• De France en Centrafrique, Mère Joséphine parle au coeur

    200ème anniversaire de notre fondatrice Mère Joséphine ! Bien loin de MORANNES, son lieu de naissance, les Petites Soeurs de Ngotto ont proposé aux habitants de vivre un temps de pèlerinage, en lien avec la spiritualité de Mère Joséphine.

    Ecoutons combien son message résonne dans les coeurs !

    Petits et grands sont arrivés en foule… pour vivre un pèlerinage qui allait nous conduire à la chapelle du village POUTEM distant de 3 kilomètres. Dans la joie et le recueillement, cette joyeuse assemblée a parcouru les diverses étapes !

    Nous sommes à des milliers de kilomètres de l’Anjou, dans une culture complètement différente, au coeur de l’ethnie Boffi,  à deux siècles de sa naissance… mais quelle surprise et quelle joie de voir, de sentir, combien les gens sont touchés par le message et la vie de Mère Joséphine ! :

    « Nous sommes très contents de vivre pour la première fois ce temps fort de prière avec nos Sœurs de NGOTTO. »

    « Je suis surprise de voir que la vie de Mère Joséphine correspond à la nôtre aujourd’hui, cela me plaît. Ses parents n’étaient pas des riches, c’étaient des pauvres gens, paysans, travaillant comme nous dans les champs des autres pour survivre. »

    « Louise était malade, mais elle a accepté de quitter son village pour aller se soigner à la ville. Et par la suite, le Seigneur a mis devant elle des sœurs pour l’orienter et pour devenir ce qu’elle est et ce qu’elle nous laisse aujourd’hui. » NB : Cette réflexion s’exprime dans un village où beaucoup de gens négligent les soins et quittent très difficilement le village pour se soigner. Et trop nombreux sont ceux qui meurent très jeunes par défaut de soins.

    Une mère de famille, Léa : « Ce qui m’impressionne dans cette vie de Mère Joséphine, c’est qu’elle était d’une famille sans moyens, mais elle a reçu une éducation. On l’a envoyée dans l’école ouverte pour les pauvres par les Sœurs. Sa famille ne l’a pas empêchée de fréquenter l’école. On lui a appris seulement les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul, elle n’était pas très instruite. Mais c’est avec ce peu qu’elle a reçu qu’elle a pu devenir religieuse, écrire à ses Sœurs. Et aujourd’hui, nous pouvons lire ses écrits. Et nous ici, à NGOTTO, combien de parents ne laissent pas leurs enfants aller à l’école ! Parfois, on a besoin d’eux au champ ou à la pêche. Et l’école ? Nous devons prendre exemple : nos enfants n’ont pas besoin d’une grande instruction, mais de se débrouiller dans la vie : savoir lire, écrire, calculer. C’est très important. »

    Une autre maman, Anastasie : « Nous avons écouté l’histoire de Mère Joséphine. Mais… est-ce que seuls les Européens peuvent être saints?!  Ne sont-ils pas nés comme nous dans une famille ? C’est dans la famille que tout se prépare. Nous aussi, nous pouvons devenir des Saints si nous vivons une vie spirituelle, si nous mettons en pratique les exigences chrétiennes et si nous devenons de vrais témoins du Christ. L’Afrique peut compter parmi le nombre des Saints. Dans nos familles, parlons, partageons, éduquons à une réelle vie avec le Christ. »

    De retour à NGOTTO, le cœur content, la joie a continué à se partager autour d’un bon bol de bouille de riz préparée par la fraternité, puis une projection de photos présentant la mission des Petites Sœurs en France et en Centrafrique ainsi que le témoignage des Chrétiens Associés.

  • Depuis que je connais Mère Joséphine, ma vie a changé !

    31 mars 2019… jour des 200 ans de notre fondatrice…nous recevons par le biais du site un message profond et touchant. Ce sera le premier d’un échange qui se poursuit…

    Nous publions ces écrits avec l’autorisation de ce couple.

    Ayant découvert la physionomie de Mère Joséphine à travers le chemin de croix du 5 mars 2019 et ayant été très vivement impressionné par son langage simple et lumineux, j’aimerais savoir si les lettres de votre fondatrice sont accessibles. Je serais très heureux de les consulter et de connaître davantage cette personnalité! Merci d’avance!

    Suite à l’envoi des lettres de notre fondatrice :

    En proie à une vive émotion suite à une première lecture des lettres de Mère Joséphine,je vous remercie sincèrement de votre mail qui m’ouvre  des horizons immenses…Depuis que j’ai rencontré Mère Joséphine, ma vie a changé et j’espère continuer mon cheminement avec le Christ, en sa compagnie…

    Je souffre dans mon corps…Ma femme est aussi très malade…et on sent votre fondatrice si proche des malades!

    Nous continuons d’approfondir son message.

    Quelques temps après…

    Christ est ressuscité!

    Excusez-moi pour le retard à vous répondre: les fêtes de la Résurrection, nos 50 ans de mariage,…et notre santé à tous les deux…En ce moment je suis hospitalisé.

    Un grand merci pour le chemin spirituel que vous nous avez envoyé: merci de nous permettre de marcher ensemble sur les traces du Christ et de partager avec nous la joie de l’Evangile. Mère Joséphine est de plus en plus pour nous un phare et nous découvrons son précieux héritage.

    Nous nous réjouissons d’avance d’approfondir notre connaissance de son profil lumineux de simplicité à travers le livre (« Humble et pauvre ») que vous nous proposez et que nous acceptons avec enthousiasme!

    Nous avons fait rencontrer à une amie proche Mère Joséphine et elle nous suggère de vous demander… s’il existe des reliques de votre fondatrice comme il y en a de Thérèse de Lisieux? Nous croyons au miracle…et voyez-vous je suis diabétique, amputé déjà d’une jambe, souvent hospitalisé, et ma femme a un cancer, la chimio la fatigue beaucoup… Mais nous entrevoyons un rayon de soleil à travers Mère Joséphine: peut-être nous guérira-t-elle?…

    Bien fraternellement unis à vous, Alleluia!

    et encore plus tard…

    Mère Joséphine nous aide : nous en avons eu la preuve…C’est un devoir pour nous de vous la faire partager : après une première hospitalisation suite à une infection, une deuxième s’est avérée nécessaire, une septicémie s’étant déclarée…Les médecins ne me laissaient pas beaucoup d’espoir. J’ai reçu le sacrement des malades et nous nous sommes tournés vers Mère Joséphine en commençant une neuvaine…Avant la fin de la neuvaine, j’étais hors de danger! Merci à Mère Joséphine! et merci à toutes les Petites Soeurs!

    Nous suivons avec vous le chemin spirituel que vous nous avez envoyé…Un grand merci pour le livre que nous avons hâte de commencer! N’hésitez pas à nous faire partager d’autres moments intenses avec Mère Joséphine.

     

  • Les petits riens du quotidien ou l’amour mis en actes

    Le trésor transmis par Mère Joséphine est la source de notre être et de notre agir de Petites Sœurs aujourd’hui.

     A la fraternité, rue du docteur Guichard, à Angers nous essayons de concrétiser notre charisme de « garde-malades » en prenant soin les unes des autres. En prenant soin de la personne dans toutes ses dimensions ; corporelle, morale, spirituelle, familiale. Ce « prendre soin », demande bonté, amour, tendresse.

    Voici quelques réflexions prises sur le vif de notre quotidien….

    « La réunion commence dans 5 minutes. En passant, j’ai frappé à la porte de ma voisine pour lui rappeler qu’il est l’heure de descendre. »

    « Quand tu auras fini de préparer tes plats, tu laisseras la vaisselle, je viendrai l’essuyer. »

    « Merci à la Petite Sœur qui a mis le couvert, j’avais complètement oublié que c’était à moi de le faire ! »

    « Je ne serai peut-être pas rentrée quand SODEXO viendra livrer les repas. Est-ce que tu pourras leur ouvrir la porte, s’il te plaît ?- Oui, bien sûr, je suis là ! »

    « Tu ne t’inquiètes pas pour tes papiers… J’irai faire les démarches à la Sécu. »

    « Tu aimerais regarder la télé ?    Je monte l’allumer. » 

    « Aujourd’hui, on n’est que le 15. A la fin du mois, je viendrai compter les médicaments et on ira ensemble à la pharmacie renouveler l’ordonnance. »

    « Ce matin, je peux commencer le repassage, ça t’avancera !

    « C’est dimanche aujourd’hui ! Il est bientôt 3 heures, je vais aller chercher le Rummikub. Toi, tu peux chercher une troisième Petite Sœur ? J’en connais une qui sera contente de se détendre un peu en jouant avec nous. »

    « Je vais cueillir quelques petites fleurs dans le jardin, et je lui ferai un beau paquet pour son cadeau d’anniversaire ! »

    Et nous chantons ensemble !

     Si, aller de par le monde, fut bon pour nos jeunes années,

    Grandir en fraternité, reste toujours d’actualité !

    Entre nous et avec tous, voisins, famille et amis.

    Vous pouvez venir chez nous, vous serez bien accueillis !

  • J’ai été heureuse partout ! Le Seigneur est là !

    Marie, 97 ans… 70 ans de vie religieuse !

    le témoignage d’une Petite Soeur HEUREUSE !

    Pourquoi tu es devenue Petite Sœur ?

    J’y pensais après ma profession de foi. Je voulais être religieuse, me donner aux autres, être disponible.

    J’ai reçu la foi de mes grands-parents dès l’âge de deux ans. Mon grand-père lisait un « gros livre » à mes yeux d’enfants… la Bible !

    Qu’est-ce qui te donne de la joie ?

    De donner de la joie aux autres !

    J’ai été heureuse partout ! je voulais passer du temps avec les personnes âgées ou avec les enfants. C’est ce que j’ai vécu ! dans les Landes, à Baugé, à Lorient… A Lorient, j’allais voir les personnes hospitalisées en psychiatrie, opérées, âgées… Ces gens-là m’ont beaucoup donné !

    Un moment fort dans ta foi ?

    Je le remercie tous les jours pour tout ce qu’Il me donne ! Je demande qu’Il mette beaucoup d’amour dans mon cœur… pour le donner aux autres. Je veux donner beaucoup d’amour, aider moralement les autres Petites Sœurs. C’est ma joie d’être là  d’être en contact avec les personnes âgées.

     La phrase biblique qui marque ta vie ?

    Cette phrase de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Il nous a donné l’exemple ! essayer de ne jamais juger défavorablement…comme Mère Joséphine nous y appelle dans son testament !

    Marie avec Chantal Petite Soeur dans le jardin de la maison mère

     

     

  • Des visitations à l’hôpital

    En réponse à l’appel de l’Archevêque et après discernement en congrégation, j’ai répondu positivement à la mission d’aumônier d’hôpital. Cela fait donc six mois, que j’ai l’immense joie de vivre en équipe cette mission à l’hôpital Saint Eloi, à Montpellier.

    Je vous partage quelques petits trésors de mes « Visitations » :

    – Mr B. : je le visite depuis deux mois, il vient de sortir d’un longue période de coma. Cet après-midi il est sevré du respirateur et de sa trachéotomie. Il m’accueille par un puissant « Bonjour » C’est la première fois que j’entends sa voix, quelle émotion ! Nous partageons. Son papa m’avait confié d’aller le visiter, mais surtout de ne pas parler de la Foi !

    Il me serre la main et me dit « Merci pour votre COMPASSION » Lui qui est athée, me renvoie le mot si fort pour notre Congrégation, en ce temps des 200 ans de la naissance de Mère Joséphine !

    – Mr P. : est atteint du SIDA, je le visite depuis de longues semaines, avide de découvrir la Foi, dans le souvenir de ses six ans auprès de sa grand-mère très croyante ! Il reprend du poids et retrouve force et espérance !
    Un jour après un partage disons théologique, il me dit « Je vais grossir spirituellement , avec toute cette nourriture que vous me donnez, mais comment le mesurer ? »

    – Me L. : m’accueille assise en tailleur sur son lit, elle m’annonce sa sortie prochaine. Je lui demande où est sa maison, elle me répond dans les cartons, je suis à la rue… ! Gênée par la maladresse de ma question, je l’écoute avec attention. Elle me partage qu’elle n’a plus rien à se mettre.
    Je retourne au local et grâce aux cartons rangés par catégorie de vêtements, je lui prépare une valise. De retour à la chambre, elle sourit si heureuse de découvrir les vêtements et à sa grande surprise… un sac à main ! Elle le serre sur son cœur et se met à pleurer !!

    Que de moments partagés, de grâces reçues !

    Petite Sœur Régine BADOC MONTPELLIER

  • Solidarité à l’hôpital avec les plus démunis

    La Petite Sœur Marcelline a travaillé longtemps comme infirmière à l’hôpital. Arrivée à l’âge de la retraite, elle reste aujourd’hui très engagée à l’Aumônerie des Hôpitaux de Bangui. Elle nous explique combien la solidarité  est importante   pour permettre à l’équipe de secourir les plus démunis.

    Ma mission à l’aumônerie? Je m’occupe des malades. Comme je suis aussi soignante, j’assure certains soins de malades démunis qui n’ont pas de famille, ou de patients arrivés de province, sans parents à Bangui. Par exemple, je fais des traitements de suivi à la maison, après la sortie de l’hôpital.

    Avec les membres de l’équipe, chaque semaine, nous visitons les grabataires dans les pavillons, nous prions avec eux et pour eux, salle par salle. Nous donnons la communion à ceux qui le souhaitent. Le dimanche, une messe est célébrée dans la chapelle de l’hôpital, elle rassemble beaucoup de monde : les familles des malades, les habitants du quartier… Après la messe, il y a toujours une visite des malades, avec un partage de ce que nous avons.

    L’équipe d’aumônerie est composée de plusieurs personnes : le prêtre responsable, moi je suis son assistante ; il y a une coordonnatrice, une secrétaire, une trésorière et les membres visiteurs de malades, tous laïcs. Et puis aussi des choristes et des enfants servants pour la liturgie.

    Des Mouvements de Chrétiens viennent régulièrement nous aider. Par exemple, dimanche passé, c’étaient les Légionnaires de la paroisse saint Jean ; ils ont apporté des vivres et du savon pour les partager aux malades.  Au mois de février, lors de la Journée Mondiale des Malades, le Cardinal ou son vicaire viennent célébrer la messe. Ce jour-là, les gens donnent beaucoup : des médicaments, du savon, des habits…

    En RCA, pas de Sécurité Sociale ni de soins gratuits dans les hôpitaux.

    Des Chrétiens de bon cœur font parfois des dons. Certaines familles de malades nous aident un peu selon leurs moyens.

    Dans les paroisses, des  Mouvements organisent des quêtes. Les amis de notre Congrégation nous aident aussi. Parmi eux, l’Entraide Missionnaire de l’Anjou (E.M.A) : une association du Diocèse d’Angers qui nous assiste chaque année dans nos activités sanitaires à Bangui et Ngotto.

    Ce sont tous ces dons réunis qui nous permettent de secourir les malades démunis.

     Pour faire vous aussi un DON : stfrancois.economat@orange.fr ou    02 41 68 12 12

    Comme Petite Sœur, je suis heureuse de faire ce travail : mettre les gens debout, soigner ceux dont personne ne s’occupe,  dans la ligne de nos origines de garde-malades à la suite de notre fondatrice Mère Joséphine, c’est pleinement notre charisme de Petites Sœurs de Saint François.

    Pour illustrer mon propos, je vais vous parler d’Eugénie, une femme venue de MBRES, une ville éloignée.

    Pendant les violences, on a tué son mari. Elle, elle a dû fuir en brousse. A force de boire de l’eau sale, elle est tombée gravement malade. Elle s’est alors rapprochée de la route pour trouver du secours. Là, un véhicule de Médecins Sans Frontières l’a ramenée à l’Hôpital de l’Amitié à BANGUI. Mais, comme M.S.F avait la charge des accidentés et des blessés de la guerre, elle ne rentrait pas dans ce cadre et s’est retrouvée sans assistance. Grâce à l’aide de l’E.M.A, elle a pu être opérée. Il s’agissait de l’ablation de la rate. Aujourd’hui, Eugénie va mieux. Elle vit au PK22 sur la route de Damara, chez une famille chrétienne de bon cœur qui l’a accueillie. Un jour, j’ai eu la bonne surprise de sa visite à la fraternité. Elle venait me remercier avec quelques mangues et ignames du champ.

    Je remercie ceux qui contribuent à l’œuvre de l’E.M.A. Sans votre aide, Eugénie serait décédée, comme tant d’autres…

     Petite Sœur Marcelline

     Pour faire vous aussi un DON : stfrancois.economat@orange.fr ou    02 41 68 12 12

  • En Algérie, des vies données

    A Oran, le 8 Décembre, aura lieu la Béatification des 19 Martyrs d’Algérie.

    Les 61 ans de présence de notre congrégation dans ce pays et dans l’Eglise d’Algérie nous met en communion avec ce qui va se vivre à Santa Cruz.

    La lettre pastorale d’Algérie nous dit « la béatification de nos frères et sœurs [est] une grâce pour notre Eglise, nous pouvons maintenant demander leur intercession. Car bienheureux ils continuent leur mission associés plus que jamais à l’œuvre du Seigneur dont l’Esprit travaille sans cesse dans les cœurs. Nous pouvons recevoir leur Béatification comme une confirmation de la vocation de notre Eglise à être sacrement de la charité du christ pour tout le peuple où elle est plantée »

    Beaucoup de musulmans ont perdu la vie et ne peuvent être oubliés. Parmi eux 114 imams sont morts parce qu’ils ont refusé de justifier la violence.

    12 frères Croates ont été égorgés parce qu’ils étaient chrétiens. Un autre dit « Je suis bosniaque et musulman » « Tous mes collègues aussi ». Ainsi 3 chrétiens parmi eux ont été sauvés.

    Ces frères, sœurs avaient donné leur vie à DIEU et dans le quotidien ils la donnaient au service du peuple Algérien. Leur vie était liée d’un lien d’alliance avec les amis de ce peuple dont ils partageaient la vie.

    C’est cette proximité dans le dialogue avec nos amis musulmans que nous avons vécu, nous Petites Sœurs de saint François d’Assise, une présence tissée de profondes amitiés dans ce vivre ensemble. Ces croyants par leur appel à la prière nous ont souvent provoqué à vivre notre foi. Ce peuple sait vivre la visitation dans différentes circonstances de la vie : naissance, maladie, mariage, décès, à travers l’hospitalité, l’accueil, la compassion. Une invitation pour nous à vivre la gratuité et la simplicité qui restent gravées dans nos cœurs aujourd’hui.

  • Rejoindre l’autre…

    Dans le cadre de nos rencontres de Chrétiens-associés (laïcs-associés), les Petites Sœurs animant
    notre groupe nous avaient invités à écouter nos Petites Sœurs Aînées sur le thème : « Une joie qui
    déborde en compassion».

    J’ai alors rencontré Sœur Simone BOUGIE qui m’a confié comment elle s’était intéressée au
    « football », afin d’avoir un sujet de discussion avec deux messieurs qui mangeaient                       
    quotidiennement à sa table.

    S’intéresser à un sujet qui ne vous passionne pas pour rejoindre l’autre … y aurait-il un chemin à
    suivre ?


    Quelques jours plus tard, nous recevions mon amie d’enfance avec son mari pour dîner. Il y a un
    sujet de conversation qui, à chaque fois qu’il est abordé, me fait « sortir de mes gonds ».
    Ce sujet de conversation lui tient à cœur … est-ce que je ne pourrais pas la rejoindre ?
    Avant cette soirée, je suis allée voir Sœur Simone pour lui rappeler notre entrevue, et ce qu’il avait
    fait germer en moi : « Sœur Simone, priez pour notre dîner de ce soir, je compte sur vous! ».
    Le lendemain, je rencontre Sœur Simone qui me prend par le bras, les yeux pétillants : « Alors?
    cette soirée ? …. J’ai prié pour vous ! »
    Je lui ai alors confié que nous avions passé une merveilleuse soirée, à l’écoute l’une de l’autre.

    J’ai eu alors des « MERCIS » à formuler :  
    – Au Seigneur, pour avoir fait naître en moi le DESIR de suivre un chemin, DESIR
    qui se transforme en JOIE pour rejoindre l’autre là où il est.
    – Aux petites sœurs, Christine, Marie-Claire, Marie-Thérèse, Régine, d’avoir pensé à
    organiser une rencontre avec une Petite Sœur Aînée.
    – Et bien sûr, à Sœur Simone. Elle avait été « un chemin » entre mon amie et moi.
    Maintenant quand je rencontre mon amie, je ne peux m’empêcher de penser à Sœur Simone.

    Brigitte VIVION, laïque associée

    Cette Petite Soeur a rejoint le Seigneur depuis l’écriture de cet article…

  • La joie d’être franciscain : témoignage d’un jeune en Centrafrique

    Nombreuses sont les personnes qui, en RCA, portent en elles des souvenirs traumatisants des violences des années passées. F. est l’un de ceux-là. Après une accalmie depuis 2016, le spectre des événements passés ressurgit dans les mémoires. Fidèle est un jeune, aujourd’hui devenu instituteur, très actif dans le mouvement de la Jeunesse Franciscaine. Il raconte ce qu’il a vécu, c’est pour lui un moyen de se libérer et de rebondir. Avec une force intérieure formidable, il fait le choix de la fraternité au-delà des frontières de la religion. Il dit non à la peur et reste « fidèle » à ses convictions et à sa foi de jeune franciscain.

    Après des périodes de violence terrible, c’est à côté de PK 5 [un quartier de Bangui où il y a eu de vives tensions entre Chrétiens et musulmans] que je suis allé travailler comme Instituteur en 2015. Beaucoup d’élèves vivaient dans des sites de déplacés où ils ont trouvé refuge avec leurs parents.

    Un jour, je suis rentré à la maison avec ma chemise déchirée parce que les Musulmans ont attaqué le quartier Fatima et que j’ai escaladé la clôture de l’école pour me sauver.

    Vers la fin de l’année, un Monsieur musulman, Centrafricain d’origine tchadienne s’est approché de la Direction pour avoir un précepteur [c’est le nom donné couramment aux maîtres qui aident les enfants à domicile] afin d’encadrer à la maison ses enfants revenus du Tchad.

    En acceptant de travailler avec ses enfants, je mettais ma vie en danger car je ne sais pas ce qui peut m’arriver à tout moment. Mes collègues de travail ne comprenaient pas pourquoi j’avais accepté. De même ma famille, qui ne veut même pas entendre parler de mon travail à l’école. Malgré tout, j’ai donné cours régulièrement aux enfants. J’allais même cinq fois par semaine pendant les grandes vacances au lieu de trois fois comme convenu.

    Comme jeune franciscain qui, durant les événements malheureux, participait à des récollections et des exposés-débats sur des thèmes comme : ‘’Le dialogue entre Chrétiens et Musulmans à l’exemple de Saint François d’Assise’’, mon regard est devenu autre. Je partais, et j’étais encouragé par les progrès des enfants.

    Peu à peu, les habitants du quartier commençaient à s’habituer à ma présence, les enfants commençaient à me dire « bonjour Monsieur » [Monsieur, c’est le titre qu’on donne aux maîtres].

    Un jour, des rumeurs sur l’assassinat d’un Musulman circulaient dans le quartier et la femme de ce Monsieur chez qui je donne des cours m’a demandé de partir. En cours de route, une maman m’a dit : ‘’Monsieur, que Dieu te protège’’.

    Aujourd’hui, avec ce Monsieur nous sommes les meilleurs amis. Quand quelque chose ne va pas, il informe la direction de l’école. Au marché, tous ses voisins commerçants me connaissent bien. Il a visité ma maison et connaît une partie de ma famille. Je continue à encadrer à la maison ses deux enfants et ceux de son parrain.

    Après la tentative ratée du désarmement des bandes armées de PK 5 par les forces des Nations-Unies en avril 2018, j’ai appelé le frère de son parrain pour avoir de leurs nouvelles. Cet homme m’a appelé ‘’frère’’. Ainsi « Monsieur F. » est devenu le frère des Musulmans grâce à la spiritualité franciscaine :

    C’est ma grande joie de franciscain !

     

     

  • La Jeunesse Franciscaine à la Maison d’arrêt de Bimbo à BANGUI

    Chaque dimanche, un groupe de la « Jeunesse Franciscaine » se réunit sous la paillote de notre fraternité à BANGUI. Nous avons des liens privilégiés avec ces jeunes qui partagent notre spiritualité : ils s’intéressent à St François  et essaient de vivre selon les grandes lignes de son charisme. Ils nous font parfois appel pour leurs  temps de réflexion. Cette année, pendant le Carême, ils ont choisi d’aller rendre visite aux femmes incarcérées à la prison de Bimbo.

    Petite sœur Marie-Christine : Qu’est-ce qui vous a poussé à aller visiter les femmes à la prison ?

    Fidèle : C’est un appel de Dieu parce que le Christ nous a dit : « J’étais en prison et vous ne m’avez pas visité ».

    Francis : St François nous a demandé d’apporter la joie là où il y a la tristesse, l’espérance là où il y a le désespoir, la lumière où il y a les ténèbres.

    Pourquoi particulièrement la prison cette année?

    Fidèle : Habituellement, nous allons dans les hôpitaux, mais nos responsables régionaux nous ont invités à aller vers les prisonniers. Il y a eu beaucoup de crimes pendant les évènements. Des personnes avaient perdu tous leurs biens, alors pour subvenir aux besoins de la famille, ils ont volé, ont été pris et mis en prison, d’autres se sont vengés.

     

    Combien y-a-t-il de femmes à la Maison d’Arrêt de Bimbo ? Et pour quels motifs sont-elles incarcérées ?

    Fidèle : Elles sont au nombre de 51, il y a des jeunes filles (dont deux avec un enfant de moins de deux ans), des plus jeunes et aussi des femmes âgées. Comme je le disais, certaines ont volé, d’autres ont commis des crimes ou se sont bagarrées avec leur coépouse ou leur rivale, leur conjoint… et l’ont blessé sérieusement.

    Les plus âgées sont souvent des veuves ou des femmes sans enfant accusées de sorcellerie.

     

    Depuis quand aviez-vous préparé cette visite et combien de jeunes étiez-vous ?

    Fidèle : Depuis le mois de février. Nous sommes allés là-bas une cinquantaine de jeunes. Toutes les paroisses de Bangui étaient représentées.

    Comment s’est déroulée la visite ?

    – Vers 9h00, on nous a fait rentrer dans la prison. Nous voulions avoir un échange avec les femmes, mais comme nous apportions des produits de première nécessité (sucre, savons, sardines, lait, café, huile, sel, riz…) et des médicaments collectés auprès des Fraternités Séculières (laïcs franciscains adultes), le Greffier nous a demandé de mettre ce qu’on avait apporté  dans des sachets selon le nombre des femmes. Ceci a pris du temps, de ce fait nous n’avons pas eu le temps d’échanger avec les femmes. Nous avons regretté.

    – Un frère franciscain et un frère capucin sont venus avec nous pour célébrer l’Eucharistie. Nous, les jeunes, nous avions constitué une petite chorale, rédigé des intentions de prière et préparé les lectures. Le prêtre avait pris l’Evangile de saint Luc : « Jésus devant le tribunal du Sanhédrin ». Il a eu des paroles fortes : « Dieu ne juge personne. En tant qu’hommes, nous, nous portons des jugements sur les autres et même sur Dieu parfois ! […] La vraie prison c’est notre cœur, dans lequel nous enfermons les autres et où nous nous enfermons nous-mêmes, notre cœur que nous refusons d’ouvrir à Dieu et à sa miséricorde». Il a invité les prisonnières à « s’ouvrir à Dieu ».

    – A la fin de la messe, une représentante des prisonnières a pris la parole pour remercier les jeunes franciscains en disant : « Plus que l’aide matérielle que vous nous avez apportée, c’est le réconfort humain et spirituel qui nous a touchées ».

    – Le Ministre Régional (ministre = terme franciscain signifiant Serviteur) de la Jeunesse Franciscaine avait présenté notre Mouvement au personnel pénitentiaire et le sens de notre visite : d’abord assister ces femmes spirituellement, leur partager la Parole de Dieu, prier et célébrer l’Eucharistie avec elles, leur apporter le Christ, leur dire en actes et en paroles que Dieu ne les a pas oubliées et qu’elles doivent garder l’espérance.

    – Le Chef de Sécurité de la prison a pris la parole au nom du Régisseur malade pour remercier les jeunes et leur a dit : « Ce n’est pas l’habit que vous portez qui fait de vous des Chrétiens, mais d’avoir une vie exemplaire et une bonne moralité, car actuellement le comportement des jeunes est souvent mauvais ».

    Enfin nous avons remis à chacune son sachet de produits, et les médicaments ont été donnés à l’infirmerie.

    – Pour terminer, nous avons chanté et dansé avec les prisonnières – moment de joie qui nous a fait oublier que nous étions dans une prison. Mêmes les soldats de la MINUSCA (les Casques Bleus) présents là-bas pour garder, ont dansé aussi!

    Que gardez-vous de cette visite à la prison des femmes ?

    Francis : Nous avons essayé de mettre en œuvre le charisme de François. Nous avons été bien accueillis par le personnel de la prison et par les femmes. Ce qui fait de la peine, c’est que certaines sont là depuis un ou deux ans et leur procès n’a pas encore eu lieu. Et aussi de voir ces « vieilles mamans » accusées de sorcellerie. J’ai senti que pendant la célébration et la danse qui a suivi, ces femmes ont un moment oublié leurs peines.

    Christa : Ce que j’ai vu m’a fait mal. Ces femmes sont privées de leur liberté et certaines ont leur enfant en bas âge avec elles en prison : deux bébés sont là avec leur maman ! C’est dur de voir cela. Des jeunes filles, qui auparavant allaient à l’école, se trouvent enfermées parce qu’elles ont blessé leur coépouse. Des mères ne sont plus avec leurs enfants, qui n’ont plus personne à la maison pour leur donner une bonne éducation. Ça m’a fait vraiment pitié, mais notre venue leur a donné beaucoup de joie et elles ont eu ainsi l’occasion de prier ensemble.

    Voyant tout cela, je veux maintenant donner des conseils à mes camarades de l’Université, pour qu’elles ne commettent pas de crimes, qu’elles ne soient pas brutales, qu’elles n’agissent pas dans la colère, car çà conduit à la prison. Il faut réfléchir avant de faire quelque chose.

    A nos mamans, j’ai aussi envie de dire de ne pas faire de bêtise car les enfants souffrent trop sans leur maman, ils sont mal à l’aise. Elles doivent rester fidèles et respecter les lois. On doit aimer son prochain comme soi-même, ne pas faire du mal et regarder l’autre comme sa propre sœur.

    Fidèle : Ce jour-là j’ai compris la parole qui dit : « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». J’ai pris conscience ce jour-là que derrière les murs, il y a des personnes comme nous et la plupart sont des chrétiennes, elles ont besoin de nos visites et de nos prières. Nous ne sommes pas allés là-bas pour les juger, mais en les regardant comme des personnes qui ont besoin de notre aide avec la Parole de Dieu.

    J’ai aussi pris conscience que si nous travaillons davantage ensemble religieux, religieuses, laïcs, jeunes de la famille franciscaine, nous pourrons faire bouger quelque chose dans notre société.

    J’ai compris comment St François pouvait être joyeux lorsqu’il donnait tout aux pauvres, qu’il ne gardait rien pour lui-même. Ce jour-là je me suis réellement senti franciscain.

    Petite Sœur Marie-Christine – BANGUI