• Au coeur de la mort, la solidarité…

    Joachim, c’est ce jeune garçon Pygmée Aka, l’un de nos élèves de l’école de ce campement (ici avec son maître et Sr Prisca). Il était brillant élève, malgré ses nombreuses absences pour cause de chasse ou de cueillette en forêt… le lot de toutes les classes des campements où il faut au maître souplesse et passion pour fidéliser les enfants tout en respectant le rythme du village, calqué sur les lois de la nature.

    Joachim souffrait d’obésité, ce qui est extrêmement rare chez les Akas… et peut-être d’une maladie qui en était la cause, nous ne le saurons jamais. Pendant une longue période en forêt, loin du campement habituel et de toute commodité, une blessure à la jambe a dégénéré en plaie surinfectée, d’une rare gravité.

    Les soins traditionnels, dont les Pygmées ont le secret, n’y ont rien fait. Et très vite, comme il est de coutume, la maladie a été vue comme acte de sorcellerie. Quand l’enfant a été amené à NGOTTO par Pierre, un jeune papa éveillé du campement, il était déjà tard. Transféré à l’hôpital de BODA, la famille n’a pas accepté le rythme de ces soins trop médicaux et a regagné le village.

    Quand Joachim nous a été amené sur une charrette en dernière urgence, nous ne savions que faire. L’enfant souffrait atrocement et attendait tout de nous. Nous l’avons installé dans une pièce à la paroisse avec sa maman, et nourri au mieux car il avait faim, mais que faire de cette plaie pratiquement intouchable qui avait pris toute la jambe? Seule l’amputation semblait pouvoir le sauver. Une seule chance était là: l’arrivée prochaine à MBAÏKI du Professeur ONIMUS, chirurgien orthopédique franc-comtois* qui vient opérer depuis plusieurs décennies en RCA. Sœur Rosine a fait ce qu’elle a pu pour le calmer et éviter l’aggravation du mal. Un petit miracle s’est produit puisqu’il a pu supporter le voyage jusqu’à MBAÏKI, puis Bangui où il a été transféré pour l’opération, accompagné de Pierre et de sa maman. Quelle aventure pour eux!!

    Joachim a donc été opéré au Complexe Pédiatrique de BANGUI dans de bonnes conditions. Le pronostic après l’opération avait donné bon espoir à tous. Nos Petites Sœurs de BANGUI avaient commencé à visiter l’enfant et à accueillir la maman un peu perdue…! Celles qui avaient vécu à NGOTTO étaient d’un grand réconfort pour eux. Mais voilà qu’après trois jours, sa santé s’est vite dégradée et l’enfant a succombé.

    Nous savions le risque grand, mais nous l’avions pris pour tenter de sauver une vie. Maintenant, il était mort… loin de son campement, où les traditions autour de la mort sont si fortes. Que fallait-il faire? Nous ne pouvions ramener le corps jusqu’à Ngotto par une telle chaleur, mais ne pouvions pas non plus l’enterrer dans l’anonymat de la grande ville. Après réflexion, nos Petites Sœurs de Bangui ont fait tout le nécessaire et trouvé un véhicule pour amener le corps à MBAÏKI (terre de la Lobaye!). Avec les Sœurs de la Charité (de Mère Térésa) et le curé de la Cathédrale, précédemment à NGOTTO, nous avons pu enterrer dignement notre enfant après un temps de prière à l’église et un message fort du père Maximin.

    Par la suite, le retour au village fut douloureux, mais l’occasion pour Pierre d’exhorter ses frères à ne pas négliger la santé des enfants et de témoigner de la grande chaîne de solidarité qui s’est tissée autour de Joachim jusqu’à la fin.

    Petite Sœur Isabelle

     

     

  • Des visitations à l’hôpital

    En réponse à l’appel de l’Archevêque et après discernement en congrégation, j’ai répondu positivement à la mission d’aumônier d’hôpital. Cela fait donc six mois, que j’ai l’immense joie de vivre en équipe cette mission à l’hôpital Saint Eloi, à Montpellier.

    Je vous partage quelques petits trésors de mes « Visitations » :

    – Mr B. : je le visite depuis deux mois, il vient de sortir d’un longue période de coma. Cet après-midi il est sevré du respirateur et de sa trachéotomie. Il m’accueille par un puissant « Bonjour » C’est la première fois que j’entends sa voix, quelle émotion ! Nous partageons. Son papa m’avait confié d’aller le visiter, mais surtout de ne pas parler de la Foi !

    Il me serre la main et me dit « Merci pour votre COMPASSION » Lui qui est athée, me renvoie le mot si fort pour notre Congrégation, en ce temps des 200 ans de la naissance de Mère Joséphine !

    – Mr P. : est atteint du SIDA, je le visite depuis de longues semaines, avide de découvrir la Foi, dans le souvenir de ses six ans auprès de sa grand-mère très croyante ! Il reprend du poids et retrouve force et espérance !
    Un jour après un partage disons théologique, il me dit « Je vais grossir spirituellement , avec toute cette nourriture que vous me donnez, mais comment le mesurer ? »

    – Me L. : m’accueille assise en tailleur sur son lit, elle m’annonce sa sortie prochaine. Je lui demande où est sa maison, elle me répond dans les cartons, je suis à la rue… ! Gênée par la maladresse de ma question, je l’écoute avec attention. Elle me partage qu’elle n’a plus rien à se mettre.
    Je retourne au local et grâce aux cartons rangés par catégorie de vêtements, je lui prépare une valise. De retour à la chambre, elle sourit si heureuse de découvrir les vêtements et à sa grande surprise… un sac à main ! Elle le serre sur son cœur et se met à pleurer !!

    Que de moments partagés, de grâces reçues !

    Petite Sœur Régine BADOC MONTPELLIER

  • Chemin de Croix avec notre fondatrice

     Nous t’adorons, ô Toi le Très Saint,

    Nous T’adorons, Seigneur Jésus-Christ,

    Ici, et dans toutes les Eglises et par toute la terre,

    Et nous te bénissons d’avoir sauvé le monde

    Par ta sainte Croix.

    • 1ère station : Jésus est condamné à mort.

     « Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi ! » (Luc 22, 41)

    Mère Joséphine (lettre 13)  « Ma bonne Petite Sœur, Je voudrais pouvoir vous adoucir vos souffrances intérieures ! Mais c’est Jésus, votre digne époux qui le peut ! »

     

    • 2ème Station : Jésus est chargé de sa Croix

    Isaïe : « Je suis ton Dieu, ton Sauveur, tu comptes beaucoup à mes   yeux ». Isaïe 43/3,4

     Lettre de Mère Joséphine (lettre 9 et lettre 42)   « Ma Bonne Petite Sœur… c’est dans le combat et l’énergie que vous mettez à dominer votre caractère que vous donnerez à Jésus des preuves bien sûres de votre amour ! »

    « …Dites sans cesse au Seigneur « Tout pour vous plaire et rien pour me satisfaire ! »

    • 3ème station : Jésus tombe pour la 1ère fois

    «   Isaïe : « Ne crains pas ! Je suis avec Toi !   Moi, je suis ton Dieu ! » Isaïe 43/5.

    Mère Joséphine (Lettre 7) : « Ma bonne petite sœur, … Il faut  croire que le bon Dieu qui est si bon veut bien avoir pitié de notre faiblesse… Dites souvent au bon Dieu d’avoir pitié de sa pauvre petite fille qui ne sait rien, qui ne peut rien sans le secours d’une grâce toute particulière et une grande confiance ! Malgré votre indignité Il vous accordera toutes les grâces dont vous avez besoin pour  bien prier et faire tout pour sa gloire ».

    • 4ème Station : Jésus rencontre sa Mère

    St Jean 14 : « Femme mon heure n’est pas encore venue. Marie dit aux serviteurs « faites tout ce qu’Il vous dira » !                                                                                                                                                                        

    Mère Joséphine (Lettre 30) : « Ma bonne Petite Sœur, Je me sens de plus en plus avoir besoin des grâces du Bon Dieu pour remplir ma lourde charge.  Priez Marie notre bonne Mère pour la sanctification de mon âme et celle de mes Petites Sœurs ».

    • 5ème Station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix

    Luc 23, 26 : « Ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs…                                   Ils le chargèrent de  la Croix pour la porter derrière Jésus. »

    Mère Joséphine (Lettre 21) « Ma Bonne Petite Sœur, Je vous engage à être bien confiante en ma sœur assistante. Vous savez combien elle est bonne ! Dites-lui vos joies et aussi vos peines. Elle vous encouragera à bien aimer le Bon Dieu. Je prie Jésus de vous bénir ».

    • 6ème station : Véronique essuie le Visage de Jésus.

    « Il était méprisé, abandonné de tous ».  Isaïe53

    Mère Joséphine (Lettre 13) « Donnez à Jésus des preuves de votre amour par une confiance toute d’amour et accompagnée d’une humilité profonde, d’une reconnaissance sans borne »

    • 7ème station : Jésus tombe une deuxième fois.

    « Lui qui ayant présenté avec une violente clameur et dans les larmes des supplications…  Parce qu’Il s’est soumis en  tout, Il a été exaucé »  Hébreux 5/7

    Mère Joséphine (Lettre 16) ‘’Jésus qui a tant souffert pour nous, ma bonne Petite Sœur prenez courage en Jésus et Marie … Ne vous découragez pas ; que les peines d’où qu’elles viennent servent à ranimer votre amour pour Dieu.’’

    • 8ème station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem.

    « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi ! » Luc 23/28.

    L’épreuve a fait entrer peu à peu Mère Joséphine dans le mystère de la croix. Ce mystère de la passion et de la croix du Christ qu’elle médite et affectionne depuis son enfance. La compassion que Mère Joséphine éprouve pour Jésus souffrant et la compassion qu’elle éprouve pour l’homme souffrant ne font qu’un. C’est vraiment tout son être qui souffre avec Jésus et qui souffre avec l’homme.

    • 9ème station : Jésus tombe une troisième fois.

    « Mon amour et ma fidélité sont avec lui psaume » 88/25  T P page 919

    Mère Joséphine (Lettre 13) « Quand vous auriez fait tous les péchés qu’une pauvre petite créature peut commettre sur la terre, vous devriez encore, malgré tous ces péchés, avoir plus de confiance que de crainte »

    • 10ème station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

    « Mais Toi, Yahvé, ne sois pas loin, ô ma force vite à mon aide » psaume 22/20 T P page 963

    « Avec la crainte de Dieu, la confiance en son aimable Providence et l’amour du prochain, nous serons toujours assez riches nous dit Mère Joséphine ». (Une vie en forme d’Evangile page 12)

    • 11ème station : Jésus est cloué sur la croix.

     « … Il était neuf heures quand ils le crucifièrent…  Avec lui, ils crucifièrent deux bandits, l’un à sa droite,  l’autre à sa gauche… les passants l’insultaient… de même, les grands prêtres, avec les scribes, se moquaient entre eux. »

    Mère Joséphine (Lettre 41) « … une épouse de Jésus Crucifié doit partager les souffrances de son Jésus, qui a tant souffert pour nous, ses petites créatures. ».

     

    •  12ème station : Jésus meurt sur la croix.

    « Jésus poussa un grand cri ; il dit : « ‘’ Père entre tes mains, je remets mon Esprit.’’ » 

    Mère Joséphine (Lettre 43) «  Dites toujours : Volonté de mon Dieu accomplissez-vous et non la mienne. »

    • 13ème station : Jésus est détaché de la croix et son corps est remis à sa mère.

    « O vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur ».

    Mère Joséphine (Lettre 44)   « …Non, vous ne pouvez rien, mais le bon Dieu peut tout. »

    Pieta de l’église de Brissarthe (49) où notre fondatrice aimait se recueillir dans son enfance

    • 14ème station : Jésus est mis au tombeau.

    « Joseph d’Arimathie  arriva, il  attendait lui aussi le Règne de Dieu, il eut le courage de demander à

         Pilate le corps de Jésus…. il permit à Joseph de prendre le cadavre.  Joseph descendit Jésus de la croix

         et l’enroula dans un drap de lin  pur, puis Il le déposa dans le tombeau tout neuf  taillé dans le roc.

         et il roula une pierre à l’entrée du tombeau ».

       

    Mère Joséphine (lettre 46) «  Le Bon Dieu voit vos désirs qui sont de l’aimer et de faire toujours sa Ste volonté en toutes choses.

    Lettre 45 « Mon Dieu, mon Jésus,  coûte que coûte je veux, avec le secours de votre  Grâce, être toujours à vous sans partage et sans réserve. »

     

    Mère Joséphine (Lettre 29).   « Courage et confiance en Jésus qui peut tout. »

  • L’amour du Christ et la compassion

  • La pharmacie Sainte Famille de N’Gotto

    A N’GOTTO, afin de procurer à la population de bons médicaments à prix modiques, un sous-dépôt pharmaceutique du diocèse a pu être ouvert grâce à la construction d’un local adapté. La Petite Sœur Rosine nous en parle.

    Pourquoi cette appellation ? Tout simplement parce que notre pharmacie se trouve dans l’enceinte de notre paroisse Sainte Famille. C’est grâce à l’association BATALI (amis bienfaiteurs de la paroisse de NGOTTO), à l’appui de Monseigneur Guerino PERIN, et aussi à la participation de notre Congrégation, par tous ceux qui la soutiennent, que nous avons pu réaliser et équiper un beau local. Là encore, l’Entraide Missionnaire d’Anjou a bien aidé. A tous, MERCI, MERCI !

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    Il s’agit d’un sous-dépôt pharmaceutique qui dépend du dépôt diocésain de MBAÏKI. C’est le 2 mai 2018 que j’ai commencé à y travailler. Après une petite cérémonie de bénédiction par l’abbé Antarèze, notre curé, je me suis sentie installée effectivement ! Il reste encore quelques petits travaux à faire (un point d’eau, rendu possible depuis la mise en route du bélier hydraulique au mois de mars, quelques renforcements contre les grosses pluies). N’empêche que la pharmacie fonctionne et que je reçois déjà les patients, et les « clients » des petits postes de santé environnants qui viennent se procurer des médicaments pour leur village. Sans oublier tous ceux qui viennent chercher conseil, écoute ou un soin d’urgence (à toute heure). Parmi tous ces gens, je reçois les plus démunis, les Pygmées, qui viennent pour se faire soigner.

    Encore merci à vous, nos amis, qui nous donnez les moyens de rendre service à la population bien pauvre de N’GOTTO. Je suis heureuse de travailler dans cette pharmacie qui élargit nos relations, me rend proche des souffrants en accomplissant ma mission d’infirmière.

    Petite Sœur Rosine

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  • Solidarité à l’hôpital avec les plus démunis

    La Petite Sœur Marcelline a travaillé longtemps comme infirmière à l’hôpital. Arrivée à l’âge de la retraite, elle reste aujourd’hui très engagée à l’Aumônerie des Hôpitaux de Bangui. Elle nous explique combien la solidarité  est importante   pour permettre à l’équipe de secourir les plus démunis.

    Ma mission à l’aumônerie? Je m’occupe des malades. Comme je suis aussi soignante, j’assure certains soins de malades démunis qui n’ont pas de famille, ou de patients arrivés de province, sans parents à Bangui. Par exemple, je fais des traitements de suivi à la maison, après la sortie de l’hôpital.

    Avec les membres de l’équipe, chaque semaine, nous visitons les grabataires dans les pavillons, nous prions avec eux et pour eux, salle par salle. Nous donnons la communion à ceux qui le souhaitent. Le dimanche, une messe est célébrée dans la chapelle de l’hôpital, elle rassemble beaucoup de monde : les familles des malades, les habitants du quartier… Après la messe, il y a toujours une visite des malades, avec un partage de ce que nous avons.

    L’équipe d’aumônerie est composée de plusieurs personnes : le prêtre responsable, moi je suis son assistante ; il y a une coordonnatrice, une secrétaire, une trésorière et les membres visiteurs de malades, tous laïcs. Et puis aussi des choristes et des enfants servants pour la liturgie.

    Des Mouvements de Chrétiens viennent régulièrement nous aider. Par exemple, dimanche passé, c’étaient les Légionnaires de la paroisse saint Jean ; ils ont apporté des vivres et du savon pour les partager aux malades.  Au mois de février, lors de la Journée Mondiale des Malades, le Cardinal ou son vicaire viennent célébrer la messe. Ce jour-là, les gens donnent beaucoup : des médicaments, du savon, des habits…

    En RCA, pas de Sécurité Sociale ni de soins gratuits dans les hôpitaux.

    Des Chrétiens de bon cœur font parfois des dons. Certaines familles de malades nous aident un peu selon leurs moyens.

    Dans les paroisses, des  Mouvements organisent des quêtes. Les amis de notre Congrégation nous aident aussi. Parmi eux, l’Entraide Missionnaire de l’Anjou (E.M.A) : une association du Diocèse d’Angers qui nous assiste chaque année dans nos activités sanitaires à Bangui et Ngotto.

    Ce sont tous ces dons réunis qui nous permettent de secourir les malades démunis.

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    Comme Petite Sœur, je suis heureuse de faire ce travail : mettre les gens debout, soigner ceux dont personne ne s’occupe,  dans la ligne de nos origines de garde-malades à la suite de notre fondatrice Mère Joséphine, c’est pleinement notre charisme de Petites Sœurs de Saint François.

    Pour illustrer mon propos, je vais vous parler d’Eugénie, une femme venue de MBRES, une ville éloignée.

    Pendant les violences, on a tué son mari. Elle, elle a dû fuir en brousse. A force de boire de l’eau sale, elle est tombée gravement malade. Elle s’est alors rapprochée de la route pour trouver du secours. Là, un véhicule de Médecins Sans Frontières l’a ramenée à l’Hôpital de l’Amitié à BANGUI. Mais, comme M.S.F avait la charge des accidentés et des blessés de la guerre, elle ne rentrait pas dans ce cadre et s’est retrouvée sans assistance. Grâce à l’aide de l’E.M.A, elle a pu être opérée. Il s’agissait de l’ablation de la rate. Aujourd’hui, Eugénie va mieux. Elle vit au PK22 sur la route de Damara, chez une famille chrétienne de bon cœur qui l’a accueillie. Un jour, j’ai eu la bonne surprise de sa visite à la fraternité. Elle venait me remercier avec quelques mangues et ignames du champ.

    Je remercie ceux qui contribuent à l’œuvre de l’E.M.A. Sans votre aide, Eugénie serait décédée, comme tant d’autres…

     Petite Sœur Marcelline

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  • Rejoindre l’autre…

    Dans le cadre de nos rencontres de Chrétiens-associés (laïcs-associés), les Petites Sœurs animant
    notre groupe nous avaient invités à écouter nos Petites Sœurs Aînées sur le thème : « Une joie qui
    déborde en compassion».

    J’ai alors rencontré Sœur Simone BOUGIE qui m’a confié comment elle s’était intéressée au
    « football », afin d’avoir un sujet de discussion avec deux messieurs qui mangeaient                       
    quotidiennement à sa table.

    S’intéresser à un sujet qui ne vous passionne pas pour rejoindre l’autre … y aurait-il un chemin à
    suivre ?


    Quelques jours plus tard, nous recevions mon amie d’enfance avec son mari pour dîner. Il y a un
    sujet de conversation qui, à chaque fois qu’il est abordé, me fait « sortir de mes gonds ».
    Ce sujet de conversation lui tient à cœur … est-ce que je ne pourrais pas la rejoindre ?
    Avant cette soirée, je suis allée voir Sœur Simone pour lui rappeler notre entrevue, et ce qu’il avait
    fait germer en moi : « Sœur Simone, priez pour notre dîner de ce soir, je compte sur vous! ».
    Le lendemain, je rencontre Sœur Simone qui me prend par le bras, les yeux pétillants : « Alors?
    cette soirée ? …. J’ai prié pour vous ! »
    Je lui ai alors confié que nous avions passé une merveilleuse soirée, à l’écoute l’une de l’autre.

    J’ai eu alors des « MERCIS » à formuler :  
    – Au Seigneur, pour avoir fait naître en moi le DESIR de suivre un chemin, DESIR
    qui se transforme en JOIE pour rejoindre l’autre là où il est.
    – Aux petites sœurs, Christine, Marie-Claire, Marie-Thérèse, Régine, d’avoir pensé à
    organiser une rencontre avec une Petite Sœur Aînée.
    – Et bien sûr, à Sœur Simone. Elle avait été « un chemin » entre mon amie et moi.
    Maintenant quand je rencontre mon amie, je ne peux m’empêcher de penser à Sœur Simone.

    Brigitte VIVION, laïque associée

    Cette Petite Soeur a rejoint le Seigneur depuis l’écriture de cet article…

  • Petite Soeur Lydie : une présence au coeur des villages meurtris

    Lydie est infirmière. Après son retour du Togo où elle avait travaillé dans une Pouponnière des Soeurs de Saint François, auprès d’enfants orphelins ou abandonnés, elle a repris sa mission à BANGUI dans le cadre de l’Equipe Mobile de Santé du diocèse. Cette mission l’amène régulièrement sur les routes de Centrafrique, aux côtés de Mgr Dieudonné, infatigable ouvrier de paix, en cette période où une partie du pays reste sous l’emprise de la violence. Un journaliste de l’équipe lui a consacré un article dont nous vous partageons ici des extraits…

    La fraternité des Petites Soeurs de Saint François, qui travaille depuis de nombreuses années sur la paroisse Notre Dame d’Afrique à BANGUI, est présente dans le champ pastoral de l’archidiocèse de Bangui, notamment dans la pastorale de la santé, l’éducation et le social.

    Parmi elles, la petite soeur Lydie, qui après son retour de sa mission au Togo, a automatiquement intégré l’Equipe Mobile de Santé de l’archidiocèse de Bangui, sur la demande du Cardinal NZAPALAINGA.

    Malgré les tensions qui régnaient dans les diocèses de BAMBARI et de KAGA BANDORO, la petite soeur Lydie a accompagné le Cardinal et son équipe d’abord au mois de décembre 2017 dans le diocèse de BAMBARI.

    Cette mission a été très pénible, parce qu’il y avait encore des affrontements entre les groupes armés à YPPI. Les habitants étaient en débandade, ils ont fui pour se réfugier à la paroisse Saint François-Xavier d’YPPI et dans la communauté des Soeurs Missionnaires de l’Evangile en mission dans la localité.

    L’occasion, pour la petite soeur Lydie, d’échanger et d’aider les Soeurs qui étaient dans une situation très difficile : beaucoup de gens avaient été tués innocemment par les groupes armés qui s’affrontaient dans la ville. Elle est ensuite allée à la rencontre des femmes et des enfants également en détresse, certains étaient malades. La petite soeur Lydie et le frère spiritain Elkana, de l’Equipe Mobile de Santé, leur ont prodigué des soins.

    Le cardinal et son équipe ont fait tout un travail de médiation auprès des groupes armés pour tenter d’arrêter la souffrance de la population de ce diocèse de BAMBARI. Notre petite soeur a eu l’occasion ainsi de rencontrer les femmes musulmanes et peulhes déplacées. Ces femmes-là aussi traversent les mêmes difficultés que leurs consoeurs non musulmanes: dépouillées de tous leurs biens pendant la crise, par les groupes armés.

    La tournée avec le Cardinal dans le Diocèse de KAGA-BANDORO a eu lieu en février 2018. Là encore, ils ont trouvé une réalité difficile. Les femmes et les enfants continuent de peiner sur les sites de déplacés, sans assistance conséquente pour l’heure. Dans certaines villes, les jeunes filles fuient pour ne pas être violées.

    Dans un entretien avec un journaliste de Radio-Notre-Dame-Bangui, la petite soeur Lydie était revenue sur les difficultés que rencontrent au quotidien les femmes de ces localités : « la tâche n’est pas facile pour le moment. Nous devons tous conjuguer nos efforts pour soutenir nos frères et soeurs, surtout les enfants qui souffrent dans les recoins de la Centrafrique. Merci à tous. »

  • La Jeunesse Franciscaine à la Maison d’arrêt de Bimbo à BANGUI

    Chaque dimanche, un groupe de la « Jeunesse Franciscaine » se réunit sous la paillote de notre fraternité à BANGUI. Nous avons des liens privilégiés avec ces jeunes qui partagent notre spiritualité : ils s’intéressent à St François  et essaient de vivre selon les grandes lignes de son charisme. Ils nous font parfois appel pour leurs  temps de réflexion. Cette année, pendant le Carême, ils ont choisi d’aller rendre visite aux femmes incarcérées à la prison de Bimbo.

    Petite sœur Marie-Christine : Qu’est-ce qui vous a poussé à aller visiter les femmes à la prison ?

    Fidèle : C’est un appel de Dieu parce que le Christ nous a dit : « J’étais en prison et vous ne m’avez pas visité ».

    Francis : St François nous a demandé d’apporter la joie là où il y a la tristesse, l’espérance là où il y a le désespoir, la lumière où il y a les ténèbres.

    Pourquoi particulièrement la prison cette année?

    Fidèle : Habituellement, nous allons dans les hôpitaux, mais nos responsables régionaux nous ont invités à aller vers les prisonniers. Il y a eu beaucoup de crimes pendant les évènements. Des personnes avaient perdu tous leurs biens, alors pour subvenir aux besoins de la famille, ils ont volé, ont été pris et mis en prison, d’autres se sont vengés.

     

    Combien y-a-t-il de femmes à la Maison d’Arrêt de Bimbo ? Et pour quels motifs sont-elles incarcérées ?

    Fidèle : Elles sont au nombre de 51, il y a des jeunes filles (dont deux avec un enfant de moins de deux ans), des plus jeunes et aussi des femmes âgées. Comme je le disais, certaines ont volé, d’autres ont commis des crimes ou se sont bagarrées avec leur coépouse ou leur rivale, leur conjoint… et l’ont blessé sérieusement.

    Les plus âgées sont souvent des veuves ou des femmes sans enfant accusées de sorcellerie.

     

    Depuis quand aviez-vous préparé cette visite et combien de jeunes étiez-vous ?

    Fidèle : Depuis le mois de février. Nous sommes allés là-bas une cinquantaine de jeunes. Toutes les paroisses de Bangui étaient représentées.

    Comment s’est déroulée la visite ?

    – Vers 9h00, on nous a fait rentrer dans la prison. Nous voulions avoir un échange avec les femmes, mais comme nous apportions des produits de première nécessité (sucre, savons, sardines, lait, café, huile, sel, riz…) et des médicaments collectés auprès des Fraternités Séculières (laïcs franciscains adultes), le Greffier nous a demandé de mettre ce qu’on avait apporté  dans des sachets selon le nombre des femmes. Ceci a pris du temps, de ce fait nous n’avons pas eu le temps d’échanger avec les femmes. Nous avons regretté.

    – Un frère franciscain et un frère capucin sont venus avec nous pour célébrer l’Eucharistie. Nous, les jeunes, nous avions constitué une petite chorale, rédigé des intentions de prière et préparé les lectures. Le prêtre avait pris l’Evangile de saint Luc : « Jésus devant le tribunal du Sanhédrin ». Il a eu des paroles fortes : « Dieu ne juge personne. En tant qu’hommes, nous, nous portons des jugements sur les autres et même sur Dieu parfois ! […] La vraie prison c’est notre cœur, dans lequel nous enfermons les autres et où nous nous enfermons nous-mêmes, notre cœur que nous refusons d’ouvrir à Dieu et à sa miséricorde». Il a invité les prisonnières à « s’ouvrir à Dieu ».

    – A la fin de la messe, une représentante des prisonnières a pris la parole pour remercier les jeunes franciscains en disant : « Plus que l’aide matérielle que vous nous avez apportée, c’est le réconfort humain et spirituel qui nous a touchées ».

    – Le Ministre Régional (ministre = terme franciscain signifiant Serviteur) de la Jeunesse Franciscaine avait présenté notre Mouvement au personnel pénitentiaire et le sens de notre visite : d’abord assister ces femmes spirituellement, leur partager la Parole de Dieu, prier et célébrer l’Eucharistie avec elles, leur apporter le Christ, leur dire en actes et en paroles que Dieu ne les a pas oubliées et qu’elles doivent garder l’espérance.

    – Le Chef de Sécurité de la prison a pris la parole au nom du Régisseur malade pour remercier les jeunes et leur a dit : « Ce n’est pas l’habit que vous portez qui fait de vous des Chrétiens, mais d’avoir une vie exemplaire et une bonne moralité, car actuellement le comportement des jeunes est souvent mauvais ».

    Enfin nous avons remis à chacune son sachet de produits, et les médicaments ont été donnés à l’infirmerie.

    – Pour terminer, nous avons chanté et dansé avec les prisonnières – moment de joie qui nous a fait oublier que nous étions dans une prison. Mêmes les soldats de la MINUSCA (les Casques Bleus) présents là-bas pour garder, ont dansé aussi!

    Que gardez-vous de cette visite à la prison des femmes ?

    Francis : Nous avons essayé de mettre en œuvre le charisme de François. Nous avons été bien accueillis par le personnel de la prison et par les femmes. Ce qui fait de la peine, c’est que certaines sont là depuis un ou deux ans et leur procès n’a pas encore eu lieu. Et aussi de voir ces « vieilles mamans » accusées de sorcellerie. J’ai senti que pendant la célébration et la danse qui a suivi, ces femmes ont un moment oublié leurs peines.

    Christa : Ce que j’ai vu m’a fait mal. Ces femmes sont privées de leur liberté et certaines ont leur enfant en bas âge avec elles en prison : deux bébés sont là avec leur maman ! C’est dur de voir cela. Des jeunes filles, qui auparavant allaient à l’école, se trouvent enfermées parce qu’elles ont blessé leur coépouse. Des mères ne sont plus avec leurs enfants, qui n’ont plus personne à la maison pour leur donner une bonne éducation. Ça m’a fait vraiment pitié, mais notre venue leur a donné beaucoup de joie et elles ont eu ainsi l’occasion de prier ensemble.

    Voyant tout cela, je veux maintenant donner des conseils à mes camarades de l’Université, pour qu’elles ne commettent pas de crimes, qu’elles ne soient pas brutales, qu’elles n’agissent pas dans la colère, car çà conduit à la prison. Il faut réfléchir avant de faire quelque chose.

    A nos mamans, j’ai aussi envie de dire de ne pas faire de bêtise car les enfants souffrent trop sans leur maman, ils sont mal à l’aise. Elles doivent rester fidèles et respecter les lois. On doit aimer son prochain comme soi-même, ne pas faire du mal et regarder l’autre comme sa propre sœur.

    Fidèle : Ce jour-là j’ai compris la parole qui dit : « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». J’ai pris conscience ce jour-là que derrière les murs, il y a des personnes comme nous et la plupart sont des chrétiennes, elles ont besoin de nos visites et de nos prières. Nous ne sommes pas allés là-bas pour les juger, mais en les regardant comme des personnes qui ont besoin de notre aide avec la Parole de Dieu.

    J’ai aussi pris conscience que si nous travaillons davantage ensemble religieux, religieuses, laïcs, jeunes de la famille franciscaine, nous pourrons faire bouger quelque chose dans notre société.

    J’ai compris comment St François pouvait être joyeux lorsqu’il donnait tout aux pauvres, qu’il ne gardait rien pour lui-même. Ce jour-là je me suis réellement senti franciscain.

    Petite Sœur Marie-Christine – BANGUI

  • Montre-moi ton visage…

    Témoignage de Marie-Thé, Petite Soeur à Morannes (près d’Angers, lieu de naissance de notre fondatrice) :

    Montre- moi ton visage… Ce thème de la journée mondiale de la santé m’a invitée à relire la vie de Louise Renault, notre fondatrice :
    En voyant une pauvre, elle regarde son visage souffrant, elle la prend dans son froid grenier
    et lui donne son lit pendant qu’elle passe la nuit près d’elle sur une chaise.

    A Morannes, elle a sans doute elle-même visité les malades de l’hôpital… Dans son sillage, les Petites Soeurs de St François ont toujours été présentes auprès des malades, puis des personnes âgées de l’hôpital, qui s’est transformé en maison de retraite. Aujourd’hui encore, les Petites Soeurs continuent d’accompagner les résidents.

    Marie-Thérèse (à gauche) avec d’autres    Petites Soeurs, à Morannes

    Depuis 2012, une aumônerie avec 7 accompagnateurs est mise en place… dont je fais partie.
    Nous assurons chaque semaine la permanence à tour de rôle pour descendre les résidents pour la messe ou pour une liturgie de la Parole, et faire des visites.
    « Montre- moi ton visage » : mystère des visages… merveille des visages. Le visage d’une personne « parle »… Visages beaux, visages souffrants, marqués parfois par la solitude, visages affrontant le quotidien, visages façonnés par toute une vie bien remplie…
    Ce sont des temps forts que nous vivons en équipe…
    Nous sommes émerveillés de la capacité d’adaptation des résidents, de leur sourire, de leurs visages lumineux qui donnent sens à leur vies et à la nôtre…

    Nous vivons des moments merveilleux, lors de la fin de vie. Nous sommes témoins de cette sérénité, cette profonde paix pour ce passage sur l’autre rive, ce lâcher prise…

    Ma prière est souvent celle-ci : « Seigneur, donne-nous de savoir Te reconnaître et donne nous ta tendresse pour les rencontrer vraiment »

    Je fais mien ce joli poème de J. Broissard :

     

    Que je voudrais trouver des mots qui réconfortent.
    Des mots qui donnent du courage, des mots d’espoir :
    Des mots : La plupart du temps je suis sans voix.
    Sans Mots Parce que je les trouve inutiles, Inadaptés .
    IIs ne peuvent rejoindre la douleur . Alors je me tais, J’écoute
    Attentif à leurs mots.
    Attentif aux signes qu’elles m’envoient .
    Attentif à leur corps.
    Un sourire, une pression de la main, peut-être trouveront-elles le courage de continuer la route
    Les mots qu’elles trouvent elles – mêmes au plus profond de leur nuit.
    Et qui sait !
    Celui qui a dit : Je ne suis pas venu pour les biens portants mais pour les malades.
    Venez à moi, et je vous procurerai le repos

    Marie Thérèse Baslé… en route pour une action de grâces 1819 (naissance de notre fondatrice)- 2019 !