à mon égard: par exemple, des fruits, comme je leur recommande d’en donner aux enfants.

    Voici le témoignage d’un jeune couple….

    « Je m’appelle YANGBIO Grâce à Dieu. Je suis originaire de POUTEM, à 5km de Ngotto. J’ai épousé ma femme qui s’appelle Rachel, elle avait un garçon de 3 ans : Borel.

    Nous avons cherché à le soigner mais sans résultat. En visite à NGOTTO chez des parents, ils nous ont demandé d’emmener l’enfant chez la Sœur. En arrivant, la Sœur nous a réservé un bon accueil, elle a commencé à nous prodiguer des conseils : donner à l’enfant une alimentation variée  et équilibrée, et elle a complété avec des produits thérapeutiques.

    Au bout de deux semaines, nous avons vu un grand changement chez l’enfant.

    Les conseils de la Sœur aideront ma femme pour la suite de notre vie ensemble et pour les enfants que nous aurons. Je suis persuadé que les gens de notre village s’étonneront de revoir Borel en bonne santé. »