• Rejoindre l’autre…

    Dans le cadre de nos rencontres de Chrétiens-associés (laïcs-associés), les Petites Sœurs animant
    notre groupe nous avaient invités à écouter nos Petites Sœurs Aînées sur le thème : « Une joie qui
    déborde en compassion».

    J’ai alors rencontré Sœur Simone BOUGIE qui m’a confié comment elle s’était intéressée au
    « football », afin d’avoir un sujet de discussion avec deux messieurs qui mangeaient                       
    quotidiennement à sa table.

    S’intéresser à un sujet qui ne vous passionne pas pour rejoindre l’autre … y aurait-il un chemin à
    suivre ?


    Quelques jours plus tard, nous recevions mon amie d’enfance avec son mari pour dîner. Il y a un
    sujet de conversation qui, à chaque fois qu’il est abordé, me fait « sortir de mes gonds ».
    Ce sujet de conversation lui tient à cœur … est-ce que je ne pourrais pas la rejoindre ?
    Avant cette soirée, je suis allée voir Sœur Simone pour lui rappeler notre entrevue, et ce qu’il avait
    fait germer en moi : « Sœur Simone, priez pour notre dîner de ce soir, je compte sur vous! ».
    Le lendemain, je rencontre Sœur Simone qui me prend par le bras, les yeux pétillants : « Alors?
    cette soirée ? …. J’ai prié pour vous ! »
    Je lui ai alors confié que nous avions passé une merveilleuse soirée, à l’écoute l’une de l’autre.

    J’ai eu alors des « MERCIS » à formuler :  
    – Au Seigneur, pour avoir fait naître en moi le DESIR de suivre un chemin, DESIR
    qui se transforme en JOIE pour rejoindre l’autre là où il est.
    – Aux petites sœurs, Christine, Marie-Claire, Marie-Thérèse, Régine, d’avoir pensé à
    organiser une rencontre avec une Petite Sœur Aînée.
    – Et bien sûr, à Sœur Simone. Elle avait été « un chemin » entre mon amie et moi.
    Maintenant quand je rencontre mon amie, je ne peux m’empêcher de penser à Sœur Simone.

    Brigitte VIVION, laïque associée

    Cette Petite Soeur a rejoint le Seigneur depuis l’écriture de cet article…

  • La joie d’être franciscain : témoignage d’un jeune en Centrafrique

    Nombreuses sont les personnes qui, en RCA, portent en elles des souvenirs traumatisants des violences des années passées. F. est l’un de ceux-là. Après une accalmie depuis 2016, le spectre des événements passés ressurgit dans les mémoires. Fidèle est un jeune, aujourd’hui devenu instituteur, très actif dans le mouvement de la Jeunesse Franciscaine. Il raconte ce qu’il a vécu, c’est pour lui un moyen de se libérer et de rebondir. Avec une force intérieure formidable, il fait le choix de la fraternité au-delà des frontières de la religion. Il dit non à la peur et reste « fidèle » à ses convictions et à sa foi de jeune franciscain.

    Après des périodes de violence terrible, c’est à côté de PK 5 [un quartier de Bangui où il y a eu de vives tensions entre Chrétiens et musulmans] que je suis allé travailler comme Instituteur en 2015. Beaucoup d’élèves vivaient dans des sites de déplacés où ils ont trouvé refuge avec leurs parents.

    Un jour, je suis rentré à la maison avec ma chemise déchirée parce que les Musulmans ont attaqué le quartier Fatima et que j’ai escaladé la clôture de l’école pour me sauver.

    Vers la fin de l’année, un Monsieur musulman, Centrafricain d’origine tchadienne s’est approché de la Direction pour avoir un précepteur [c’est le nom donné couramment aux maîtres qui aident les enfants à domicile] afin d’encadrer à la maison ses enfants revenus du Tchad.

    En acceptant de travailler avec ses enfants, je mettais ma vie en danger car je ne sais pas ce qui peut m’arriver à tout moment. Mes collègues de travail ne comprenaient pas pourquoi j’avais accepté. De même ma famille, qui ne veut même pas entendre parler de mon travail à l’école. Malgré tout, j’ai donné cours régulièrement aux enfants. J’allais même cinq fois par semaine pendant les grandes vacances au lieu de trois fois comme convenu.

    Comme jeune franciscain qui, durant les événements malheureux, participait à des récollections et des exposés-débats sur des thèmes comme : ‘’Le dialogue entre Chrétiens et Musulmans à l’exemple de Saint François d’Assise’’, mon regard est devenu autre. Je partais, et j’étais encouragé par les progrès des enfants.

    Peu à peu, les habitants du quartier commençaient à s’habituer à ma présence, les enfants commençaient à me dire « bonjour Monsieur » [Monsieur, c’est le titre qu’on donne aux maîtres].

    Un jour, des rumeurs sur l’assassinat d’un Musulman circulaient dans le quartier et la femme de ce Monsieur chez qui je donne des cours m’a demandé de partir. En cours de route, une maman m’a dit : ‘’Monsieur, que Dieu te protège’’.

    Aujourd’hui, avec ce Monsieur nous sommes les meilleurs amis. Quand quelque chose ne va pas, il informe la direction de l’école. Au marché, tous ses voisins commerçants me connaissent bien. Il a visité ma maison et connaît une partie de ma famille. Je continue à encadrer à la maison ses deux enfants et ceux de son parrain.

    Après la tentative ratée du désarmement des bandes armées de PK 5 par les forces des Nations-Unies en avril 2018, j’ai appelé le frère de son parrain pour avoir de leurs nouvelles. Cet homme m’a appelé ‘’frère’’. Ainsi « Monsieur F. » est devenu le frère des Musulmans grâce à la spiritualité franciscaine :

    C’est ma grande joie de franciscain !

     

     

  • La Jeunesse Franciscaine à la Maison d’arrêt de Bimbo à BANGUI

    Chaque dimanche, un groupe de la « Jeunesse Franciscaine » se réunit sous la paillote de notre fraternité à BANGUI. Nous avons des liens privilégiés avec ces jeunes qui partagent notre spiritualité : ils s’intéressent à St François  et essaient de vivre selon les grandes lignes de son charisme. Ils nous font parfois appel pour leurs  temps de réflexion. Cette année, pendant le Carême, ils ont choisi d’aller rendre visite aux femmes incarcérées à la prison de Bimbo.

    Petite sœur Marie-Christine : Qu’est-ce qui vous a poussé à aller visiter les femmes à la prison ?

    Fidèle : C’est un appel de Dieu parce que le Christ nous a dit : « J’étais en prison et vous ne m’avez pas visité ».

    Francis : St François nous a demandé d’apporter la joie là où il y a la tristesse, l’espérance là où il y a le désespoir, la lumière où il y a les ténèbres.

    Pourquoi particulièrement la prison cette année?

    Fidèle : Habituellement, nous allons dans les hôpitaux, mais nos responsables régionaux nous ont invités à aller vers les prisonniers. Il y a eu beaucoup de crimes pendant les évènements. Des personnes avaient perdu tous leurs biens, alors pour subvenir aux besoins de la famille, ils ont volé, ont été pris et mis en prison, d’autres se sont vengés.

     

    Combien y-a-t-il de femmes à la Maison d’Arrêt de Bimbo ? Et pour quels motifs sont-elles incarcérées ?

    Fidèle : Elles sont au nombre de 51, il y a des jeunes filles (dont deux avec un enfant de moins de deux ans), des plus jeunes et aussi des femmes âgées. Comme je le disais, certaines ont volé, d’autres ont commis des crimes ou se sont bagarrées avec leur coépouse ou leur rivale, leur conjoint… et l’ont blessé sérieusement.

    Les plus âgées sont souvent des veuves ou des femmes sans enfant accusées de sorcellerie.

     

    Depuis quand aviez-vous préparé cette visite et combien de jeunes étiez-vous ?

    Fidèle : Depuis le mois de février. Nous sommes allés là-bas une cinquantaine de jeunes. Toutes les paroisses de Bangui étaient représentées.

    Comment s’est déroulée la visite ?

    – Vers 9h00, on nous a fait rentrer dans la prison. Nous voulions avoir un échange avec les femmes, mais comme nous apportions des produits de première nécessité (sucre, savons, sardines, lait, café, huile, sel, riz…) et des médicaments collectés auprès des Fraternités Séculières (laïcs franciscains adultes), le Greffier nous a demandé de mettre ce qu’on avait apporté  dans des sachets selon le nombre des femmes. Ceci a pris du temps, de ce fait nous n’avons pas eu le temps d’échanger avec les femmes. Nous avons regretté.

    – Un frère franciscain et un frère capucin sont venus avec nous pour célébrer l’Eucharistie. Nous, les jeunes, nous avions constitué une petite chorale, rédigé des intentions de prière et préparé les lectures. Le prêtre avait pris l’Evangile de saint Luc : « Jésus devant le tribunal du Sanhédrin ». Il a eu des paroles fortes : « Dieu ne juge personne. En tant qu’hommes, nous, nous portons des jugements sur les autres et même sur Dieu parfois ! […] La vraie prison c’est notre cœur, dans lequel nous enfermons les autres et où nous nous enfermons nous-mêmes, notre cœur que nous refusons d’ouvrir à Dieu et à sa miséricorde». Il a invité les prisonnières à « s’ouvrir à Dieu ».

    – A la fin de la messe, une représentante des prisonnières a pris la parole pour remercier les jeunes franciscains en disant : « Plus que l’aide matérielle que vous nous avez apportée, c’est le réconfort humain et spirituel qui nous a touchées ».

    – Le Ministre Régional (ministre = terme franciscain signifiant Serviteur) de la Jeunesse Franciscaine avait présenté notre Mouvement au personnel pénitentiaire et le sens de notre visite : d’abord assister ces femmes spirituellement, leur partager la Parole de Dieu, prier et célébrer l’Eucharistie avec elles, leur apporter le Christ, leur dire en actes et en paroles que Dieu ne les a pas oubliées et qu’elles doivent garder l’espérance.

    – Le Chef de Sécurité de la prison a pris la parole au nom du Régisseur malade pour remercier les jeunes et leur a dit : « Ce n’est pas l’habit que vous portez qui fait de vous des Chrétiens, mais d’avoir une vie exemplaire et une bonne moralité, car actuellement le comportement des jeunes est souvent mauvais ».

    Enfin nous avons remis à chacune son sachet de produits, et les médicaments ont été donnés à l’infirmerie.

    – Pour terminer, nous avons chanté et dansé avec les prisonnières – moment de joie qui nous a fait oublier que nous étions dans une prison. Mêmes les soldats de la MINUSCA (les Casques Bleus) présents là-bas pour garder, ont dansé aussi!

    Que gardez-vous de cette visite à la prison des femmes ?

    Francis : Nous avons essayé de mettre en œuvre le charisme de François. Nous avons été bien accueillis par le personnel de la prison et par les femmes. Ce qui fait de la peine, c’est que certaines sont là depuis un ou deux ans et leur procès n’a pas encore eu lieu. Et aussi de voir ces « vieilles mamans » accusées de sorcellerie. J’ai senti que pendant la célébration et la danse qui a suivi, ces femmes ont un moment oublié leurs peines.

    Christa : Ce que j’ai vu m’a fait mal. Ces femmes sont privées de leur liberté et certaines ont leur enfant en bas âge avec elles en prison : deux bébés sont là avec leur maman ! C’est dur de voir cela. Des jeunes filles, qui auparavant allaient à l’école, se trouvent enfermées parce qu’elles ont blessé leur coépouse. Des mères ne sont plus avec leurs enfants, qui n’ont plus personne à la maison pour leur donner une bonne éducation. Ça m’a fait vraiment pitié, mais notre venue leur a donné beaucoup de joie et elles ont eu ainsi l’occasion de prier ensemble.

    Voyant tout cela, je veux maintenant donner des conseils à mes camarades de l’Université, pour qu’elles ne commettent pas de crimes, qu’elles ne soient pas brutales, qu’elles n’agissent pas dans la colère, car çà conduit à la prison. Il faut réfléchir avant de faire quelque chose.

    A nos mamans, j’ai aussi envie de dire de ne pas faire de bêtise car les enfants souffrent trop sans leur maman, ils sont mal à l’aise. Elles doivent rester fidèles et respecter les lois. On doit aimer son prochain comme soi-même, ne pas faire du mal et regarder l’autre comme sa propre sœur.

    Fidèle : Ce jour-là j’ai compris la parole qui dit : « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». J’ai pris conscience ce jour-là que derrière les murs, il y a des personnes comme nous et la plupart sont des chrétiennes, elles ont besoin de nos visites et de nos prières. Nous ne sommes pas allés là-bas pour les juger, mais en les regardant comme des personnes qui ont besoin de notre aide avec la Parole de Dieu.

    J’ai aussi pris conscience que si nous travaillons davantage ensemble religieux, religieuses, laïcs, jeunes de la famille franciscaine, nous pourrons faire bouger quelque chose dans notre société.

    J’ai compris comment St François pouvait être joyeux lorsqu’il donnait tout aux pauvres, qu’il ne gardait rien pour lui-même. Ce jour-là je me suis réellement senti franciscain.

    Petite Sœur Marie-Christine – BANGUI

  • Montre-moi ton visage…

    Témoignage de Marie-Thé, Petite Soeur à Morannes (près d’Angers, lieu de naissance de notre fondatrice) :

    Montre- moi ton visage… Ce thème de la journée mondiale de la santé m’a invitée à relire la vie de Louise Renault, notre fondatrice :
    En voyant une pauvre, elle regarde son visage souffrant, elle la prend dans son froid grenier
    et lui donne son lit pendant qu’elle passe la nuit près d’elle sur une chaise.

    A Morannes, elle a sans doute elle-même visité les malades de l’hôpital… Dans son sillage, les Petites Soeurs de St François ont toujours été présentes auprès des malades, puis des personnes âgées de l’hôpital, qui s’est transformé en maison de retraite. Aujourd’hui encore, les Petites Soeurs continuent d’accompagner les résidents.

    Marie-Thérèse (à gauche) avec d’autres    Petites Soeurs, à Morannes

    Depuis 2012, une aumônerie avec 7 accompagnateurs est mise en place… dont je fais partie.
    Nous assurons chaque semaine la permanence à tour de rôle pour descendre les résidents pour la messe ou pour une liturgie de la Parole, et faire des visites.
    « Montre- moi ton visage » : mystère des visages… merveille des visages. Le visage d’une personne « parle »… Visages beaux, visages souffrants, marqués parfois par la solitude, visages affrontant le quotidien, visages façonnés par toute une vie bien remplie…
    Ce sont des temps forts que nous vivons en équipe…
    Nous sommes émerveillés de la capacité d’adaptation des résidents, de leur sourire, de leurs visages lumineux qui donnent sens à leur vies et à la nôtre…

    Nous vivons des moments merveilleux, lors de la fin de vie. Nous sommes témoins de cette sérénité, cette profonde paix pour ce passage sur l’autre rive, ce lâcher prise…

    Ma prière est souvent celle-ci : « Seigneur, donne-nous de savoir Te reconnaître et donne nous ta tendresse pour les rencontrer vraiment »

    Je fais mien ce joli poème de J. Broissard :

     

    Que je voudrais trouver des mots qui réconfortent.
    Des mots qui donnent du courage, des mots d’espoir :
    Des mots : La plupart du temps je suis sans voix.
    Sans Mots Parce que je les trouve inutiles, Inadaptés .
    IIs ne peuvent rejoindre la douleur . Alors je me tais, J’écoute
    Attentif à leurs mots.
    Attentif aux signes qu’elles m’envoient .
    Attentif à leur corps.
    Un sourire, une pression de la main, peut-être trouveront-elles le courage de continuer la route
    Les mots qu’elles trouvent elles – mêmes au plus profond de leur nuit.
    Et qui sait !
    Celui qui a dit : Je ne suis pas venu pour les biens portants mais pour les malades.
    Venez à moi, et je vous procurerai le repos

    Marie Thérèse Baslé… en route pour une action de grâces 1819 (naissance de notre fondatrice)- 2019 !

     

     

  • L’éveil de la jeunesse de N’GOTTO

    Je m’appelle Lambert, je suis enseignant à NGOLA, un petit village divisé en deux quartiers, situé à 22Km de N’GOTTO. La population vit des travaux champêtres : la chasse, la pêche la cueillette …

    En 2015, j’ai accepté d’aller dans ce village pour diriger l’école nouvellement construite. Eduquer les enfants de ce village dans le but de leur faire acquérir un savoir-faire et un savoir-être, c’est important pour moi. Depuis que je suis à NGOLA, il y a encore des enfants non scolarisés : les parents me disent que leurs revenus ne leur permettent pas de les scolariser tous.

    J’ai le grand plaisir de vous partager ce que j’ai vécu à l’occasion de la manifestation culturelle organisée par la sœur Diane dans le cadre de ses actions éducatives envers nos jeunes. Auparavant, j’avais été chargé par la Sœur d’entraîner les jeunes filles de mon village. Cette manifestation sportive avait pour but de rassembler les adolescentes de N’GOTTO, NGOLA, MBANGALI…, de les mettre ensemble pour partager leurs compétences intellectuelles et physiques, leur donner des conseils, parler de leur foi…

    A notre retour au village, nous étions très fiers de nos enfants … car elles nous ont fait la surprise de remporter la victoire dans le match de football féminin !    Après cette rencontre, les filles de nos écoles ont eu le goût du football. De plus, leur esprit s’éveille, c’est une ouverture par rapport au milieu où nous sommes. Nous aimerions que la prochaine rencontre soit organisée dans notre village, pour faire profiter la population et les autres adolescents de cette chance pour leur vie sociale : comment nos filles préparent leur avenir par l’école, et en apprenant à faire des choix responsables.

    Ma sœur Diane, votre venue à NGOLA sera comme un lever du soleil pour la population. Nous attendons votre action éducative vis-à-vis de nos enfants trop isolés des autres. Nous vous disons merci, que le bon Dieu vous protège.

     

    Lambert GOWILI, directeur d’école à NGOLA

  • A l’orphelinat de Bangui…..

    J’accompagne un groupe d’une vingtaine de jeunes filles qui réfléchissent à leur vie de foi et cherchent à répondre à l’appel de Dieu.

    Le groupe se réunit le samedi après-midi tous les quinze jours. En mars, réfléchissant sur le sens du Carême, elles se sont interrogées : « quel acte de charité, de partage, pourrions-nous vivre ? ». Après échanges et réflexions elles ont décidé de faire une visite au « Centre de la Mère et de l’Enfant ».

    Cet orphelinat public accueille une trentaine d’enfants de 0 à 5 ans : orphelins, enfants abandonnés à la naissance, ou dont la maman ne peut pas s’occuper. L’une des jeunes a dit : « Nous ne pouvons pas aller les mains vides … ». Décision est alors prise que chacune apporte biscuits, savons, lessive ou vêtements.

    Arrivées là-bas le 1er Avril, nous avons commencé par visiter les lieux de vie des enfants. Puis, pour leur montrer notre affection, nous avons joué avec les plus grands et pris les plus petits dans nos bras. Les enfants étaient très heureux et ceux pris dans les bras s’accrochaient aux jeunes et ne voulaient pas qu’on les remette dans leur lit. Nous avons senti combien tous ont besoin d’être aimés

    Nous avons aussi échangé avec les femmes qui s’occupent de ces enfants et avant de partir nous leur avons remis nos petits paquets à partager. Elles étaient très touchées et ont de suite distribué les biscuits aux enfants.

    Les jeunes filles étaient très heureuses d’avoir passé ce moment avec les enfants. Elles espèrent qu’ils pourront trouver une famille qui les accueille et leur donne l’affection dont ils ont besoin pour grandir et être heureux. Elles ont aussi été touchées de voir des femmes qui se donnent près d’eux comme des mamans, alors qu’elles ont leurs propres enfants à la maison.

    Ce jour-là, ces jeunes filles ont expérimenté qu’il y a autant de joie à donner qu’à recevoir.

    Petite Sœur Prisca

     

  • Remettre debout des enfants, à Bangui !

    Plusieurs fois par an, en lien avec le Centre de Rééducation pour Handicapés Moteurs de Bangui, le Professeur ONIMUS et sa femme, viennent à BANGUI pour effectuer des opérations chirurgicales. Je fais partie de l’équipe soignante de ce Centre et je vous partage l’expérience de Marc, un garçon de 10ans, atteint de la polio à l’âge de deux ans ; il a perdu ses parents lors des évènements survenus dans notre pays.

    Marc est arrivé en consultation avec des déformations au niveau des deux jambes, de la hanche et du dos.

    Au mois de mars, il a subi une intervention chirurgicale au niveau de la hanche rétractée et sur la face postérieure du genou gauche, puis il a commencé les séances de rééducation.

    Aujourd’hui, grâce à cette intervention et à la rééducation il commence à se tenir correctement debout dans une bonne position.

    Il est très content et se sent à l’aise : « J’ai des projets : quand je serai guéri, je passerai mes examens et l’année prochaine je ferai le concours d’Entrée en 6ème  Voyant l’amélioration de son état, il dit : « J’aurai beaucoup de choses à réaliser ».

     

    Ce qui m’a touchée également : n’ayant plus ses parents c’est une jeune maman sans enfant qui a accepté de bon cœur de rester auprès de lui après l’intervention, pour s’occuper de lui comme si c’était son fils.

    Avant l’opération, ces handicapés se sentent souvent inférieurs, voire même rejetés : le handicap était considéré comme un mauvais sort fait à la famille et cette idée reste encore gravée dans certains esprits ; après l’opération ils se sentent égaux avec les bien-portants et mieux reconnus au sein même de leur famille ou entourage.Mon rôle après l’opération est d’apaiser, expliquer ce qu’on a fait, rassurer, aider à patienter et au moment de la rééducation, encourager la personne, valoriser les progrès…Lorsque ces personnes commencent à marcher, c’est la joie pour tous : le personnel, les personnes elles-mêmes et leur famille.

     

    J’en profite pour dire : « Merci à vous tous qui vous intéressez à notre vie et à notre mission en RCA ». 

    Petite Sœur Grâce – Bangui

  • Nos anges gardiens… aux visages humains !

    LES ANGES GARDIENS EXISTENT-ILS ?

                                OUI ! J’EN AI RENCONTRE DEUX !                                                           Témoignage de Marie-Christine, Petite Soeur

    Après une semaine passée avec nos Petites Sœurs de Montpellier, je prends le train vers Angers. A Paris, 53 mn pour passer de la gare de Lyon à celle de Montparnasse ! un peu juste ! En plus, le train parti arrive avec 5 min de retard ! Le bus arrive en même temps que moi chance !

    Nous échangeons quelques mots avec trois autres femmes qui prennent aussi le train. Le bus avance lentement : travaux puis ralentissements répétés… Coup d’œil sur ma montre, j’exprime tout haut mon doute d’arriver à l’heure. La jeune dame me demande l’heure de départ de mon train et me rassure, elle prend le même et a l’habitude. Quelle chance ! 1er ange gardien.

    Nous arrivons à Montparnasse ! Malchance : travaux sur le trottoir, l’escalier pour accéder aux quais est fermé !

    Nous voici lancées dans une course marathon ! Du haut de l’escalator, la jeune dame regarde si j’ai suivi, me fait un sourire satisfait et montre aux 2 autres dames encore en bas de l’escalier mécanique de monter aussi.

    Nous arrivons enfin au portillon d’accès au train, ils ne sont pas encore fermés : ouf ! mais il faut le billet pour que le portillon s’ouvre ! Alors que je cherche mon billet dans mon sac, j’entends une voix qui me dit : « ne vous affolez pas madame, je vais vous aider, c’est votre valise ? je vais vous la passer», j’acquiesce et levant la tête je vois un agent de la SNCF de couleur noire et avec un grand sourire  – c’était mon 2ème ange gardien.

    Heureuse d’avoir pu prendre ce train, je rends grâce au Seigneur d’avoir mis cette charmante femme sur mon chemin !

    En route je me dis : j’aimerais bien la retrouver à Angers pour la remercier de sa gentillesse. « Le Seigneur entend tout », mon souhait va se réaliser : je descends le plus rapidement possible du train et scrute les passagers sur le quai à la recherche de son visage. Tout à coup je la vois venant vers moi. Qui cherchait-elle ? moi ? pour savoir si j’avais réussi à prendre le train ? quelqu’un venu la chercher ?

    Peu importe : nos regards se croisent, nous nous sourions, je la remercie pour sa gentillesse et son attention et lui dis : « c’est grâce à vous si j’ai pu avoir ce train ». Elle me répond en pointant son doigt vers le ciel : « ce n’est pas grâce à moi, c’est grâce à Dieu ! »

    Quelle foi et quelle humilité, quelle disponibilité aux autres, quel renoncement à elle-même, car son attention pour moi et les 2 autres femmes aurait pu à elle aussi lui faire rater son train….

    « La charité est serviable… ne cherche pas son intérêt… la charité ne passe jamais… » Cf. 1 Cor 13, 4-5.8

                                                                    Marie Christine

     

  • « Pourquoi, pourquoi Seigneur ?»

    J’ai eu la grâce d’accompagner Béatrice jusqu’à son dernier souffle.

    Béatrice était une femme de 52 ans engagée à l’Arche de Jean Vanier depuis plus de 10 ans, je l’ai rencontrée il y a à peu près 3-4ans. Elle m’a introduit dans ce monde des petits, qui nous révèle la tendresse et la bonté de Dieu.

    Je crois que j’ai eu une place privilégiée durant les trois semaines où elle a été hospitalisée, avant de rejoindre Son Seigneur. Une place qu’elle m’a donnée, située entre sa famille et les membres de l’Arche.

    Malade et souffrant d’un cancer depuis 10 ans, une belle et vraie amitié s’est installée dans le respect, l’accueil de ce que nous vivions chacune. Souvent nous parlions de sa mort, elle savait qu’elle n’irait pas au bout de cette chimio…

    Les trois derniers jours avant la mort de Béatrice, je les ai vécus comme accompagnant Jésus sur la Croix.

    Le lundi, Béatrice était très fatiguée, je suis restée trois-quarts d’heure auprès d’elle, silencieusement, comme Marie au pied de la Croix.

    Le mardi, avant le Sacrement des malades, Béatrice était très mal, et en l’entendant dire : « Pourquoi, pourquoi Seigneur ?» je pensais à Jésus sur la Croix disant : « Mon Dieu, Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?»

    Le mercredi, à la demande de la famille, je suis allée passer la nuit auprès de Béatrice, avec sa sœur. Le matin du 23 novembre, Béatrice est partie très paisiblement, sereinement dans un souffle qui s’éteint.

    Merci Béatrice ! pour ce cadeau qui me permet aujourd’hui de communier du fond de mes entrailles à la Souffrance, la mort et la Résurrection de Jésus.

    Loué sois-tu Seigneur ! pour la grâce de l’amitié, elle nous conduit là ou l’autre nous mène, simplement, gratuitement …

                  Christine Renou, Beauvais            

  • Témoignage d’une Petite Soeur !

    Moi, Pascale Monique, je suis née dans un petit village de l’Oise à La Neuville Roy. Après la guerre, mes parents se sont séparés et, mon frère Michel et moi avons été élevés par nos grands parents.

    Ma Vocation ?

    Pascale Petite Soeur, lors de son jubilé en juin

     

     

     

     

     

    L’appel du Seigneur se fait dans un discernement, une reconnaissance, vient ensuite le temps de  l’accueil, du oui, d’une recherche

    Où vivre cet appel ? Pour quelle mission, dans quelle congrégation ?

    Quand la recherche avance, on découvre  diverses congrégations et spiritualité C’est toute une étape à vivre. Personnellement j’ai fait confiance et après bien des épreuves le Seigneur me conduisit à Angers. Sous la direction de Mg Bellanger, cousin d’une petite sœur je pris contact avec elle. La découverte de St François a été une révélation. Voilà ce que je désirais vivre

    Dimension fraternelle sans esprit de domination, simplicité
    Artisan de Paix, de joie en chemin avec mes frères                         

    La contemplation du Christ est au cœur de nos vies
    Louer le Seigneur et toutes les créatures

    Et voilà, Depuis 50 ans, le Seigneur m’a donné des sœurs pour le vivre à Angers, Beauvais, Créteil, Aulnay sous- bois, en exerçant la profession de travailleuse familiale puis comme monitrice en éducation familiale à l’aide sociale à l’enfance, engagée au syndicat pour faire reconnaitre cette profession, à Vie libre en accompagnant des personnes en cure de sevrage, en JOC ainée  comme accompagnatrice d’équipe et comme membre de la famille franciscaine en monde populaire et maintenant à St Quentin parmi vous comme retraitée et bénévole à la mission locale, en Action Catholique Ouvrière, à Ecoute- jeunes.

     

    Je peux dire merci au Seigneur pour toutes les grâces reçues tout au long de ce chemin avec d’autres, les amitiés construites dans une solidarité, un combat pour un mieux vivre ensemble Dans les épreuves, la Foi en la Parole du Seigneur fut ma force «  Venez à moi vous tous qui souffrez et je vous referai » … « Je suis avec vous jusqu‘à  la fin des temps »

                                                                               Pascale Deliancourt