• Avec les familles de prisonniers…

    A Lorient, Gisèle, une Petite Soeur est engagée au bateau-bleu, qui accueille les familles de prisonniers. Partons avec elle à leur rencontre !

    « Le bateau bleu », aux abords de la prison

    Le « bateau-bleu » est un espace de solidarité où viennent les familles des détenus du centre pénitentiaire de Lorient Ploemeur (où sont 300 détenus). Avec 53 bénévoles, l’association organise des rotations pour être présente lors trois journées dédiées aux parloirs. Des binômes de bénévoles se relaient.

    C’est un sas de décompression pour les familles. Avant et après le parloir, les femmes, souvent accompagnées d’enfants, sont heureuses de trouver un lieu d’accueil. La visite est un moment très stressant, car il faut affronter l’univers carcéral. Ce parloir est fréquenté en grande majorité par des femmes, qui ne le rateraient pour rien au monde.

    Comme bénévoles, nous sommes à leur écoute, nous offrons du réconfort par le biais d’un sourire, d’une boisson, de gâteaux, de bonbons… Les enfants peuvent jouer, dessiner pour leur papa. Bien des femmes se refont une beauté !

    Notre attitude s’articule autour de quatre mots clés : l’écoute, la discrétion, la disponibilité, le respect de la diversité des visiteurs.

    Gisèle à l’intérieur du local, derrière le comptoir où sont donnés boissons, petits gâteaux…

    Quelquefois fois, certains sont là pour attendre une personne qui est au parloir. Ce temps semble long. C’est la visite surprise d’un prisonnier qui arrive avant l’heure fixée. Au passage Il apprécie un café. C’est un prisonnier, à sa sortie : « Vous accueillez ma mère, à sa retraite elle sera bénévole. »

    En 2017, le « bateau bleu » a accueilli 11 400 personnes dont 1 700 enfants !

    Je me sens très à l’aise dans cet engagement. Ca correspond bien à ma vie de Petite Sœur… Être simplement présente, discrète, aimante. Accueillir chacun, sans exception, avec un regard de bienveillance…

    Gisèle

  • Nos anges gardiens… aux visages humains !

    LES ANGES GARDIENS EXISTENT-ILS ?

                                OUI ! J’EN AI RENCONTRE DEUX !                                                           Témoignage de Marie-Christine, Petite Soeur

    Après une semaine passée avec nos Petites Sœurs de Montpellier, je prends le train vers Angers. A Paris, 53 mn pour passer de la gare de Lyon à celle de Montparnasse ! un peu juste ! En plus, le train parti arrive avec 5 min de retard ! Le bus arrive en même temps que moi chance !

    Nous échangeons quelques mots avec trois autres femmes qui prennent aussi le train. Le bus avance lentement : travaux puis ralentissements répétés… Coup d’œil sur ma montre, j’exprime tout haut mon doute d’arriver à l’heure. La jeune dame me demande l’heure de départ de mon train et me rassure, elle prend le même et a l’habitude. Quelle chance ! 1er ange gardien.

    Nous arrivons à Montparnasse ! Malchance : travaux sur le trottoir, l’escalier pour accéder aux quais est fermé !

    Nous voici lancées dans une course marathon ! Du haut de l’escalator, la jeune dame regarde si j’ai suivi, me fait un sourire satisfait et montre aux 2 autres dames encore en bas de l’escalier mécanique de monter aussi.

    Nous arrivons enfin au portillon d’accès au train, ils ne sont pas encore fermés : ouf ! mais il faut le billet pour que le portillon s’ouvre ! Alors que je cherche mon billet dans mon sac, j’entends une voix qui me dit : « ne vous affolez pas madame, je vais vous aider, c’est votre valise ? je vais vous la passer», j’acquiesce et levant la tête je vois un agent de la SNCF de couleur noire et avec un grand sourire  – c’était mon 2ème ange gardien.

    Heureuse d’avoir pu prendre ce train, je rends grâce au Seigneur d’avoir mis cette charmante femme sur mon chemin !

    En route je me dis : j’aimerais bien la retrouver à Angers pour la remercier de sa gentillesse. « Le Seigneur entend tout », mon souhait va se réaliser : je descends le plus rapidement possible du train et scrute les passagers sur le quai à la recherche de son visage. Tout à coup je la vois venant vers moi. Qui cherchait-elle ? moi ? pour savoir si j’avais réussi à prendre le train ? quelqu’un venu la chercher ?

    Peu importe : nos regards se croisent, nous nous sourions, je la remercie pour sa gentillesse et son attention et lui dis : « c’est grâce à vous si j’ai pu avoir ce train ». Elle me répond en pointant son doigt vers le ciel : « ce n’est pas grâce à moi, c’est grâce à Dieu ! »

    Quelle foi et quelle humilité, quelle disponibilité aux autres, quel renoncement à elle-même, car son attention pour moi et les 2 autres femmes aurait pu à elle aussi lui faire rater son train….

    « La charité est serviable… ne cherche pas son intérêt… la charité ne passe jamais… » Cf. 1 Cor 13, 4-5.8

                                                                    Marie Christine

     

  • Prendre soin… hier comme aujourd’hui !

    Notre fondatrice, Mère Joséphine, avait une santé fragile. Très jeune, elle a connu des périodes de maladie et de soin. Marquée par cette expérience de la souffrance morale et physique, elle aidera pendant 20 ans les Soeurs de St Vincent de Paul à prendre soin des malades, à l’Hôtel Dieu d’Angers.

    Puis, elle et plusieurs femmes, laïques et franciscaines, se sont associées et ont décidé d’habiter ensemble pour se dévouer plus efficacement au service des malades. Elles étaient toute dévouées aux pauvres dans leur quartier, répondant à leurs besoins physiques et spirituels…

    Petit à petit, le groupe des garde-malades prend forme et consistance. Le service des malades s’organise, d’abord et surtout auprès des pauvres, gratuitement, mais aussi chez des personnes plus aisées.

    Le travail de garde-malades est un véritable apostolat. Les Petites Soeurs soignent et soulagent la souffrance des malades, parfois au péril de leur vie (de par les maladies contagieuses). Elles viennent aussi en aide aux familles nécessiteuses, prenant en charge les enfants, procurant du pain là où il fait souvent défaut, apportant réconfort et sérénité.

    La notion de garde-malades s’est rapidement élargie et étendue au service de toute misère rencontrée, des laissés-pour compte de la société surtout.

    Toute cette présence pleine de compassion et de tendresse s’enracinait dans la prière quotidienne, et en particulier la contemplation du Christ souffrant.

    Pendant longtemps, en France comme en Centrafrique, la Congrégation a tenu des dispensaires, des cliniques, les Petites Soeurs se dépensant sans compter pour soigner et réconforter toute personne.

    Encore aujourd’hui, certaines Petites Soeurs travaillent dans le milieu de la santé.

    Et surtout chaque Petite Soeur se sent engagée à accueillir, écouter, prendre soin de chaque personne rencontrée… spécialement les plus fragiles…

    « Suis-je le gardien de mon frère, disait Caïn ? »… « Tu es le gardien de ton frère » disait St François

    Pour découvrir les autres trésors de notre fondatrice

     

  • 1000 et une façons de vivre Noël !!

    A quoi peut bien ressembler un Noël chez les Petites Soeurs ?!

    Chaque fraternité cherche ensemble comment vivre cette grande fête !! et chaque année est différente !

    A BEAUVAIS

    Samedi 23, messe et adoration à la paroisse, journée de prière et de silence pour l’une ou l’autre, rencontres, visites à des personnes seules pour d’autres, préparation des fleurs à la paroisse pour l’une de nous… Dimanche, deux Petites Soeurs ont servi des petits déjeuners à des personnes en précarité, avec d’autres bénévoles… Joie de ces moments partagés avec ces Petits et ces pauvres qui sont les préférés de Dieu…

    Puis veillée et messe de Noël en Eglise ! Le jour de Noël à midi nous avons accueilli une dizaine de personnes seules : moment de convivialité, de fraternité…

    …le tout ponctué de la liturgie des heures qui nous porte ensemble et nous donne de rendre grâce, le matin, le midi et le soir…

    A LORIENT

    Vivre un NOËL à l’intérieur de la prison de Lorient-Ploemeur ! Ce fut une première et cela m’a beaucoup marquée !
    Nous étions 12 personnes de l’extérieur : notre Evêque, personnes de l’aumônerie, visiteurs…
    Tout a été fait pour créer une ambiance festive. Après la messe, nous avons distribué des boissons, de brioches, chocolats… Avant de repartir en cellule chacun a reçu un magnifique bouquet de fleurs. L’un d’eux me dit : « Est-ce qu’il pourra tenir jusqu’au 03/01 ? ». Ce jeune prisonnier m’explique : « J’ai été condamné pour 8 mois, de ce fait j’avais désiré que ma fille (8 ans) ne vienne pas me voir à la prison. Ma peine a été prolongée alors j’ai désiré la revoir. J’ai obtenu une permission pour la voir hors de la prison.. »
    Le 03/01 je suis à l’accueil des familles, proches des prisonniers. Je vois arriver ce papa avec sa fille, sa mère et son beau-père. C’est vraiment une grande joie de se retrouver, ils sont tous rayonnants. Le prisonnier me présente chacun et de me préciser que le bouquet était fané mais qu’il l’a gardé pour le remettre à sa maman. Oui ce temps a été dense, unique…  Gisèle

     

    A MONTPELLIER !

    Quelque temps avant Noël le curé de notre paroisse nous demande d’animer la messe de Noël, dans une petite chapelle où sont accueillies une douzaine de femmes qui dormiraient sinon dans la rue. Après quelques hésitations, nous avons dit « oui », il fallait bâtir la célébration, trouver des animateurs de chants et des musiciens. Nous souhaitions que ce soit une belle célébration de  Noël, dans la joie et l’action de grâce, dans ce lieu signifiant. Marie et Régine ont fait appel des collègues de travail, qui ont accepté, heureux de vivre cela. Les personnes qui logent là avaient bien préparé la chapelle !

    Animation de la messe par nos Petites Soeurs

    Ce fut une belle messe de Noël célébré par le Père René-Luc, festive et priante, il y avait environ 120 personnes, certains étaient debout ou assis par terre !

    Un autre évènement qui a marqué la fraternité : Marie à son école a vécu le « calendrier de l’Avent inversé », c’est-à-dire qu’au lieu de recevoir quelque chose, les enfants et les parents, donnaient un nécessaire pour une personne à la rue homme ou femme. C’est formidable de voir comment les enfants ont répondu à l’appel !  90 paquets cadeaux à faire !!

    les cadeaux faits par les élèves, emballés en fraternité et donnés à des personnes en difficulté !

    Vers 20h, nous avons retrouvé une soixantaine de personnes en précarités, hommes et femmes et les membres de l’association, pour vivre le réveillon de Noël, un bon temps d’échange vécu dans la joie au son de la musique. Au dessert, les paquets ont été distribués. Quelle surprise pour chacun découvrir ce qu’il y avait dedans ! Certains n’avaient pas eu de cadeaux depuis longtemps..

    Jésus vient frapper à la porte de nos coeurs… dans la prière, la vie fraternelle, le service, les rencontres… Dieu nous parle au coeur ! Dieu vient habiter chez lui…

  • Au village, sauver la vie encore et encore…

    Je suis heureuse de continuer mon activité  auprès des enfants malnutris et de leurs mamans, avec notre équipe soutenue par Caritas et UNICEF. J’aime les soigner.

    Aujourd’hui ma joie est grande de voir des enfants retrouver leur santé. Ce sont leurs mamans qui témoignent et sensibilisent les autres par rapport aux soins que nous apportons et à la prévention.

    Quand les mamans arrivent avec leurs enfants dans un état critique, bien maigres et fatigués, cela me touche profondément et je garde confiance car je me suis habituée à les sauver. Le plus souvent, ma première réaction, c’est d’accueillir la maman avec son enfant et de lui donner l’espoir par rapport au soin de son enfant. Je prends dans mes bras les enfants atteints de gale, je les touche, et je commence à conseiller la maman pour lui montrer qu’il faut continuer à donner à l’enfant une affection maternelle. En faisant ça, elle n’aura pas de honte ou le moral abattu. Sinon, elle pourrait fuir la consultation et laisser l’enfant mourir. Sauver la vie des enfants est ma mission de Petite Sœur de Saint François. En voyant  un enfant qui souffre, c’est un membre de mon corps qui souffre aussi. Le plus souvent, le traitement dure six semaines avec un accompagnement personnel à domicile. Je leur donne les produits alimentaires thérapeutiques selon leur poids et il faut accompagner cela avec une alimentation équilibrée.

    Je reçois de temps en temps des petits gestes de reconnaissance des parents à mon égard: par exemple, des fruits, comme je leur recommande d’en donner aux enfants.

    Voici le témoignage d’un jeune couple….

    « Je m’appelle YANGBIO Grâce à Dieu. Je suis originaire de POUTEM, à 5km de Ngotto. J’ai épousé ma femme qui s’appelle Rachel, elle avait un garçon de 3 ans : Borel.

    Nous avons cherché à le soigner mais sans résultat. En visite à NGOTTO chez des parents, ils nous ont demandé d’emmener l’enfant chez la Sœur. En arrivant, la Sœur nous a réservé un bon accueil, elle a commencé à nous prodiguer des conseils : donner à l’enfant une alimentation variée  et équilibrée, et elle a complété avec des produits thérapeutiques.

    Au bout de deux semaines, nous avons vu un grand changement chez l’enfant.

    Les conseils de la Sœur aideront ma femme pour la suite de notre vie ensemble et pour les enfants que nous aurons. Je suis persuadé que les gens de notre village s’étonneront de revoir Borel en bonne santé. »