• Prendre soin des malades

    Petite Sœur Rosine Fleur, infirmière diplômée d’Etat, j’ai la joie de vous partager ma mission auprès des malades dans le Centre de Santé de Boy Rabe, dans le 4ème arrondissement de BANGUI, lieu où je travaille depuis le 8 mars 2022.

    Après mes études d’infirmière en Côte d’Ivoire de 2008 à 2011, je suis revenue à BANGUI. Puis en 2016, j’ai été affectée à la fraternité de NGOTTO. Là j’ai travaillé jusqu’en 2021 à la pharmacie de la paroisse, que le Diocèse a remis à la gestion de notre Communauté. J’ai rendu service, tout en faisant des petits soins infirmiers, surtout près des pauvres.

    Dieu merci, l’année dernière, j’ai eu la grâce d’être intégrée dans la Fonction Publique de Centrafrique. Là, le Conseil Général m’a demandé de revenir à BANGUI et j’ai été affectée au Centre de Santé de Boy Rabe, dans le quartier voisin de notre fraternité.

    J’ai eu la joie d’être accueillie par le Chef de Centre, Docteur Corinne, et le personnel qui constitue l’équipe soignante. Je me suis vite intégrée et mise au travail comme tout le personnel.

    En arrivant, j’ai été affectée au service de Petite Chirurgie, c’est-à-dire que je faisais les pansements, les piqûres, j’administrais les sérums aux patients, etc…

    Cela me plaît : sauver la vie de quelqu’un qui est souffrant, le soulager de sa douleur, c’est lui offrir une chance de vivre…

    Maintenant, je suis à la Consultation des enfants et adultes. Je les consulte… cela signifie que je suis devant un malade qui a pris son courage pour venir à l’hôpital chercher de l’aide. Je l’accueille, je l’écoute avec ses plaintes, et j’ai à trouver des remèdes à ses maux.

    Je suis très heureuse de mon travail d’infirmière. Cela valorise ce que j’ai étudié à l’Institut des Agents de Santé. Mon travail me permet, en tant que Petite Sœur de saint François, d’entrer en relation avec les malades. C’est bien dans le sillage de notre Fondatrice Mère Joséphine, qui dès le début de la Congrégation était, avec ses sœurs, garde-malade. Prendre soin des malades !

     

    Merci à Dieu ! Merci à mes Petites Sœurs, de ce que je suis aujourd’hui.

     

     

  • Des nouvelles de Boali !

    Depuis septembre, nos deux Petites Sœurs Aida et Diane, envoyées pour la fondation de la fraternité de BOALI, ont commencé leur mission.

    Elles habitent une petite maison, louée au quartier, en attendant la fin de la construction de notre maison, et ont commencé leurs activités, avec nos frères franciscains, en charge de la paroisse.

    Les travaux se poursuivent grâce à la solidarité de tous : Congrégation, amis et organismes. La toiture est en cours de pose.

    MERCI à tous !

    CLIQUEZ ici pour faire un don :

    https://www.cotizup.com/missionboali

  • La joie de remettre un enfant debout !

    Petite sœur Grâce, je travaille au CRHAM (Centre de Rééducation pour Handicapés Moteurs) à BANGUI, depuis plusieurs années en rééducation et kinésithérapie.

     

    Je vais vous raconter le parcours de santé d’Abigaëlle (8 ans), que je soigne ; c’est une enfant handicapée infirme moteur cérébral. Elle habite à BANGUI. Elle avait été abandonnée par son papa à cause de son état. C’est sa maman seule qui s’occupe d’elle. Abigaëlle ne s’assoit pas toute seule, ne sait pas manger avec ses mains, elle a une faiblesse musculaire au niveau des membres supérieurs et inférieurs. Elle ne peut pas se retourner dans son lit ni relever sa tête. Elle est toujours allongée. Elle a des rétractions au niveau des deux genoux et aussi à la hanche. Par contre, elle n’a pas de problème de vision ni de langage.

    Un jour, sa maman était venue au CRHAM pour rendre visite à sa nièce qui avait été opérée pour des pieds bots dus à une malformation congénitale. Alors par la suite, elle a pris son courage pour revenir avec sa petite Abigaëlle et a décidé de commencer des séances de rééducation. Lors de son premier contact avec la Sœur responsable, l’enfant disait : « Je ne sais pas pourquoi je suis toujours allongée, ce n’est pas de ma faute ! A la maison, je vais essayer de faire de mon mieux. Je veux que tu me tires les jambes pour que je puisse marcher comme tous les autres enfants. »

     

     

    En venant au Centre de Rééducation, elle a déjà trouvé l’espoir de marcher un jour et je veux l’aider à réaliser son vœu. Elle vient trois fois par semaine pour les soins de rééducation.

    La maman me partage souvent sa peine : « Ma sœur, ce n’est pas facile d’avoir un enfant handicapé, c’est lourd. »

     

    Il faut avoir le courage et le moral pour porter tout cela. La petite Abigaëlle n’a pas de moyen de déplacement (tricycle ou fauteuil roulant). La maman continue à la porter sur le dos. La maman et ses sœurs cadettes passent tout leur temps à s’occuper d’elle…

    Puisqu’elle n’a pas de problème de langage, dans deux ans, si tout va bien, elle pourra aller à l’école comme tous les autres enfants valides.

    Voilà ma joie. Ce travail de remettre les enfants debout me tient à cœur. C’est une belle mission de Petite Sœur. Merci pour votre soutien qui nous aide dans notre mission près des plus petits. Peut-être grâce à vous, Abigaëlle aura un jour un moyen de déplacement…

    Petite Sœur Grâce

     

     

  • « Fratelli Tutti »… Entraide fraternelle à NGOTTO

    De passage à NGOTTO pour quelques mois pour préparer mon engagement définitif, je vous raconte mon expérience dans l’équipe de Caritas paroissiale. Après avoir vécu dans ce village, il y a quelques années, et en y revenant pour cette circonstance, j’ai été heureuse de m’engager dans ce service.

    J’ai rencontré Mamie Elisabeth, une personne âgée, isolée, qui vit de presque rien, sans revenu. Elle a un petit champ qui l’aide à se nourrir de temps en temps. Sa maison est délabrée, presque en ruine. Elle n’a pas de ressources pour la réfectionner ni pour l’équiper d’un lit et de quoi s’asseoir.

    Avec l’équipe de la Caritas, qui est composée de quelques laïcs et moi-même, nous nous sommes mobilisés pour lui construire une petite maison.

    Savez-vous quelles sont les personnes qui se sont engagées pour aider cette mamie à avoir une maison? – Les jeunes venus de villages éloignés que nous, les Sœurs, soutenons pour leur scolarité car sans aucun soutien de leurs parents.  Eux, ils fabriquent les tuiles de bambou pour couvrir la maison. Deux jeunes du groupe de St Vincent de Paul fabriquent les briques, accompagnés d’un paroissien qui est maçon. Nos enfants des villages eux, ont fini leur année scolaire et sont toujours là. C’est la période du ramassage des chenilles, un moment important dans la vie des villageois pour faire des réserves alimentaires  ou un peu de vente. Mais ils ont tout abandonné de leur propre initiative pour apporter leur participation jusqu’au bout.

    ici, Mathurin un élève Pygmée et Claver, un enfant d’une famille très pauvre, restés à Ngotto pour fabriquer les tuiles pour cette maman

    Et moi, passionnée par la pauvreté qu’a vécue St François d’Assise, sa proximité des plus petits continue de résonner dans mon cœur. Etre au service des pauvres est pour moi une manière d’imiter Jésus dans son amour réel pour les plus petits, comme l’a fait saint François.

    Cette grâce de vivre cela au quotidien vient de Lui.

    La réalisation de la maison de Mamie Elisabeth est pour moi le résultat des efforts de tous, chacun apportant ses qualités pour relever l’autre.

    Nous formons un groupe fraternel. C’est un geste qui me touche, qui m’encourage, comme Petite Sœur, à regarder dans chaque être l’amour de Dieu. Un pauvre aide un pauvre à se relever. C’est ce que ces jeunes ont pu faire avec cette mamie.

    Petite Sœur Diane

    Et pour moi, qui quitte NGOTTO après cinq années, JOIE de cette présence missionnaire !

    J’ai fait une belle expérience parmi cette population, dans le « vivre ensemble » avec des personnes de tout genre, dans le travail auprès des enfants de basse condition.

    J’ai aimé ma mission à l’école, car elle m’a permis d’être en lien avec  tous, enfants, enseignants, parents d’élèves, et à travers cela, de toucher du doigt ce que vivent les enfants afin de pouvoir les aider.                      Petite Sœur Aida

     

  • Bénédiction d’un nouveau tabernacle à Montpellier

    Depuis quelques temps, les Petites Soeurs de Montpellier cheminaient pour faire créer un tabernacle pour l’oratoire de la fraternité.

    Un couple d’amis artistes a créé une oeuvre magnifique, qui a été bénie le 13 octobre par un des prêtres du diocèse, au cours d’une Eucharistie. Pour le temps d’action de grâce, les Petites Soeurs ont choisi des prières en lien avec la création.

    Quelques mots sur l’inspiration du projet :

    Dans le prophète Isaïe (7 14b-15) « Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l’appellera Emmanuel, (c’est-à-dire : Dieu avec nous). De crème et de miel il se nourrira, et il saura rejeter le mal et choisir le bien. »
    La forme, les couleurs sont en lien avec cette promesse biblique, et aussi avec la spiritualité franciscaine : pauvreté et proximité avec la nature.

    Elles rappellent une ruche traditionnelle cévenole et s’intègre ainsi dans la région et ses traditions.

    « Voici que chaque jour il s’humilie comme lorsqu’il est descendu de son trône royal dans le sein de la Vierge. Ainsi, chaque jour, il vient à nous sous une humble apparence ; chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre. Et comme il s’est montré aux apôtres dans un vrai corps, de même il se montre maintenant à nous dans le pain sacré. Et comme, par les yeux du corps ils voyaient seulement son corps, ainsi nous-mêmes lorsque nous le pain et le vin avec les yeux du corps, croyons fermement que ce sont, bien réels et vivants, son corps et son sang très saints. De cette manière, le Seigneur est toujours avec ses fidèles, comme il le dit lui-même : Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin des siècles. » Admonition 1 de St François

     

    Le tabernacle est en terre cuite, avec une façade en forme pointue arrondie, qui rappelle également les ruches traditionnelles d’Afrique et d’autres pays.
    La porte est en terre cuite ajourée. Le motif floral est percé dans l’argile, les vides sont recouverts de l’intérieur par une plaque de verre de couleurs, éclairée de l’intérieur de la porte.
    La porte du tabernacle porte comme symboles : une croix glorieuse, en forme de fleur, comme nourriture des abeilles, signe de fertilité et de la vie. Elle émet de la lumière.

    « La lumière est venue dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie » Jn 1, 5

  • Un toit pour vivre ! Quand la solidarité fait des miracles

    Maman Chantal, c’est une femme de notre paroisse de Ngotto. Elle est souvent délaissée. Bossue, elle est un peu handicapée pour travailler, et bien pauvre. Plusieurs fois, elle a été accusée de sorcellerie.

    Avant, elle vivait bien, elle était bien accueillie par les gens et par sa famille. Suite à ces accusations, elle s’est trouvée rejetée. Même son propre enfant la fuit. Elle est abandonnée à elle-même, et se débrouille comme elle peut pour vivre. Après avoir vécu ici ou là, chez quelques personnes qui avaient eu pitié d’elle pour un moment, elle s’est retrouvée toute seule dans une petite maison délabrée.

    Un jour où j’étais allée visiter des gens au quartier, j’ai vu sa case et ça m’a fait pitié : une case à moitié écroulée, la toiture à moitié envolée ! Elle dormait presque dehors, pas à l’intérieur d’une case !

    Je suis rentrée toute triste en parlant de cela à mes sœurs pour chercher comment l’aider à réfectionner sa maison.

     

    En fraternité, nous avons été d’accord pour l’aider en faisant recours aux aides que nous avons reçues des amis de la Congrégation. Puis je suis allée en parler aux deux animateurs de notre Bibliothèque de Rue : deux jeunes collégiens, Anselme et Charles Le Bon.

    Malgré leurs occupations pour la subsistance de leur propre famille en plus de l’école, ils ont accepté de venir aider cette maman. Ce sont ces deux jeunes qui m’aident pour les activités de la Bibliothèque de Rue avec les enfants. Un camarade les a rejoints pour ce coup de main : Gustave.  Tous les trois sont scouts, et ils savent mettre en acte leur devise : « toujours prêts ! » *

    Peu de temps après, ils ont commencé à faire des briques puis des tuiles de bambou pour la toiture. Après avoir réuni toutes les conditions, ils ont commencé à maçonner la maison. Je pense que pour trouver des jeunes qui se rendent disponibles de cette manière, c’est un peu difficile. Beaucoup à NGOTTO ne pensent qu’au chantier de diamant. Mais ces garçons ont accepté généreusement de construire la maison d’une pauvre maman, afin qu’elle puisse trouver où se loger, pour être digne, respectée.Au fur et à mesure du travail, nous avons procuré aux jeunes de quoi manger. A la fin, nous leur avons remis quelques fournitures scolaires pour récompenser leur générosité. Mais surtout, ils ont fait une belle expérience !

    Ce sont eux qui ont accepté de la secourir en réfectionnant sa maison, avec le coup de main des Petites Sœurs et de nos amis. Je suis heureuse de voir que la vie de maman Chantal commence à changer. La solidarité fait aussi changer le regard sur l’autre. Je ferai tout pour suivre cette maman et faire qu’elle soit mieux considérée par les gens, et retrouve sa dignité.

    Le père Joseph WREZENSKY a dit : « tout être humain est sacré, nous devons le respecter ». C’est dans l’esprit de ce que j’ai appris pendant ma formation avec le mouvement ATD quart monde, et c’est aussi l’esprit de ma congrégation des Petites Sœurs de Saint François : je suis appelée à vivre avec les méprisés, les rejetés et des personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté. C’est ma joie quand je vois les gens travailler main dans la main pour s’entraider.

    Prisca, Petite Soeur

    Anselme, Charles et Gustave témoignent…

    « On n’a pas fait ça sans raison. Cette mère dormait dehors, elle n’avait pas une vraie maison. On a voulu l’aider pour qu’elle puisse vivre normalement. On n’a pas fait ça pour se montrer. Cette femme n’a aucun moyen, elle est déjà fatiguée, elle n’avait pas la possibilité d’arranger sa case elle-même. Elle a un fils, mais cet enfant ne s’occupe pas de sa maman. En plus, elle est handicapée. Nous avons travaillé tous les trois, main dans la main.  Ce qui nous plaît, c’est qu’on a soulagé maman Chantal, elle dort maintenant dans sa maison.

    Elle est très contente. Sa joie est devenue notre joie. »

  • Mission universelle !

    Daphné, Julien et leurs trois filles, on les connaît un peu. On les a rencontrés à L’Arche à Beauvais, on savait leur intention de partir en coopération en Afrique.
    Un jour Daphné nous dit : « ça y est une date est fixée nous partons mi-février » au Bénin à Banigbé ! Nous allons vous envoyer un courrier… »

    Le 2 décembre nous recevons leur lettre, plutôt leur demande : Être les marraines spirituelles de leur mission au Bénin à la ferme école Laudato-Si. Plus
    particulièrement confier à notre prière leur chenin de Foi et leur persévérance à l’écoute de la Parole de Dieu. Pour que leur mission soit d’abord et surtout un chemin vers Dieu. Nous confier aussi leurs trois filles : Siloé, Honorine et Léonie pour que germent en chacune d’elles l’amour de Jésus et le désir de le rencontrer en allant à la rencontre de leurs frères…

    Nous avons été très touchées de cette demande qui nous renvoie à notre mission première la prière. Pas autre chose mais tout cela….
    Daphné et Julien sont partis début février. Une messe d’envoi a été célébrée. Un bon moment vécu en Eglise !

    A l’origine de leur projet, il y a un besoin de se rendre utile auprès des plus fragiles, et ceci exprimé dès leur mariage.
    Aujourd’hui ils partent avec l’ONG Fidesco, une association dont foi et coopération sont les deux piliers fondateurs. Conscient de tous ce qu’ils ont reçu, ils se sentent appelées à bousculer leur quotidien et leur confort pour approfondir leur engagement au service des plus fragiles et à reconnaître en chacun sa beauté. Daphné sera responsable pédagogique de l’école. Elle aura pour mission de soutenir l’équipe enseignante et d’accompagner les enfants dans leur parcours scolaire.
    Julien sera responsable de la recherche de fonds pour le centre. Il supervisera les projets d’extension de l’école et aura à cœur de se mettre au service du développement de la ferme.

    Nous voilà parties nous aussi en mission sans sortir du territoire …. Mais en ouvrant nos cœurs pour rejoindre un autre peuple…Merci Daphné et Julien de nous embarquer avec vous…

  • Aumônier d’hôpital : des rencontres qui mènent à Dieu

    Régine est aumônier d’hôpital à Montpellier et nous partage une des belles rencontres qu’elle vit au quotidien dans sa mission.                                                                                                  Régine à la chapelle de l’aumônerie

    Pour des raisons de discrétion, le prénom de la personne a été changé.

    C’est la fin de l’après-midi, j’arrive en service de chirurgie et demande aux soignants s’il y a des patients à visiter : « Oh oui nous ne savons plus quoi faire avec Mme C. tellement elle est angoissée ». J’arrive à sa porte, une jeune femme assise sur son lit m’accueille un peu surprise, tendue et les traits tirés. Elle s’allonge, beaucoup de tuyaux de tout côté, elle souffre et a du mal à reprendre son souffle. Puis me parle d’une voix à peine audible, qu’elle doit aller au bloc opératoire, qu’elle attend depuis longtemps. Elle se présente, elle s’appelle Marine, une quarantaine d’années. J’aperçois sur la table de nuit une photo d’une petite fille, c’est sa fille de quelques années. Marine pleure en me parlant d’elle, elle ne l’a pas vue depuis décembre date de son hospitalisation : c’est extrêmement dur pour elle ! Je m’assoie auprès d’elle, lui parle lentement, j’essaie de l’apaiser, lui chante « Ne crains pas ». Je lui demande si elle est croyante, elle me dit qu’elle n’est pas baptisée. Elle me demande de revenir la voir demain. Je lui dis que je vais allumer un cierge à la chapelle et écrire son prénom et celui de sa fille sur un galet à côté du désert. Je la laisse un peu plus apaisée.

    La chapelle avec les galets où les prénoms sont inscrits

    Le lendemain, quand j’arrive auprès d’elle sa maman est là. Tout de suite elle me dit que Marine lui a parlé de moi. Marine me dit avec un petit sourire que hier soir tout en partant au bloc, elle avait dans la tête ‘Ne crains pas’. Je lui montre en photo la chapelle et le petit galet. Elle me regarde avec insistance et me dit ‘je veux être baptisée’. Et là, sa maman fond en larmes. Elle me raconte « je suis issue d’une famille nombreuse, nous avons dû être tous placés, j’avais cinq ans j’ai été envoyé dans un institut religieux jusqu’à l’âge de quinze ans, j’ai vu des choses trop dures et me suis dit que jamais je ne ferais baptiser mes enfants ! Et là, ma fille qui ne vous connait que d’hier, demande le baptême, mais je respecte son choix. » Marine me demande « je voudrais apprendre à prier », nous faisons lentement le signe de croix et je lui lis une prière, elle se réjouit « c’est tout à fait ce que je porte ». Elle a bien compris prier c’est parler comme à un ami.

    Le dialogue avec le Seigneur se fait en parlant comme un ami parle à un ami… ES 54 – St. Ignace de Loyola.

    Elle me parle un peu plus de sa vie. Je lui laisse un petit feuillet avec des prières pour le temps de l’épreuve de la maladie. Elle désire que je chante auprès d’elle. A notre troisième rencontre, elle est fiévreuse, mais désire que je reste un peu auprès d’elle. Une nouvelle demande : « je souhaite recevoir l’onction des malades ? ». Elle me questionne sur mon air un peu surpris. Elle a lu dans le petit feuillet. Je lui explique qu’il est nécessaire d’être baptisée. Elle me redit combien Jésus est entrée dans sa vie et la soutient. Je lui laisse une petite croix et une médaille à son cou, elle est très émue. « Il sera là maintenant encore plus proche de moi ! ». C’est le w-e je pense et prie pour elle. Il me semble important que nous puissions vivre avec elle une petite célébration. Je ne sais si son pronostic vital est engagé mais c’est très grave.

    J’envoie un mail à un des prêtres aumôniers en lui expliquant la situation. Il est disponible pour la rencontrer mardi après-midi ! Mon cœur chante au fond de moi le MAGNIFICAT !

    Régine, Petite Soeur de St François

  • L’école malgré tout

    Depuis la fin du mois de mars, tous les petits Centrafricains étaient au village, occupés aux travaux manuels quotidiens : qui au champ avec maman, qui au petit commerce de ses parents, qui à la chasse ou au chantier de diamant pour les plus grands… Entre temps, le ballon rassemblait joyeusement les garçons.

    Nos CM.2 de NGOTTO-Centre ont particulièrement souffert de cette période. Car, outre la fermeture de l’école qui empêchait leur préparation des examens, ils ont perdu en juin leur enseignant, Eric, d’une maladie qui s’est subitement aggravée. De main de maître, c’est lui seul qui encadrait cette classe de 86  adolescents… dont quelques-uns étaient plus férus des activités villageoises que du calcul et de la lecture! C’était un maître expérimenté qui aimait beaucoup ses élèves. Nous avons essayé de le sauver, en vain.

    Quand il s’est agi de reprendre l’école début juillet, pour dispenser le programme du 3ème trimestre et préparer activement les examens de fin de CM.2, il a fallu faire recours à trois enseignants et partager ce gros effectif en trois salles afin de respecter les conditions sanitaires du Ministère de l’Education.

    Dans chacune de nos écoles paroissiales villageoises, nous avons fait de même. Ainsi nous avons pu offrir aux enfants sept semaines de classe, qu’ils ont fréquentée sans absence. Cela a traduit une réelle motivation: car en cette période pluvieuse de l’année, la Lobaye vit au rythme de la récolte des

    chenilles !

    Parmi nos vaillants élèves du CM.2: Martin, l’un de nos élèves Pygmées Akas, de TOUANDJIO, à 8 kilomètres. Il a suivi l’école depuis des années, d’abord le CI-CP au campement, puis à Ngotto à partir du CE.1 , jusqu’au CM.1 où il a du se marier, …construire sa maison, et travailler pour entretenir sa jeune femme puis le bébé, dans le respect des traditions.

    Ceci devenait difficilement compatible avec la fréquentation assidue de l’école. Martin était bon élève, calme et posé. Alors, nous avons quelque peu fermé les yeux sur ses absences et adapté son parcours scolaire pour l’aider et lui permettre de finaliser sa scolarité primaire.

    Ce 12 septembre 2020, il a obtenu son Certificat d’Etudes Primaires (C.E.F1) !

    Sachant lire, écrire et parler les rudiments du Français, il sera dans son milieu une personne ressource et respectée, et probablement un bon père de famille. Et aussi tout naturellement, un acteur de la cohésion sociale entre les populations bantoue et pygmée, en ayant lui-même fait l’expérience. Plusieurs cadets le suivent, ils seront cette année dans les classes du CE.1 au CM.2.

    En période de fermeture des écoles, nous sommes aussi allées à la rencontre de nos élèves Pygmées dans leur campement. Ici, Sr Prisca avec Apollinaire, élève au CE.1 à NGOTTO et Eudoxie, maman d’élève au campement de TOUANDJIO.

  • L’école buissonnière durant la crise

    L’interruption des cours, chez nous, est arrivée au début de la saison des pluies. Temps des travaux champêtres et du renouveau de la nature: défrichage, semailles…

    Sœur Aida qui, en marge de son travail d’institutrice à l’école de NGOTTO, encadre plusieurs enfants et adolescents pour leur permettre de poursuivre leur scolarité malgré les difficultés du milieu familial, a eu l’idée de défricher un espace resté libre à côté du champ de la fraternité, tout près de la maison. Ainsi, les élèves venus du village pourraient cultiver et bénéficier de la récolte pour leur subsistance pendant l’année scolaire loin de leur famille.

    Et ainsi fut fait.

    1,2,3, c’est parti ! Défricher, entourer avec du bambou coupé en forêt (pour faire obstacle aux cabris et cochons du village), retourner la terre, semer… Les enfants de BABOUNDJI sont revenus pour l’occasion. Mais ce n’était pas un petit travail. Il a fallu appeler d’autres camarades en renfort !

    Comme nous, les Sœurs, avons l’occasion chaque année de donner  un « coup de pouce » à plusieurs enfants dont les familles ne peuvent plus subvenir aux frais d’écolage (et qui, pour cette raison, risqueraient de laisser l’école) tout naturellement, ces jeunes ont rejoint les premiers pour travailler main dans la main avec Sr Aida.

    Et la friche s’est peu à peu transformée en belle terre cultivée. Ce mois de septembre, nous en sommes à la récolte des arachides et du maïs.

    Et ce n’est pas tout. Pour s’entraîner à la rédaction, épreuve importante du concours d’entrée en 6ème, les enfants ont eu à raconter leur travail. Fabrice et Francelin se sont pris au jeu et ont cherché à améliorer leur premier brouillon, tenant compte des corrections et conseils.