• Trouver un nid familial chez les Petites Soeurs…

    De Ngotto à Bangui, le saut est important pour les Jeunes qui viennent y faire leurs études… Les Petites Soeurs sont un pont, un repère, et une aide précieuse pour ces Jeunes :

    « Je m’appelle Mylène. Je suis  élève en classe de 3ème au Groupe Scolaire Saint François à BANGUI.

    Je viens de la paroisse Sainte Famille de NGOTTO, où j’avais fait la connaissance des Petites Sœurs de Saint François, qui travaillent là-bas dans mon village.

    Là-bas, j’étais frappée par leur proximité auprès des plus démunis et abandonnés. Je voyais aussi que les sœurs allaient comme tout le monde chercher de l’eau au forage, de même au marché pour faire leurs provisions. 

    J’étais dans le groupe des Danseuses à la paroisse. C’est à ce moment-là que les sœurs m’ont aidée en cherchant comment me faire continuer mes études à Bangui, car le collège de Ngotto ne donne pas un bon niveau scolaire. Et voilà aujourd’hui je suis à Bangui pour les études.

    Ici, j’ai aussi connu les petites sœurs, le groupe des filles en recherche, toute la famille franciscaine, et je suis très heureuse. Je vis dans une famille d’accueil. Typhaine est devenue ma grande amie. Souvent, je me rends chez les Sœurs. Elles me suivent et me conseillent. S’il plait à Dieu, je consacrerai ma vie au service de Dieu. »

    Ce petit témoignage illustre l’un des aspects de notre mission à BANGUI auprès des jeunes. Outre le Foyer Saint François où vivent quatre jeunes lycéennes, encadrées par sœur Lydie en proximité de la fraternité, il y a encore d’autres jeunes qui sont familiers de notre concession : les filles en recherche du groupe vocationnel, mais aussi quelques jeunes, arrivés à BANGUI pour poursuivre le lycée afin de leur donner une chance d’étudier dans de bonnes conditions.

     

    Comme dans beaucoup de villages, le collège de Ngotto, dépourvu de professeurs, n’offre qu’un parcours très médiocre avec peu de probabilité d’acquérir un niveau normal. Aussi avons-nous le souci d’orienter vers Bangui ou Mbaïki quelques adolescents en qui nous percevons  des aptitudes scolaires.  Ce sont quelques aides d’amis de la Congrégation qui nous le permettent. Merci à vous qui vous reconnaîtrez  derrière ces mots. Cette année, deux jeunes garçons de NGOTTO ont été inscrits au lycée Saint François  avec l’aide d’une association. Ils sont accueillis chez des membres de la famille toujours large en Afrique. Ils savent que nos portes leur sont ouvertes et aiment venir nous visiter, parler…  Voici un autre témoignage, celui de Rock :

    Je vais vous expliquer mon passé, qui est un peu difficile. Je suis né dans une famille pauvre. Mon père était, à l’époque, travailleur dans une société forestière appelée I.F.B à NGOTTO. Ma mère est une simple ménagère, très vertueuse. Je suis fier d’elle parce qu’elle m’a inscrit à l’école de la paroisse de la Maternelle au CM2. Plus tard, mon père est décédé dans une situation très détestable. Alors, j’ai connu une vie difficile. En classe de 4ème, j’ai dû arrêter l’école par manque de moyens. La vie en province n’est pas facile. Il faut supporter. C’est pourquoi j’ai mis tout mon cœur à servir Dieu comme responsable dans les Mouvements de la paroisse. Ma fidélité et ma simplicité m’ont poussé à nouer des relations avec les Petites Sœurs de saint François là-bas, et aussi les Pères. Dans le groupe vocationnel des Jeunes en Recherche, les Sœurs m’ont enseigné. Et quelques mois plus tard, elles m’ont réinscrit au collège de NGOTTO en classe de 3ème et j’ai obtenu mon Brevet des Collèges. Trois semaines après, elles me trouvaient une solution pour poursuivre mes études au lycée à BANGUI. Avant, je ne savais rien en Anglais, alors elles m’ont inscrit au cours organisé par la paroisse Saint Bernard de Boy-Rabe et aujourd’hui, je suis au niveau 2. Une Sœur me suit à chaque instant. Si j’ai un problème de santé, elle me trouve des médicaments ou m’envoie à l’hôpital. Maintenant, je suis en classe de Terminale, et j’aimerais essayer d’aller à l’Université. Comme on dit : tout est possible à celui qui croit. Je me donne beaucoup pour mes études. C’est le seul moyen de préparer mon avenir. Mais le chemin est encore long pour y arriver. Voilà, c’est l’histoire de ma vie.

     

  • Une nouvelle fraternité de Soeurs au Maroc

    Depuis quelques mois… une nouvelle communauté de Soeurs franciscaines s’est implantée à Tazart au Maroc !
    Un beau signe en cette année du jubilé de la rencontre de St François avec le Sultan !
    3 Soeurs africaine sont accepté de se lancer dans l’aventure ! d’autres les rejoindront début 2020. Certaines soeurs viennent y vivre quelques mois… comme Anne-Marie, Petite Soeur de St François.
    Ecoutons-la nous raconter son vécu :
    Dans ce village rural, l’accueil des habitants est simple et beau, avec beaucoup de reconnaissance que des sœurs soient de retour. Cet accueil chaleureux est une grande chance pour une nouvelle communauté !
    A l’arrivée des gens du village sont venus nous saluer. Nous avons eu la chance de participer à une brocante, ce qui nous a donné de rencontrer bien des gens et m’a permis d’aller visiter des femmes dans un village à 1h de marche. C’était super !
    Je n’ai pas encore été à l’atelier broderie mais j’espère bien y aller bientôt.
    Avec tout ce que j’ai vécu pendant 30 ans en Algérie, je n’ai pas de mal à m’insérer la vie offerte par les gens d’ici !
    Notre vie en fraternité est simple et joyeuse.
    Je donne ma place là où c’est possible : dans l’accueil, pour aider à la compréhension de l’arabe…
    Nous avons mis l’accent sur des temps forts de prière au quotidien nous avons la messe grâce à des frères franciscains de Marrakech qui viennent 2 fois par semaine. Pour le moment nous allons tous les dimanches à la messe a Marrakech.
    Marc, prêtre ici au Maroc, et Christian un laïc, nous soutiennent et nous aident beaucoup dans ce commencement que nous vivons !
    Le projet du diocèse est d’ouvrir ce lieu à l’accueil de groupes qui vivent la rencontre avec le monde musulman.Il y a beaucoup à faire et de nombreux ouvriers qui nous aident à tout remettre à neuf ! Il y aura 19 chambres d’accueil. Tout devient beau… !
    Nous avons vécu un grand temps fort de fraternité lors de l’inauguration qui a eu lieu le 13 novembre ! qui a réuni les gens du village, les croyants musulmans, des Soeurs franciscaines vivant au Maroc ou en France, les autorités religieuses et civiles, le Cardinal Cristobal…
    L’aventure ne fait que commencer !
  • Envoyées pour annoncer la tendresse de Dieu

    Nous Petites Soeurs, rassemblées pour témoigner, en fraternité,

    envoyées pour annoncer la tendresse de Dieu à nos frères et nos soeurs !

     

    Nous sommes filles de Mère Joséphine

    Quand nous gardons ses paroles,

    Pour incarner la compassion,

    Près des malades hospitalisés

    Nous sommes filles de Mère Joséphine

    Quand nous suivons son exemple

    Pour visiter dans les quartiers

    Amis et personnes isolées

    Nous sommes les filles de Mère Joséphine

    Quand nous ouvrons notre porte

    Pour rencontrer, partager, prier

    Dans la grande diversité.

    Nous sommes filles de Mère Joséphine

    Quand nous enseignons aux plus jeunes

    Pour apporter la confiance et la paix

    Joie de grandir en humanité

    Nous sommes filles de Mère Joséphine

    Quand nous servons  la congrégation

    Pour veiller à notre charisme

    Dans la bienveillance, la simplicité

    Nous sommes filles de Mère Joséphine

    Quand nous servons nos sœurs aînées

    Pour demeurer dans la bonne entente

    Joie, humilité et fraternité

  • Une neuvaine… bien incarnée !

    200 ans de notre fondatrice… une neuvaine… et une invitation à nous partager comment nous vivons aujourd’hui le charisme de notre fondatrice Mère Joséphine.

    Solange, Petite Soeur à St Quentin nous y entraîne !

    Premier jour :

    Le pape François nous rappelle que « Jésus nous ne le connaissons que sur le chemin quotidien de la vie » Or Mère Joséphine nous demande de nous attacher à Jésus et à lui seul ».

    C’est une invitation forte pour moi à trouver le Seigneur dans mes lieux de vie, mes insertions…Pour moi dans ma cité, auprès des mamans qui découvrent par moi, le jardin et le partage ; dans ma présence aux retraités CGT qui prennent leur place avec les Gilets jaunes pour être reconnus, respectés et faire avancer un peu plus de justice et d’égalité.

    Deuxième jour :

    La confiance en Dieu, pour Mère Joséphine, se traduit par un service toujours plus total pour les plus pauvres et François nous rappelle que ce que nous faisons aux plus petits, c’est à Lui que nous le faisons.

    Le service des « petits », c’est mon action avec eux dans la cité, comme avec mon syndicat ou dans mon accompagnement dans le catéchuménat, dans le service de la paroisse toujours plus accueillante de la vie de tous …

    Troisième jour :

    Mère Joséphine se soucie avec tendresse de ses sœurs comme des pauvres et François nous invite à « ne pas avoir peur ni de la tendresse »…

    Notre monde est dur. Dans mes engagements, ma présence au quartier… savoir écouter, encourager et consoler sans juger ni condamner. Accueillir à la maison comme aller chez telle ou telle famille sont des manières de témoigner de la Bonté du Seigneur lui-même … Ainsi se tissent des liens durables d’amitié : Anthony que  nous avons connu avec sa maman à qui nous avons si souvent ouvert la porte ainsi qu’à sa petite sœur est heureux aujourd’hui de me présenter sa femme, son enfant … C’est pour moi, la tendresse de Dieu que m’apporte Anthony …

    Quatrième jour

    Mère Joséphine comme Saint François nous invitent à « bien s’entendre » dans nos fraternités.

    Avec les autres Petites Sœurs de St Quentin, nous nous entraidons. Nous cherchons à partager ce que nous vivons en vérité. Ce partage est pour moi prière, action de grâce… Ce sont ces liens qui sont perçus par mon entourage. « Cette bonne entende chaleureuse » il me semble que je dois aussi m’efforcer de la vivre dans toutes mes relations de quartier, de syndicat, de la paroisse car « tout homme est mon frère » …

    Cinquième jour :

    Etre petite sœur est une invitation à être simple, humble et servante…

    Cette simplicité je la mets dans ma vie personnelle en ne me laissant pas envahir par le superflu et en utilisant la modernité pour un meilleur service de tous. C’est aussi aider simplement les autres à prendre leur place : accompagner une maman pour qu’elle ose venir à une réunion, qu’elle ose prendre la parole, qu’elle apprenne à faire par elle-même son jardin et à en cuisiner les fruits… Me faire la plus discrète possible pour que l’autre soit le plus possible dans la lumière …

     Sixième jour :

    Mère Joséphine nous demande d’être Marthe et Marie tout à la fois, de savoir servir et contempler car la « contemplation est plus parfaite au milieu de l’action » dit François.

    Dans mes divers engagements, j’essaie d’avoir à l’esprit la parole de Jésus : « ce que vous faites à l’un de ces petits, c’est à moi que vous le faites » … Cet engagement est alors contemplation, adoration du Christ vivant… Il est parfois ce crucifié de l’injustice, du mépris… Il est parfois ce Christ ressuscité qui se relève, qui prend sa place, qui s’engage pour les autres … Dans cette action j’y vois le Seigneur rencontré sur ma route… Alors quand viendra le temps de la célébration eucharistique, le pain et le vin seront pour moi ces hommes et ces femmes contemplés dans mon engagement …

    Septième jour :

    Avoir le souci de l’autre, être le garde malade «avoir soin de l’autre, de toute personne spécialement des plus fragiles»

    C’est l’action quotidienne dans le quartier, dans les associations de proximité … Mais c’est aussi s’engager pour dénoncer et s’attaquer aux causes de la pauvreté, de l’exclusion … Avec ceux que j’assiste il me faut travailler à en faire des acteurs de leur libération, avec le syndicat, avec les élections je me dois d’agir pour que notre société change, pour que les droits soient mieux respectés, pour que justice, vérité, liberté s’installent dans nos institutions afin que la fraternité devienne réalité…

     Huitième jour

    « Que votre vie soit une oraison perpétuelle » dit mère Joséphine car « la tendresse du Seigneur réveille notre sensibilité et fait que nous nous sentons invités à le reconnaître dans tous ceux qui arrivent dans nos villes, dans nos histoires, dans nos vies » ajoute le pape François…

    Dans mon histoire personnelle puis celle de PS, Dieu m’a donné de rencontrer des femmes et des hommes, croyants ou non, qui ont marqué ma vie, depuis la JOC lorsque j’étais « bonne » dans des familles bourgeoises de mon village puis d’Angers jusqu’à ma vie à Saint-Quentin. Là Dieu m’a donné des sœurs, des religieuses, des prêtres ouvriers, des prêtres, des militants croyants ou non, des mères de famille qui témoignaient d’un extraordinaire amour au cœur de leurs difficultés …

    Toutes et tous ont été pour moi une rencontre, une découverte de la tendresse de Dieu. Ils m’ont transformée, ils m’ont « évangélisée » Par eux et avec eux j’ai appris l’école de la vie….et j’en rends grâce à Dieu…

    Neuvième jour :

    « Que le combat ne vous effraie pas » dit Mère Joséphine « n’ayez pas peur d’aller à contrecourant… Ne crains rien je suis avec toi ! »

    Ce sont des paroles qui m’ont toujours fais vivre … Je n’ai pas eu la chance de faire beaucoup d’études mais la Mission ouvrière, le Mouvement ouvrier accompagnés de partages de la Parole de Dieu m’ont montré que l’Esprit marche avec celles et ceux qui « s’efforcent de faire la volonté de Dieu »(Mc 12 28). A l’hôpital il m’a fallu souvent, avec d’autres, oser affronter la hiérarchie pour un meilleur respect des personnels et du service public. Dans la vie associative et même dans nos institutions ecclésiales, il faut aussi oser aller à contrecourant pour permettre aux plus petits de prendre leur place. François d’Assise osa des pratiques nouvelles en faisant confiance en la force de l’Esprit …

  • Le parcours du combattant pour une bonne scolarité…

    Je suis enseignante à l’école catholique Sainte Famille de NGOTTO, depuis deux ans. J’ai la charge d’une classe de CE2. Je voudrais vous parler de trois jeunes élèves qui viennent de BABOUNDJI, un village situé à 10 km de NGOTTO. Comme beaucoup d’autres, leur village n’a pas d’école depuis des années, les enfants y sont nombreux.

     J’accompagne trois garçons: Fabrice, Grâce à Dieu et Francelin. Ils ont de 10 à 14 ans et sont en classe du CE1 au CM1. Tous auparavant ont fréquenté l’école d’Etat, autre école de Ngotto. Mais le rythme des journées leur paraissait dur : ils quittaient leur village vers 4h du matin pour arriver avant le début de la classe à 7h30, mais les maîtres, peu nombreux, prenaient les élèves pour seulement 2h30 de cours  afin de laisser la place à un deuxième groupe. Les enfants marchaient donc beaucoup pour peu d’heures de classe. Fatigués, mal nourris, ils somnolaient en classe et ne bénéficiaient pas bien des leçons du maître.

    Ils sont venus m’expliquer leur problème : l’un d’eux avait été mon élève l’année dernière, mais il était reparti à l’école d’Etat car l’écolage y est un peu moins cher. J’ai fait part de cette situation à ma Fraternité puis j’ai essayé de parler avec les enfants pour voir avec eux comment les aider à trouver une solution. Ils m’ont expliqué que c’est par leurs propres efforts qu’ils avaient réussi à trouver l’argent nécessaire pour s’inscrire à l’école d’Etat, en vendant les feuilles de yetoum ou koko cueillies en forêt par les Pygmées Akas (ces feuilles,  mangées  avec la boule de manioc, constituent dans cette région le plat quasi quotidien des familles). Alors, je leur ai proposé d’en faire autant pour s’inscrire à l’Ecole catholique, et de les aider à gérer.

    Et ce fut chose faite ! Aujourd’hui, les trois garçons sont inscrits dans notre école. Depuis peu, ils ont décidé de trouver une petite maison à louer pour faire moins souvent les 20 kms à pied et pour pouvoir étudier davantage.

    Nous avons décidé de les aider pour la location et je suis proche d’eux pour toutes les questions qui se présentent. Je les aide à vendre leurs feuilles de la forêt et à gérer  ce petit commerce: parfois, ils me laissent l’argent et j’achète ce qui leur est nécessaire ou je les envoie au marché, nous gardons ce qu’il faut pour l’écolage et pour se procurer leur prochain stock de feuilles.

    Ils sont heureux de bénéficier de l’éducation comme tous les enfants, qui ont « droit à être éduqués, formés, soignés, nourris, vêtus »… Ils trouvent consolation ici : une personne pour les écouter ! Ils se sentent bien accueillis au sein de notre fraternité. Ils sont heureux d’être parmi les Petites Sœurs pour nous rendre des petits services simples, par exemple ces temps-ci, écosser les arachides de notre champ.

    Aïda, Petite Soeur de St François

     

  • Au coeur de la mort, la solidarité…

    Joachim, c’est ce jeune garçon Pygmée Aka, l’un de nos élèves de l’école de ce campement (ici avec son maître et Sr Prisca). Il était brillant élève, malgré ses nombreuses absences pour cause de chasse ou de cueillette en forêt… le lot de toutes les classes des campements où il faut au maître souplesse et passion pour fidéliser les enfants tout en respectant le rythme du village, calqué sur les lois de la nature.

    Joachim souffrait d’obésité, ce qui est extrêmement rare chez les Akas… et peut-être d’une maladie qui en était la cause, nous ne le saurons jamais. Pendant une longue période en forêt, loin du campement habituel et de toute commodité, une blessure à la jambe a dégénéré en plaie surinfectée, d’une rare gravité.

    Les soins traditionnels, dont les Pygmées ont le secret, n’y ont rien fait. Et très vite, comme il est de coutume, la maladie a été vue comme acte de sorcellerie. Quand l’enfant a été amené à NGOTTO par Pierre, un jeune papa éveillé du campement, il était déjà tard. Transféré à l’hôpital de BODA, la famille n’a pas accepté le rythme de ces soins trop médicaux et a regagné le village.

    Quand Joachim nous a été amené sur une charrette en dernière urgence, nous ne savions que faire. L’enfant souffrait atrocement et attendait tout de nous. Nous l’avons installé dans une pièce à la paroisse avec sa maman, et nourri au mieux car il avait faim, mais que faire de cette plaie pratiquement intouchable qui avait pris toute la jambe? Seule l’amputation semblait pouvoir le sauver. Une seule chance était là: l’arrivée prochaine à MBAÏKI du Professeur ONIMUS, chirurgien orthopédique franc-comtois* qui vient opérer depuis plusieurs décennies en RCA. Sœur Rosine a fait ce qu’elle a pu pour le calmer et éviter l’aggravation du mal. Un petit miracle s’est produit puisqu’il a pu supporter le voyage jusqu’à MBAÏKI, puis Bangui où il a été transféré pour l’opération, accompagné de Pierre et de sa maman. Quelle aventure pour eux!!

    Joachim a donc été opéré au Complexe Pédiatrique de BANGUI dans de bonnes conditions. Le pronostic après l’opération avait donné bon espoir à tous. Nos Petites Sœurs de BANGUI avaient commencé à visiter l’enfant et à accueillir la maman un peu perdue…! Celles qui avaient vécu à NGOTTO étaient d’un grand réconfort pour eux. Mais voilà qu’après trois jours, sa santé s’est vite dégradée et l’enfant a succombé.

    Nous savions le risque grand, mais nous l’avions pris pour tenter de sauver une vie. Maintenant, il était mort… loin de son campement, où les traditions autour de la mort sont si fortes. Que fallait-il faire? Nous ne pouvions ramener le corps jusqu’à Ngotto par une telle chaleur, mais ne pouvions pas non plus l’enterrer dans l’anonymat de la grande ville. Après réflexion, nos Petites Sœurs de Bangui ont fait tout le nécessaire et trouvé un véhicule pour amener le corps à MBAÏKI (terre de la Lobaye!). Avec les Sœurs de la Charité (de Mère Térésa) et le curé de la Cathédrale, précédemment à NGOTTO, nous avons pu enterrer dignement notre enfant après un temps de prière à l’église et un message fort du père Maximin.

    Par la suite, le retour au village fut douloureux, mais l’occasion pour Pierre d’exhorter ses frères à ne pas négliger la santé des enfants et de témoigner de la grande chaîne de solidarité qui s’est tissée autour de Joachim jusqu’à la fin.

    Petite Sœur Isabelle

     

     

  • Des visitations à l’hôpital

    En réponse à l’appel de l’Archevêque et après discernement en congrégation, j’ai répondu positivement à la mission d’aumônier d’hôpital. Cela fait donc six mois, que j’ai l’immense joie de vivre en équipe cette mission à l’hôpital Saint Eloi, à Montpellier.

    Je vous partage quelques petits trésors de mes « Visitations » :

    – Mr B. : je le visite depuis deux mois, il vient de sortir d’un longue période de coma. Cet après-midi il est sevré du respirateur et de sa trachéotomie. Il m’accueille par un puissant « Bonjour » C’est la première fois que j’entends sa voix, quelle émotion ! Nous partageons. Son papa m’avait confié d’aller le visiter, mais surtout de ne pas parler de la Foi !

    Il me serre la main et me dit « Merci pour votre COMPASSION » Lui qui est athée, me renvoie le mot si fort pour notre Congrégation, en ce temps des 200 ans de la naissance de Mère Joséphine !

    – Mr P. : est atteint du SIDA, je le visite depuis de longues semaines, avide de découvrir la Foi, dans le souvenir de ses six ans auprès de sa grand-mère très croyante ! Il reprend du poids et retrouve force et espérance !
    Un jour après un partage disons théologique, il me dit « Je vais grossir spirituellement , avec toute cette nourriture que vous me donnez, mais comment le mesurer ? »

    – Me L. : m’accueille assise en tailleur sur son lit, elle m’annonce sa sortie prochaine. Je lui demande où est sa maison, elle me répond dans les cartons, je suis à la rue… ! Gênée par la maladresse de ma question, je l’écoute avec attention. Elle me partage qu’elle n’a plus rien à se mettre.
    Je retourne au local et grâce aux cartons rangés par catégorie de vêtements, je lui prépare une valise. De retour à la chambre, elle sourit si heureuse de découvrir les vêtements et à sa grande surprise… un sac à main ! Elle le serre sur son cœur et se met à pleurer !!

    Que de moments partagés, de grâces reçues !

    Petite Sœur Régine BADOC MONTPELLIER

  • La pharmacie Sainte Famille de N’Gotto

    A N’GOTTO, afin de procurer à la population de bons médicaments à prix modiques, un sous-dépôt pharmaceutique du diocèse a pu être ouvert grâce à la construction d’un local adapté. La Petite Sœur Rosine nous en parle.

    Pourquoi cette appellation ? Tout simplement parce que notre pharmacie se trouve dans l’enceinte de notre paroisse Sainte Famille. C’est grâce à l’association BATALI (amis bienfaiteurs de la paroisse de NGOTTO), à l’appui de Monseigneur Guerino PERIN, et aussi à la participation de notre Congrégation, par tous ceux qui la soutiennent, que nous avons pu réaliser et équiper un beau local. Là encore, l’Entraide Missionnaire d’Anjou a bien aidé. A tous, MERCI, MERCI !

     Pour faire vous aussi un DON : stfrancois.economat@orange.fr ou    02 41 68 12 12

    Il s’agit d’un sous-dépôt pharmaceutique qui dépend du dépôt diocésain de MBAÏKI. C’est le 2 mai 2018 que j’ai commencé à y travailler. Après une petite cérémonie de bénédiction par l’abbé Antarèze, notre curé, je me suis sentie installée effectivement ! Il reste encore quelques petits travaux à faire (un point d’eau, rendu possible depuis la mise en route du bélier hydraulique au mois de mars, quelques renforcements contre les grosses pluies). N’empêche que la pharmacie fonctionne et que je reçois déjà les patients, et les « clients » des petits postes de santé environnants qui viennent se procurer des médicaments pour leur village. Sans oublier tous ceux qui viennent chercher conseil, écoute ou un soin d’urgence (à toute heure). Parmi tous ces gens, je reçois les plus démunis, les Pygmées, qui viennent pour se faire soigner.

    Encore merci à vous, nos amis, qui nous donnez les moyens de rendre service à la population bien pauvre de N’GOTTO. Je suis heureuse de travailler dans cette pharmacie qui élargit nos relations, me rend proche des souffrants en accomplissant ma mission d’infirmière.

    Petite Sœur Rosine

     Pour faire vous aussi un DON : stfrancois.economat@orange.fr ou    02 41 68 12 12

  • Solidarité à l’hôpital avec les plus démunis

    La Petite Sœur Marcelline a travaillé longtemps comme infirmière à l’hôpital. Arrivée à l’âge de la retraite, elle reste aujourd’hui très engagée à l’Aumônerie des Hôpitaux de Bangui. Elle nous explique combien la solidarité  est importante   pour permettre à l’équipe de secourir les plus démunis.

    Ma mission à l’aumônerie? Je m’occupe des malades. Comme je suis aussi soignante, j’assure certains soins de malades démunis qui n’ont pas de famille, ou de patients arrivés de province, sans parents à Bangui. Par exemple, je fais des traitements de suivi à la maison, après la sortie de l’hôpital.

    Avec les membres de l’équipe, chaque semaine, nous visitons les grabataires dans les pavillons, nous prions avec eux et pour eux, salle par salle. Nous donnons la communion à ceux qui le souhaitent. Le dimanche, une messe est célébrée dans la chapelle de l’hôpital, elle rassemble beaucoup de monde : les familles des malades, les habitants du quartier… Après la messe, il y a toujours une visite des malades, avec un partage de ce que nous avons.

    L’équipe d’aumônerie est composée de plusieurs personnes : le prêtre responsable, moi je suis son assistante ; il y a une coordonnatrice, une secrétaire, une trésorière et les membres visiteurs de malades, tous laïcs. Et puis aussi des choristes et des enfants servants pour la liturgie.

    Des Mouvements de Chrétiens viennent régulièrement nous aider. Par exemple, dimanche passé, c’étaient les Légionnaires de la paroisse saint Jean ; ils ont apporté des vivres et du savon pour les partager aux malades.  Au mois de février, lors de la Journée Mondiale des Malades, le Cardinal ou son vicaire viennent célébrer la messe. Ce jour-là, les gens donnent beaucoup : des médicaments, du savon, des habits…

    En RCA, pas de Sécurité Sociale ni de soins gratuits dans les hôpitaux.

    Des Chrétiens de bon cœur font parfois des dons. Certaines familles de malades nous aident un peu selon leurs moyens.

    Dans les paroisses, des  Mouvements organisent des quêtes. Les amis de notre Congrégation nous aident aussi. Parmi eux, l’Entraide Missionnaire de l’Anjou (E.M.A) : une association du Diocèse d’Angers qui nous assiste chaque année dans nos activités sanitaires à Bangui et Ngotto.

    Ce sont tous ces dons réunis qui nous permettent de secourir les malades démunis.

     Pour faire vous aussi un DON : stfrancois.economat@orange.fr ou    02 41 68 12 12

    Comme Petite Sœur, je suis heureuse de faire ce travail : mettre les gens debout, soigner ceux dont personne ne s’occupe,  dans la ligne de nos origines de garde-malades à la suite de notre fondatrice Mère Joséphine, c’est pleinement notre charisme de Petites Sœurs de Saint François.

    Pour illustrer mon propos, je vais vous parler d’Eugénie, une femme venue de MBRES, une ville éloignée.

    Pendant les violences, on a tué son mari. Elle, elle a dû fuir en brousse. A force de boire de l’eau sale, elle est tombée gravement malade. Elle s’est alors rapprochée de la route pour trouver du secours. Là, un véhicule de Médecins Sans Frontières l’a ramenée à l’Hôpital de l’Amitié à BANGUI. Mais, comme M.S.F avait la charge des accidentés et des blessés de la guerre, elle ne rentrait pas dans ce cadre et s’est retrouvée sans assistance. Grâce à l’aide de l’E.M.A, elle a pu être opérée. Il s’agissait de l’ablation de la rate. Aujourd’hui, Eugénie va mieux. Elle vit au PK22 sur la route de Damara, chez une famille chrétienne de bon cœur qui l’a accueillie. Un jour, j’ai eu la bonne surprise de sa visite à la fraternité. Elle venait me remercier avec quelques mangues et ignames du champ.

    Je remercie ceux qui contribuent à l’œuvre de l’E.M.A. Sans votre aide, Eugénie serait décédée, comme tant d’autres…

     Petite Sœur Marcelline

     Pour faire vous aussi un DON : stfrancois.economat@orange.fr ou    02 41 68 12 12

  • Des maths solidaires !

    Petit écho de ce que nous avons vécu dans le collège où je travaille ; JOIE de beaux moments
    partagés !

    Chantal, Petite Soeur de St François et prof de maths, avec une collègue

    Chaque année, au niveau national, le concours de mathématiques « DRÔLES DE MATHS » fédère en
    France, des milliers d’élèves autour d’un projet « solidaire » consacré à des enfants du monde en
    difficulté. http://www.drolesdemaths.org
    « Après la terrible guerre et le génocide qui ont touché le Cambodge (Asie) entre 1975 et
    1999, de nombreux enfants vivent aujourd’hui encore dans de très grandes difficultés. En
    2019, Drôles de Maths propose à tous ses candidats, par un don modeste (1€ par élève, c’est
    déjà très bien !), d’aider l’association PSE (« Pour un Sourire d’Enfant ») à soutenir ces
    enfants démunis. » (cf. http://www.drolesdemaths.org)
    Ce lundi 4 février 2019, 467 élèves du collège (tous volontaires) ont « planché » dans la joie et la
    bonne humeur sur un questionnaire de 45 mn, encouragés par les professeurs de mathématiques,
    tout autant motivés. Un chèque de 1510€ a pu être envoyé à l’association au profit de PSE.

    … et qu’en disent les élèves ?

    « Nous aimons beaucoup le concept de ce concours. Il est ludique et solidaire. Faire des maths en
    s’amusant tout en aidant les enfants du Cambodge, c’est super ! »
    « C’est la 2 ème fois que l’on participe au concours de maths. C’est génial de pouvoir se dire qu’il y a des
    organisations qui pensent aux personnes défavorisées en récoltant des fonds, en échange d’un
    concours qui permet de s’améliorer en maths sous forme ludique. »
    « J’ai réalisé qu’avec de tous petits gestes on peut aider beaucoup »
    « Le concours de maths est très ludique. Je me suis bien amusé tout en réfléchissant. Je suis
    énormément content qu’à travers ce concours, je puisse aider des enfants en difficulté »

    Autour de ce concours, le 4 février, Mathématiques et Solidarité se sont entrecroisées pour un bel
    élan de fraternité !

    Chantal, Petite Soeur de St François à Chelles… et prof de maths !!